
Encore très discrète auprès du grand public en France, Zeekr s’apprête pourtant à débarquer sur nos routes avec une ambition claire : s’installer dans l’électrique premium sans copier-coller les tarifs des marques allemandes. Cette marque, née en 2021, est le label « haut de gamme 100% électrique » du groupe Geely, aux côtés de Volvo, Polestar, Lynk & Co ou Lotus.
Déjà présente dans les pays scandinaves, au Benelux, en Suisse et dans plusieurs pays d’Europe de l’Est, Zeekr a immatriculé un peu plus de 5 000 voitures en 2025 en Europe, loin des 47 000 unités de Polestar. Pour accélérer, la marque vise de nouveaux marchés, dont la France, avec une arrivée annoncée au deuxième trimestre 2026. Certaines livraisons sont annoncées dès le 1er juillet pour certains modèles.
Rémy Aybaly, directeur de Zeekr France, décrit une approche « mesurée mais ambitieuse ». La marque prévoit de s’appuyer sur des groupes de distribution existants, via un réseau indépendant de Volvo.
L’objectif annoncé est de déployer 25 à 30 concessions dès 2027, avec une cinquantaine de points de service après-vente. Le SAV est présenté comme un élément clé pour installer la confiance. Côté distributeurs, Zeekr avance une rentabilité positive en moins de 18 mois, avec un investissement jugé raisonnable : un showroom d’environ 200 m² capable d’exposer quatre modèles est annoncé comme suffisant.
Zeekr revendique un positionnement haut de gamme, au-dessus de la future marque plus généraliste Geely Auto (qui doit aussi arriver en Europe). Mais la marque semble lucide : elle ne peut pas afficher les mêmes prix qu’Audi, BMW ou Mercedes sans la même aura. La stratégie annoncée est donc de proposer beaucoup de technologie et d’équipements, avec un ticket d’entrée plus raisonnable que les références allemandes.
Au lancement, la gamme française doit être 100% électrique et s’articuler autour de quatre modèles.
Le Zeekr X est un petit crossover du segment C, basé sur la même plateforme que le Volvo EX30, la Lynk & Co 02 et les Smart électriques, mais plus long (4,43 m). Il est annoncé à moins de 38 000 € et déjà affiché à 37 990 € en Allemagne en version propulsion et autonomie standard. Avec une batterie d’environ 66 kWh, l’autonomie peut aller jusqu’à 450 km WLTP, et certaines versions peuvent grimper à 543 ch. Il vise directement des modèles comme la Renault Mégane E‑Tech et ses rivales.
La Zeekr 7 GT est un “shooting break” électrique de 4,82 m, positionné à 46 000 €. Elle annonce une architecture 800 volts pensée pour des recharges très rapides (de l’ordre d’un quart d’heure sur une borne adaptée). Deux batteries sont mentionnées (75 ou 100 kWh), pour une autonomie allant jusqu’à environ 655 km WLTP.
Le Zeekr 7X est un SUV du segment D proposé à partir de 53 000 €. C’est aujourd’hui le best‑seller de la marque en Europe. Il peut aussi recevoir une architecture 800 V, avec des versions puissantes allant jusqu’à 700 ch et une autonomie annoncée jusqu’à environ 681 km selon les configurations.
La Zeekr 001 est un grand crossover du segment E, facturé à partir de 60 000 €. Avec une batterie de 100 kWh, elle annonce jusqu’à 620 km WLTP, 544 ch et 686 Nm. Le 0‑100 km/h est annoncé en 3,8 s. Objectif : incarner la vitrine technologique de la marque, plus qu’un modèle fait pour le volume.
Tous ces modèles sont produits en Chine. Conséquence directe : ils ne bénéficient ni du bonus écologique français ni de dispositifs de type prime CEE. À moyen terme, Zeekr n’exclut pas de recourir à des hybrides rechargeables déjà proposés en Chine sur les grands SUV 8X et 9X.
Une production européenne, sur le modèle de Volvo (qui assemble déjà l’EX30 en Belgique et prépare une usine en Slovaquie prévue pour 2027), reste évoquée comme une possibilité, conditionnée aux volumes.
Zeekr vise 1 500 immatriculations en France en 2026, avec l’ambition de doubler ou tripler ce volume dès 2027 (3 500 à 4 000 voitures), puis d’atteindre 10 000 unités annuelles à plus long terme. Mais le contexte est tout sauf simple : le groupe Geely aligne déjà plusieurs marques qui se croisent partiellement (Volvo, Polestar, Lynk & Co, Smart en co‑entreprise avec Mercedes, bientôt Geely Auto en généraliste). Et face à elles, d’autres marques chinoises comme Xpeng veulent aussi étendre fortement leur réseau et leurs ventes.
Dans ce paysage, Zeekr devra clarifier vite son identité : plus technologique que Volvo, plus premium que Geely Auto, différente de Polestar et Lynk & Co, tout en se frottant à Tesla et aux constructeurs européens. Les atouts mis en avant sont là : modèles déjà éprouvés ailleurs, recharge très rapide, prix annoncés sous les références allemandes, et promesse de sérieux sur le déploiement du réseau. Le vrai défi sera de se faire un nom, de rassurer sur la fiabilité et d’être au niveau sur l’après‑vente.
Avec quatre modèles électriques, des tarifs annoncés offensifs et un focus assumé sur le réseau et le service, Zeekr veut jouer dans la cour du premium sans demander un chèque “premium historique”. Reste à voir si, face à une concurrence déjà dense, la marque réussira à transformer ses promesses en confiance durable. Une chose est sûre : la partie qui s’ouvre pourrait redessiner les repères de l’électrique haut de gamme en France.
Quatre modèles 100% électriques sont annoncés au lancement : Zeekr X, Zeekr 7 GT, Zeekr 7X et Zeekr 001.
Le Zeekr X est annoncé à moins de 38 000 €, et il est déjà affiché à 37 990 € en Allemagne en version propulsion et autonomie standard.
La Zeekr 7 GT annonce une autonomie allant jusqu’à environ 655 km WLTP selon la configuration et la batterie (75 ou 100 kWh).

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