
Les petites voitures simples, pratiques et abordables pourraient bientôt refaire un vrai comeback en Europe. Stellantis vient de clarifier ses intentions : Citroën prépare une petite citadine électrique annoncée à 15 000 €, attendue à l’horizon 2028. Et elle ne viendra pas seule : Fiat et Opel devraient aussi profiter de cette base commune pour lancer leurs propres modèles.
Dans l’écosystème des petites autos, le groupe Renault occupe déjà beaucoup l’espace médiatique avec la Twingo. En face, Stellantis n’avait pas encore dégainé officiellement. Pourtant, le projet existait bel et bien dans ses cartons : à l’origine, l’idée tournait autour d’un modèle très compact qui devait d’abord être imaginé en hybride.
Lors d’une table ronde, Xavier Chardon, directeur général de Citroën, a confirmé que la petite citadine prévue pour 2028 serait uniquement électrique. La logique est simple : sur un format aussi petit, la rentabilité serait plus facile à atteindre en ne gardant qu’un électromoteur, plus compact qu’un moteur thermique. Résultat : davantage d’espace habitable, avec une voiture conçue pour quatre personnes, dans un gabarit annoncé entre 3,55 m et 3,70 m.
Autre levier pour tenir les coûts : la mutualisation. Cette future petite base ne servirait pas qu’à Citroën. Fiat l’utiliserait pour renouveler la Panda lancée en 2011 et toujours au catalogue, tandis qu’Opel préparerait une relève électrique dans l’esprit des Agila et Karl.
L’alliance a du sens : historiquement, ces marques savent faire des voitures accessibles et bien pensées.
Citroën a marqué l’imaginaire collectif avec la 2CV, puis a enchaîné jusqu’à la C1 (dont la deuxième génération a quitté la scène en 2022). Fiat, de son côté, continue de miser sur une recette ultra simple avec sa Panda (lancée en 2011 et toujours vendue). Son atout majeur reste son prix annoncé à 10 990 €, qui en fait le modèle le plus accessible du marché. Opel complète le tableau avec une légitimité construite par les Agila et Karl.
Et surtout, ces futures mini-citadines auraient un rôle très concret : combler le vide entre les quadricycles électriques (Citroën Ami, Fiat Topolino, Opel Rocks-e) et les modèles du segment B (Citroën ë-C3, Fiat Grande Panda électrique, Opel Corsa Electric).
Leur mission est clairement affichée : retrouver une offre européenne sous la barre des 15 000 €, un marché aujourd’hui presque disparu. Avant la pandémie mondiale, ce segment représentait 1,5 million de ventes par an en Europe. Une grosse part du gâteau qui s’est évaporée.
En parallèle, Renault prévoit une riposte avec une Dacia basée sur l’idée du concept-car Dacia Hipster, annoncée avec une arrivée sur le marché fin 2027 et un tarif communiqué à 14 990 €. Le groupe Renault compte aussi sur un autre projet, appelé Dacia Evader, qui doit profiter de la base technique de la Twingo électrique et est annoncé sous la barre des 18 000 €.
Pour Dacia, l’idée serait de fabriquer la version de série de l’Hipster en Chine, dans une usine à Shiyan via une structure industrielle où Renault et Nissan possèdent chacun 25%, le reste étant détenu par le constructeur local Dongfeng.
Côté Stellantis, l’orientation serait différente : pas question de miser sur la Chine. L’objectif serait plutôt de produire au plus près de l’Europe tout en restant à ses portes, afin de réduire le coût de la main-d’œuvre. Dans ce scénario, le site de Kénitra au Maroc ressort comme candidat crédible : il sert déjà de base industrielle à de nombreux modèles et versions d’entrée de gamme (dont une version de la Peugeot 208).
Fiat assemblerait prochainement à Kénitra la version à coffre de la Grande Panda, et y fabrique déjà un utilitaire électrique à trois roues, le Fiat Tris, présenté comme un héritier moderne dans l’esprit du Piaggio Ape.
Une citadine électrique simple, à 15 000 €, pensée pour quatre et partagée entre Citroën, Fiat et Opel : sur le papier, le plan de Stellantis ressemble à un vrai retour à l’essentiel. Si ces projets se concrétisent comme annoncé, ils pourraient bien redonner de l’oxygène au marché des petites voitures abordables en Europe—et réconcilier budget serré et mobilité électrique.
La petite citadine Citroën prévue pour 2028 serait uniquement électrique, sans version hybride.
La future petite citadine est annoncée avec un format voisin de 3,55 m à 3,70 m.
Le tarif indiqué pour la Dacia Hipster de série est de 14 990 €.

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