
Le groupe Volkswagen a officialisé un plan de relance à l’horizon 2030 pour réduire ses pertes. Au programme : des fermetures d’usines, mais surtout une décision qui va faire du bruit — réduire près de moitié le nombre de modèles vendus dans le monde, avec des gammes largement simplifiées.
« D’ici 2030, nous ferons du groupe Volkswagen l’entreprise automobile la plus attractive au monde. » C’est l’objectif affiché par Oliver Blume, le patron du groupe, lors de la présentation d’un plan décrit comme l’un des plus ambitieux — et des plus radicaux — de l’histoire de Volkswagen.
Le contexte est lourd : une année difficile, une concurrence chinoise très forte sur le marché local, et la percée de ces marques en Europe. À cela s’ajoute une demande en baisse constante depuis 2019, ainsi qu’un marché nord-américain devenu plus dur depuis que Donald Trump a décidé d’augmenter les droits de douane sur les importations automobiles européennes.
Résultat : Volkswagen veut gagner en agilité à tous les niveaux — moins d’usines, moins d’employés, et… moins de modèles. Le texte souligne aussi que la rentabilité de certaines marques du groupe, comme Porsche, a chuté à un niveau jugé alarmant.
Historiquement, Volkswagen a souvent choisi de proposer beaucoup d’options et de déclinaisons pour couvrir un maximum de besoins. Problème : cette stratégie coûte cher et rend la production plus complexe.
Le groupe annonce donc une rationalisation forte : moins de modèles, mais aussi moins de finitions et moins d’options. Le texte fait un parallèle avec une approche souvent associée à certains constructeurs chinois (BYD, MG ou Zeekr), où les véhicules sont très équipés dès la première finition et où la gamme reste généralement plus simple — tout en rappelant que ces marques multiplient aussi les gammes et les modèles.
« La gamme sera progressivement rationalisée jusqu'à 50 % et concentrée sur les segments les plus porteurs. La complexité de l'offre – notamment le nombre d'options d'équipement – sera réduite jusqu'à 75 %. Cela permettra de concentrer les investissements sur les produits et technologies qui apportent la plus grande valeur ajoutée aux clients et la plus forte contribution au groupe. »
Moins de modèles, c’est aussi moins de besoins industriels. Le texte rappelle que de récents rapports indiquent qu’en Europe, près de la moitié des usines automobiles seraient sous-utilisées, avec beaucoup de sites autour de 50 % de leurs capacités. Volkswagen prévoit donc de réduire ses lignes d’assemblage.
« L'objectif est d'adapter le niveau de production à la demande, soit environ 9 millions d'unités par an. Avant la pandémie de COVID-19, l'entreprise avait investi pour une capacité de 12 millions de véhicules et a déjà réalisé des progrès significatifs en réduisant ses capacités de 2 millions d'unités. D'autres mesures seront prises en Chine et en Europe. »
Le volet social n’est pas détaillé directement dans le communiqué officiel. En revanche, Bloomberg évoque un scénario où la direction envisagerait la fermeture de quatre usines en Allemagne et la suppression de 100 000 postes dans le monde.
Le texte précise que ce chiffre pourrait être surestimé, notamment pour peser davantage dans les négociations avec les syndicats. Mais il illustre l’ampleur des efforts attendus pour Volkswagen, Porsche, Audi et les autres marques du groupe. Et au vu des résultats récemment présentés par Mercedes, le texte estime que les autres groupes allemands pourraient aussi être poussés à des coupes franches d’ici 2030 pour protéger leur rentabilité.
Avec une gamme potentiellement réduite de moitié, des options taillées jusqu’à 75 %, et une production recalibrée, Volkswagen assume une stratégie de simplification massive. Reste à voir si cette cure d’allègement permettra au groupe de redevenir plus agile et plus rentable face à une concurrence mondiale qui ne ralentit pas — et si ce virage ouvrira une nouvelle ère pour l’industrie européenne.
La gamme du groupe Volkswagen doit être progressivement rationalisée jusqu’à 50 %.
La complexité de l’offre, notamment le nombre d’options d’équipement, doit être réduite jusqu’à 75 %.
L’objectif est d’adapter le niveau de production à environ 9 millions d’unités par an.

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