
Près de trente-six ans après sa disparition, la Citroën 2CV s’apprête à reprendre la route. Une petite électrique annoncée sous les 15 000 €, avec un style volontairement évocateur qui joue clairement la carte de l’émotion. Mais derrière ce retour très symbolique, Stellantis lui confie peut-être une mission bien plus lourde : montrer qu’une voiture électrique européenne, vraiment populaire, peut encore tenir économiquement.
Le retour de la 2CV, c’est le genre d’histoire qui revient sans cesse dans l’auto : rumeurs, concepts avortés, fantasmes de passionnés… Et en parallèle, l’industrie a montré qu’un modèle culte pouvait devenir un vrai projet : une Fiat 500 réinventée a marqué les esprits, et l’accueil réservé à la Renault 5 électrique a aussi prouvé que la nostalgie pouvait se transformer en programme industriel crédible.
Cette fois, ce n’est plus seulement une spéculation. Lors de la présentation de son plan stratégique, Stellantis a confirmé officiellement le retour de la Citroën 2CV via une nouvelle petite voiture électrique annoncée à moins de 15 000 €. La silhouette présentée aux investisseurs cherche évidemment à réveiller la nostalgie, mais l’enjeu ne s’arrête pas au look.
Le directeur général de Citroën, Xavier Chardon, a présenté cette future venue comme une voiture appelée à « démocratiser la mobilité électrique », en reprenant presque mot pour mot la promesse historique de la 2CV de 1948. Le public devra attendre le Mondial de Paris 2026 (du 12 au 18 octobre) pour découvrir plus précisément ce projet, dont seule une silhouette est visible pour l’instant.
Au-delà du symbole, cette nouvelle 2CV récupère une responsabilité stratégique : elle doit devenir la première représentante des futures « E-Car » de Stellantis, ces petites électriques annoncées à moins de 15 000 €. La production doit démarrer dans l’usine italienne de Pomigliano d’Arco, avec un lancement commercial attendu autour de 2028.
L’objectif dépasse largement la seule Citroën. Stellantis cherche à produire une voiture électrique très abordable sans basculer totalement vers une fabrication chinoise, à un moment où le groupe ouvre pourtant ses partenariats et ses usines à des constructeurs venus de Chine. L’idée : utiliser certaines technologies issues de partenariats récents, notamment avec Leapmotor, tout en conservant une production européenne.
Il y a même un paradoxe intéressant : dans la nouvelle hiérarchie dévoilée par Stellantis, Citroën figure désormais parmi les marques dites « régionales », tandis que Peugeot, Fiat, Jeep et RAM concentrent l’essentiel des investissements futurs. Pourtant, c’est peut-être bien à Citroën que revient l’une des missions européennes les plus délicates : rendre l’électrique vraiment accessible, sans casser l’équation économique.
Le retour de la 2CV s’inscrit dans une bataille qui se met en place depuis plusieurs années. Renault a ouvert la voie avec la nouvelle Renault 5, avant de préparer l’arrivée de sa Twingo électrique. Fiat, de son côté, exploite depuis longtemps l’image de sa 500. Les marques semblent avoir compris qu’un nom historique peut rassurer, parfois autant qu’une fiche technique.
Mais les philosophies ne sont pas identiques. Là où Renault mise davantage sur une voiture technologique et désirable, Citroën semble vouloir remettre en avant une simplicité assumée. Xavier Chardon insiste sur une voiture pensée pour « la vraie vie », avec une logique d’accessibilité plutôt que de montée en gamme.
Reste le point le plus difficile : refaire une silhouette iconique, c’est une chose. Recréer ce qui a fait le succès de la première 2CV, c’en est une autre. En 1948, elle répondait à une rupture majeure dans la mobilité européenne. Près de quatre-vingts ans plus tard, Stellantis espère que l’électrique devienne à son tour cette nouvelle étape. Sauf que, cette fois, le défi se jouera autant dans les usines que dans les concessions.
Avec cette 2CV électrique annoncée à moins de 15 000 €, Stellantis ne relance pas seulement une légende : il tente de prouver qu’une voiture électrique accessible, produite en Europe, peut encore exister. Si le pari réussit, il pourrait redessiner ce qu’on attend d’une « voiture populaire » dans les années à venir.
Moins de 15 000 €.
Dans l’usine italienne de Pomigliano d’Arco.
Autour de 2028.

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