
Le 5 cylindres Audi est né en 1976 sous le capot de l'Audi 100 de deuxième génération, avec 2 144 cm³ et 136 ch. Cinquante ans plus tard, son héritier, le 2.5 TFSI de 400 ch et 500 Nm, n'équipe plus en 2026 que la RS 3 dans la gamme Audi. La marque a ouvert ce jubilé le 3 décembre 2025, alors que son patron avait annoncé en septembre 2025 que ce moteur « finira avec Euro 7 ».
Article publié le 4 décembre 2025, mis à jour le 5 octobre 2026.
Audi a retenu le 5 cylindres parce que les quatre-cylindres de l'époque ne suffisaient pas pour faire monter l'Audi 100 en gamme, et qu'un six-cylindres en ligne posait des problèmes d'encombrement et de répartition des masses. C'est l'explication donnée par la marque dans son communiqué pour les 50 ans du moteur, publié le 3 décembre 2025.
Au début des années 1970, la nouvelle Audi 100 (C2, nom de code type 43) devait se placer au-dessus de la première génération. Le cinq-cylindres a été dérivé de l'EA 827, le quatre-cylindres alors utilisé dans tout le groupe Volkswagen. Résultat : 2 144 cm³, une injection moderne et 136 ch. Les livraisons de l'Audi 100 5E ont débuté en mars 1977.
Audi n'a pas inventé cette architecture. Mercedes avait lancé deux ans plus tôt un cinq-cylindres diesel, l'OM617, dérivé lui aussi d'un quatre-cylindres. Audi en a fait sa signature, en essence comme en diesel, puis en compétition. En décembre 2025, la marque était l'un des derniers constructeurs à utiliser un moteur 5 cylindres, Volvo, Ford ou Land Rover ayant abandonné cette architecture.
Le timbre du 5 cylindres Audi vient du nombre impair de cylindres et de l'ordre d'allumage 1-2-4-5-3. Dans un moteur à quatre temps, chaque cylindre s'allume une fois tous les deux tours de vilebrequin. Sur un cinq-cylindres, les allumages se succèdent donc tous les 144 degrés, en alternant des cylindres voisins et éloignés. Audi attribue à cette séquence le rythme et le caractère sonore très particuliers du moteur.
Sur le 2.5 TFSI de la RS 3, Audi précise que la géométrie du collecteur d'échappement y contribue aussi : selon le cylindre, les gaz ne mettent pas le même temps à rejoindre le turbo. Depuis 2021, la RS 3 dispose de clapets d'échappement à pilotage variable, qui s'ouvrent nettement plus tôt dans les modes dynamic, RS Performance et RS Torque Rear.
Entre 1978 et 1989, Audi a décliné ce moteur en diesel, en turbo, puis en machine de course de plus de 700 ch. Ce sont ces années qui ont ancré le cinq-cylindres dans l'image de la marque.
En 1978 arrive un premier diesel de 2,0 litres et 70 ch. En 1979, l'Audi 200 5T reçoit le premier cinq-cylindres essence turbocompressé, avec 170 ch et 265 Nm. En 1980, l'Audi quattro associe ce bloc turbo, un intercooler et la transmission intégrale permanente : 200 ch à son lancement. La voiture apporte à Audi le titre mondial des constructeurs en rallye en 1982, puis celui des pilotes à Hannu Mikkola en 1983.
La Sport quattro de 1983, raccourcie de 24 cm, reçoit un nouveau cinq-cylindres en alliage léger à quatre soupapes par cylindre, de 306 ch. Selon Audi, c'est alors la voiture de série la plus puissante produite par un constructeur allemand. En 1984, Stig Blomqvist remporte le titre pilotes et Audi celui des constructeurs. Après le retrait d'Audi du Groupe B en 1986, le moteur continue de gagner. Walter Röhrl s'impose à Pikes Peak en 1987 avec une Sport quattro S1 (E2) de près de 598 ch. En 1988, Hurley Haywood remporte la série américaine Trans-Am avec la 200 quattro (2,1 litres, 510 ch). En 1989, la 90 IMSA GTO atteint 720 ch.
Le tableau ci-dessous reprend les étapes clés du moteur, de l'Audi 100 de 1976 à la série limitée de 2026, avec les puissances communiquées par Audi.
| Année | Modèle ou étape | Moteur | Puissance (ch) | Ce qui change |
|---|---|---|---|---|
| 1976 | Audi 100 5E (C2) | 2,1 l (2 144 cm³) essence, injection | 136 | Premier cinq-cylindres Audi |
| 1978 | Première version diesel | 2,0 l diesel atmosphérique | 70 | Le cinq-cylindres passe au gazole |
| 1979 | Audi 200 5T | 2,1 l turbo | 170 | Premier cinq-cylindres essence turbo |
| 1980 | Audi quattro | 2,1 l turbo + intercooler | 200 | Association avec la transmission quattro |
| 1983 | Audi Sport quattro | 2,1 l turbo, 4 soupapes par cylindre | 306 | Base de la voiture de rallye Groupe B (450 ch) |
| 1987 | Sport quattro S1 (E2), Pikes Peak | Turbo, 4 soupapes par cylindre | ≈ 598 | Victoire de Walter Röhrl |
| 1989 | Audi 100 TDI | 2,5 l turbo diesel, injection directe | 120 | Gestion moteur entièrement électronique |
| 1994 | Audi RS2 Avant | 2,2 l turbo | 315 | Premier break sportif de la marque, développé avec Porsche |
| 2009 | Audi TT RS | 2,5 l TFSI, montage transversal | 340 | Retour du cinq-cylindres après 12 ans d'absence |
| 2016 | 2.5 TFSI reconçu | 2,5 l (2 480 cm³) TFSI | 400 | +17 % de puissance, 480 Nm |
| 2021 | Audi RS 3 (Sportback et berline) | 2,5 l TFSI EA855 Evo Sport | 400 | 500 Nm, 0 à 100 km/h en 3,8 s |
| 2026 | Audi RS 3 competition limited | 2,5 l TFSI | 400 | Série de 750 exemplaires pour les 50 ans |
Le cinq-cylindres a disparu des catalogues Audi entre 1997 et 2009. Avec l'Audi A4 (B5) lancée en 1994, la marque l'a remplacé progressivement par des V6, jusqu'au retrait de l'A6 2.5 TDI et de la S6 2.2 en 1997.
Depuis 2009, le cinq-cylindres Audi est un moteur de sportives compactes : un 2,5 litres turbo à injection directe, monté en travers. Il a été inauguré par le TT RS avec 340 ch, repris par la RS 3 Sportback puis par le RS Q3 en 2013. Le TT RS Plus de 2012 atteignait 360 ch. Le TT a quitté le marché en 2023.
La génération apparue en 2016 (2 480 cm³) porte dans la RS 3 la désignation interne EA855 Evo Sport. Depuis 2021, elle y développe 400 ch de 5 600 à 7 000 tr/min et 500 Nm entre 2 250 et 5 600 tr/min. Le carter est en aluminium et le vilebrequin creux. L'injection est double, dans la tubulure d'admission et directement dans les chambres de combustion, et Audi indique une pression d'injection de 250 bars. Le bloc pèse environ 160 kg pour moins de 50 cm de long, ce qui lui permet de loger en travers dans une compacte. La RS 3 passe de 0 à 100 km/h en 3,8 s et atteint 290 km/h avec le pack Dynamique RS et les freins en céramique.
Selon Audi, en décembre 2025, le moteur est assemblé à la main dans l'usine de Győr, en Hongrie, sur une ligne de plus de 1 000 m² sans robots, répartie en 21 postes. Il part ensuite par train vers Ingolstadt, où il est installé dans la RS 3.
Hors Audi, le 2.5 TFSI anime aussi le Cupra Formentor VZ5, dont le retour chez Cupra en série limitée a été annoncé à l'automne 2025.
Au 5 octobre 2026, la sortie du 5 cylindres du catalogue européen d'Audi est annoncée, mais son avenir n'est pas définitivement tranché. Audi prévoit de continuer à le vendre hors d'Europe, notamment aux États-Unis, et le patron d'Audi Sport indiquait, dans des propos publiés en août 2026, que les évaluations se poursuivaient.
La menace s'appelle Euro 7. Le règlement européen Euro 7 s'applique le 29 novembre 2026 aux nouveaux types de voitures particulières et le 29 novembre 2027 à toutes les voitures neuves. En septembre 2025, le patron d'Audi, Gernot Döllner, résumait la position de la marque : le cinq-cylindres « finira avec Euro 7 ». Il reconnaissait que la mise aux normes n'était « pas difficile » techniquement. Selon la marque, c'est l'investissement qui était disproportionné face à une demande jugée trop faible.
Fin mars 2026, un porte-parole d'Audi déclarait au journal allemand Automobilwoche qu'il n'y avait « aucun plan pour relancer » ce moteur. D'après ce média, Audi le retire de sa gamme européenne fin 2026, et la production de la RS 3 se poursuivrait jusqu'à mi-2027. Les marchés hors d'Europe pourraient la conserver un peu plus longtemps : les détails figurent dans notre article sur l'arrêt du 2.5 TFSI en Europe.
Le ton s'est nuancé au printemps. Dans un article publié en avril 2026, le magazine britannique Autocar rapportait que, selon Gernot Döllner, l'avenir du moteur était « encore en discussion » au sein du directoire. Interrogé sur une hybridation, le patron d'Audi Sport, Rolf Michl, répondait que la marque restait « ouverte à toutes les possibilités ». Selon les sources d'Autocar, la mise aux normes exigerait un nouveau filtre à particules, des sondes NOx plus sensibles, une nouvelle cartographie d'injection et des catalyseurs plus denses. L'effort serait lourd pour un moteur monté dans deux modèles du groupe Volkswagen seulement : la RS 3 et le Cupra Formentor VZ5.
Dans des propos rapportés en août 2026, Rolf Michl ajoutait qu'Audi n'avait « pas encore atteint le point de décision » sur une RS 3 de nouvelle génération.
Pour les 50 ans du moteur, Audi a présenté le 10 mars 2026 la RS 3 competition limited, limitée à 750 exemplaires. Elle reçoit une suspension filetée et des feux de jour dont les segments LED défilent selon l'ordre d'allumage 1-2-4-5-3, à l'ouverture et à la fermeture du véhicule. Ses livraisons en Europe devaient débuter mi-2026.
Ce débat intervient alors qu'Audi a revu sa stratégie électrique. En 2021, la marque annonçait un dernier lancement thermique en 2026 et une gamme 100 % électrique en 2033, avant de revenir sur ce calendrier face à une demande moins forte que prévu. Les raisons de ce revirement sont expliquées dans notre article sur l'assouplissement du calendrier électrique d'Audi.
En 2026, la RS 3, en Sportback ou en berline, est la seule Audi qui utilise ce moteur. Pour situer les exemplaires récents en circulation, les Audi RS3 proposées sur la marketplace Joinsteer donnent un aperçu de l'offre disponible.
C'est l'Audi 100 de deuxième génération (C2), présentée en 1976. Son cinq-cylindres essence de 2 144 cm³ développait 136 ch. Les livraisons de la version 100 5E ont commencé en mars 1977.
En 1976, il fallait plus de puissance qu'un quatre-cylindres pour faire monter l'Audi 100 en gamme, sans l'encombrement ni la répartition des masses défavorable d'un six-cylindres en ligne. Le cinq-cylindres offrait ce compromis. Sur la RS 3 de 2026, sa compacité (environ 160 kg et moins de 50 cm de long selon Audi) lui permet de loger en travers sous le capot d'une compacte.
Il vient de l'ordre d'allumage 1-2-4-5-3 : un cylindre s'allume tous les 144 degrés de rotation du vilebrequin, en alternant des cylindres voisins et éloignés. Sur le 2.5 TFSI, la forme du collecteur d'échappement fait arriver les gaz au turbo avec des temps de parcours différents, ce qui renforce ce caractère sonore.
Non. Mercedes avait lancé deux ans avant Audi un cinq-cylindres diesel, l'OM617, dérivé d'un quatre-cylindres. Audi a présenté son premier cinq-cylindres, à essence, en 1976 sur l'Audi 100, puis le premier cinq-cylindres essence turbo en 1979 sur l'Audi 200 5T.
Le TT RS à partir de 2009, la RS 3 Sportback puis la RS 3 berline, et le RS Q3 à partir de 2013. En 2026, la RS 3 est la seule Audi qui l'utilise ; hors de la gamme Audi, le même moteur équipe le Cupra Formentor VZ5.

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