
La course à la voiture autonome continue, mais elle ressemble rarement à une ligne droite. Volkswagen vient de mettre un terme à son partenariat avec Bosch, lancé il y a plusieurs années pour développer les futurs systèmes d’aide à la conduite du groupe. En toile de fond : des retards technologiques, des coûts massifs et une stratégie qui bouge face à une concurrence de plus en plus mordante.
Volkswagen avait fait de son alliance avec Bosch un élément clé de sa stratégie autour de la voiture autonome. Mais le groupe met fin à cette coopération après des investissements estimés à plus d’un milliard d’euros et des résultats jugés insuffisants en interne.
Officiellement, le projet est indiqué comme « mené à son terme ». Dans les faits, Volkswagen reconnaît que la technologie développée ne lui permet pas de combler assez vite l’écart avec les meilleurs du marché.
À l’origine, l’idée était de développer une plateforme commune destinée à équiper l’ensemble des marques du groupe, avec des systèmes d’aide à la conduite déployables chez Volkswagen, Audi, Skoda, Cupra ou Porsche.
L’enjeu était aussi de reprendre la main sur le logiciel, dans un contexte où la filiale logicielle Cariad a déjà connu des difficultés. Objectif affiché : rattraper le retard sur des acteurs comme Tesla, Mercedes, ainsi que sur une nouvelle génération d’acteurs chinois particulièrement offensifs sur ce terrain.
En interne, la technologie développée au sein de l’alliance est décrite comme « non compétitive », notamment sur les fonctions dites de niveau 2++, ces aides avancées permettant de rouler « sans les mains » dans certains contextes.
Volkswagen estime aussi que le système ne permettra pas d’atteindre rapidement le niveau 3, un cap important où la voiture assume elle-même la responsabilité de la conduite dans certaines conditions.
Le montant exact investi n’a pas été officiellement détaillé. Volkswagen évoque plusieurs centaines de millions d’euros. Mais d’après le journal allemand Bild, l’investissement global aurait pu atteindre environ 1,5 milliard d’euros depuis le lancement du programme.
Le contrat initial devait courir jusqu’en 2029, mais il est arrêté bien plus tôt.
Volkswagen ne met pas la technologie à la poubelle : le groupe a confirmé que le système développé avec Bosch sera intégré à la future ID.EVERY1, une petite citadine électrique attendue en 2027.
Autrement dit, la coopération s’arrête, mais l’ambition reste. Volkswagen dit vouloir continuer à investir dans ce domaine — avec une approche différente.
Plutôt que de développer seul une grande partie des logiciels et des composants, Volkswagen veut désormais s’appuyer davantage sur des partenaires spécialisés.
Mobileye est cité comme l’un des candidats les plus crédibles. Les deux entreprises travaillent déjà ensemble sur des assistants de conduite de niveau 2+, et la technologie de niveau 4 de Mobileye équipe déjà l’ID. Buzz AD, destiné à des services de mobilité autonome aux États-Unis avec Uber.
La presse allemande évoque aussi la piste Wayve, une start-up britannique qui développe des modèles d’IA capables d’apprendre des situations de circulation de manière plus générale, à la façon dont les modèles de langage apprennent le texte. Wayve aurait récemment levé près d’un milliard d’euros auprès d’investisseurs, dont plusieurs constructeurs (Mercedes-Benz, Nissan, Stellantis, Uber) ainsi que des acteurs technologiques comme Nvidia et Microsoft.
Cette réorientation arrive dans un contexte délicat pour Volkswagen. Le groupe cherche à réduire ses coûts face au ralentissement du marché, à la pression des constructeurs chinois, et aux investissements considérables que réclament à la fois l’électrification et le développement logiciel.
Plus largement, l’industrie semble revoir certaines promesses : Mercedes et BMW auraient eux aussi ralenti des projets de conduite autonome, confrontés à des coûts très élevés et à une demande encore limitée pour ces technologies.
Volkswagen ne renonce pas à la conduite autonome, mais change clairement de méthode : moins de développement en duo « à partir de zéro », plus d’alliances avec des spécialistes déjà en avance. La suite dépendra de la capacité du groupe à choisir les bons partenaires — et à transformer ces briques technologiques en fonctionnalités réellement au niveau des attentes. Une chose est sûre : la route vers l’autonomie ne se gagne pas seulement avec des annonces, mais avec des systèmes qui tiennent la promesse sur le terrain.
L’investissement global aurait pu atteindre environ 1,5 milliard d’euros depuis le lancement du programme.
Le système développé avec Bosch sera intégré à la future ID.EVERY1.
Le texte évoque des fonctions de niveau 2++, l’objectif d’atteindre le niveau 3, et une technologie de niveau 4 (chez Mobileye) déjà utilisée pour l’ID. Buzz AD.

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