Mobilité verte

The Toy : une voiture de course française qui bouscule la compétition avec une approche plus durable

The Toy : une voiture de course française qui bouscule la compétition avec une approche plus durable

Une voiture de compétition, ce n’est pas seulement du carburant brûlé. Ce sont aussi des matériaux composites souvent impossibles à recycler, destinés à finir enfouis ou incinérés une fois hors d’usage. Dans le Gard, une société a imaginé une voiture de sport qui cherche à pousser au maximum l’aspect durable. Le résultat n’est pas parfait, mais certaines idées — surtout côté carrosserie — méritent clairement le détour.

La voiture de course française The Toy
The Toy, une voiture de course française qui vise une approche plus durable.

Nul ne sait encore si cette « silhouette » à la carrosserie légère comme une plume trouvera son succès en compétition client. Mais une chose est sûre : l’idée est là. Et quand on n’a pas de pétrole, on peut toujours compter sur l’imagination — et sur des passionnés capables de réunir les moyens pour lancer un projet.

Derrière cette initiative, on retrouve Yannick Baillat, passé notamment par Renault Sport comme pilote d’essai. De quoi comprendre comment s’entourer et faire avancer une aventure de ce type. Le résultat : une voiture de course française, baptisée The Toy, qui veut devenir la plus « écolo » possible, et pas uniquement à l’échappement.

Une carrosserie en lin : l’idée qui change la donne

Carrosserie composite de The Toy, avec une évolution prévue vers la fibre de lin et de chanvre
La carrosserie est annoncée avec une évolution vers un composite en fibre de lin/chanvre.

Le gros mur, dans la fabrication des voitures de course, c’est la structure et la carrosserie. Aujourd’hui, faire « propre » est presque mission impossible : la fibre de carbone, ultra utilisée en compétition, n’est pas recyclable. Et elle est en plus associée à une résine époxy qui rend sa fabrication polluante.

Chez ERC (Easy Racing Concept), le choix est différent : viser une carrosserie en fibre de lin/chanvre. Et pour la résine, l’entreprise ne détaille pas précisément la formule, mais indique qu’il s’agit d’une résine biosourcée (à 50 % pour l’instant), probablement de type « maïs » ou autre végétal. L’idée, en clair : aller vers une carrosserie qui serait totalement recyclable, à l’opposé de ce qu’on retrouve au plus haut niveau de la course.

Un ingénieur passé par Mercedes F1 évoquait d’ailleurs un gaspillage impressionnant de matières premières dans certaines structures, malgré des tentatives de redorer l’image via le carburant de synthèse. The Toy, elle, n’a pas choisi cette voie.

Carburant, pneus, freins : une logique d’efforts partout

« On ne sera jamais à 100 % écoresponsables, mais on fait un effort réel, concret », expliquait Yannick Baillat. Et ces efforts ne s’arrêtent pas à la carrosserie.

Dans la liste des choix annoncés : des pneus à durée de vie rallongée (jusqu’à 5 fois supérieure à celle de pneumatiques de course classiques), un carburant E85 de seconde génération (et non un E85 issu de betteraves ou de cannes à sucre) produit à partir de résidus de vendanges — un clin d’œil pragmatique à une région où la vigne est bien présente. Côté freinage, l’objectif affiché est aussi de se passer de plomb, d’amiante ou de nickel.

Un moteur turbo, de la polyvalence et une production espérée

Sous le capot : un quatre cylindres 1.8 turbo — celui de l’Alpine — qui entraîne les roues arrière et peut monter jusqu’à 350 ch. Et The Toy ne veut pas se limiter à un seul terrain de jeu : l’auto peut rouler sur bitume, mais aussi sur terre, voire sur neige, pour des compétitions hors asphalte.

L’entreprise espère pouvoir en produire une dizaine l’an prochain si la demande suit. Une initiative qui sort des sentiers battus et qui mérite d’être suivie.

Conclusion

The Toy ne promet pas la perfection, mais elle propose une direction : celle d’une course automobile qui questionne enfin ses matériaux, ses consommables et ses choix techniques. Si ce type d’approche se diffuse, la compétition pourrait devenir un vrai terrain d’innovation — pas seulement pour aller plus vite, mais aussi pour faire mieux.

Foire aux Questions

Quel moteur équipe The Toy ?

The Toy utilise un quatre cylindres 1.8 turbo — celui de l’Alpine — et peut monter jusqu’à 350 ch.

De quels matériaux la carrosserie de The Toy est-elle prévue ?

ERC annonce une carrosserie en fibre de lin/chanvre, avec une résine biosourcée (à 50 % pour l’instant).

Quel carburant utilise The Toy selon les informations disponibles ?

The Toy est évoquée avec un carburant E85 de seconde génération produit à partir de résidus de vendanges.

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