
Après avoir adopté une posture très dure face aux voitures électriques chinoises, le Canada change de cap. Ottawa a signé un accord avec la Chine pour autoriser l’importation de véhicules « zéro émission » en quantité plafonnée. En échange, Pékin allège certaines taxes sur des produits canadiens issus notamment de la pêche et de l’agriculture. Ce virage, lui, ne passe pas du tout côté américain : l’administration de Donald Trump voit d’un mauvais œil ce rapprochement à ses portes.
En Europe, les voitures chinoises continuent de progresser. Un exemple cité dans le texte : le SUV MG ZS est parvenu à se hisser dans le top 20 des ventes en Europe.
Pourquoi certaines marques résistent mieux aux barrières ? Parce que les droits de douane évoqués ici concernent, pour l’instant, uniquement les modèles électriques : des versions thermiques ou hybrides peuvent donc échapper à ces mesures.
Aux États-Unis, en revanche, la ligne est décrite comme nettement plus inflexible : la quasi-totalité des productions automobiles provenant de Chine y sont tout simplement bannies.
Le Premier ministre Mark Carney s’est rendu à Pékin et a rencontré Xi Jinping, Li Qiang et Zhao Leji. Objectif : négocier un accord encadrant l’accès des véhicules « zéro émission » chinois au marché canadien.
Le Canada s’était aligné sur les États-Unis en imposant des droits de douane de 100 % sur les modèles électriques fabriqués en Chine. Avec l’accord signé, ce taux de taxation descend à 6 %.
L’accord prévoit que la Chine puisse importer jusqu’à 49 000 véhicules « zéro émission » par an au Canada. Autre élément important : pour 50 % de ces véhicules, les prix pourront être inférieurs à 35 000 dollars.
L’idée, en toile de fond, est aussi de séduire des acheteurs canadiens qui, pour l’instant, sont décrits comme davantage friands de gros pick-up. Le texte rappelle d’ailleurs que la famille F-Series de Ford ne se contente pas d’être la meilleure vente aux États-Unis depuis des décennies : elle domine aussi le classement au Canada.
La contrepartie n’est pas automobile. La Chine supprimerait les droits de douane sur le tourteau de canola, les homards, les crabes et les pois, tout en réduisant les droits de douane sur les graines de canola à 15 % d’ici mars 2026. Des filières importantes pour le Canada, qui s’est félicité de l’accord.
En volume, ces 49 000 véhicules électriques chinois restent une part limitée du marché canadien : le texte précise que cela ne représenterait même pas 3 % d’un marché qui a acheté plus de 1,9 million de voitures neuves en 2025 (à titre de comparaison, environ 1,6 million en France). Mais cette limite ne suffit pas à apaiser Washington.
« Je pense qu’ils se souviendront de cette décision et qu’ils regretteront certainement d’avoir importé des voitures chinoises sur leur marché », a déclaré le secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy, lors d’un événement organisé avec d’autres responsables gouvernementaux dans une usine Ford de l’Ohio.
Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, se montre plus nuancé : selon lui, le nombre limité de véhicules ne devrait pas affecter les constructeurs américains qui exportent des voitures au Canada, puisqu’« ces voitures vont au Canada, pas aux États-Unis ».
Il estime aussi que les mesures prises depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, en commençant par les droits de douane, restent suffisantes « pour protéger les travailleurs de l’industrie automobile américaine et les Américains contre ces véhicules ».
Au-delà des taxes, le texte évoque aussi des règles et réglementations américaines portant notamment sur la cybersécurité des véhicules et des systèmes associés. Jamieson Greer souligne qu’il pourrait être difficile pour les constructeurs chinois de se conformer à ce type de normes.
Le texte pointe une approche différente en Europe : l’Union Européenne réfléchirait à baisser ou supprimer les droits de douane sur les voitures électriques venues de Chine, en privilégiant un système de prix plancher.
Entre quotas, baisse des taxes et concessions agricoles, le Canada tente un compromis qui pourrait remodeler l’accès des véhicules électriques chinois en Amérique du Nord. Reste à voir si ce pari créera un nouvel équilibre… ou une nouvelle ligne de fracture durable avec Washington.
Jusqu’à 49 000 véhicules « zéro émission » par an.
La taxation est réduite à 6 %.
Les droits de douane sont supprimés sur le tourteau de canola, les homards, les crabes et les pois.

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