
Les marques chinoises gagnent du terrain en Europe… mais pas partout, et surtout pas de la même façon. Les dernières données d’immatriculation montrent un contraste net : les Français figurent parmi ceux qui achètent le moins de voitures de marques chinoises. Et ce, même si l’on intègre Volvo au calcul (la marque appartient au groupe chinois Geely).
À l’inverse, le pays qui achète le plus de voitures chinoises est aussi celui qui revendique une image très « vertueuse » sur l’électrification de son parc automobile, avec un niveau difficile à comparer ailleurs en Europe.
Même si le mouvement semble ralentir un peu, de nouvelles marques chinoises continuent d’arriver sur le marché européen. Et soyons honnêtes : si c’est déjà complexe à suivre quand on est au cœur de l’actualité auto, on imagine la difficulté côté clients, souvent plus conservateurs dans leurs choix de voitures neuves.
Pourtant, certaines marques ont déjà réussi à se faire une place dans les conversations, avec une percée médiatique notable : MG, BYD, et plus récemment Xpeng.
Pour l’instant, la part de marché des constructeurs chinois reste assez limitée en Europe, notamment parce que des pays comme l’Allemagne et la France n’immatriculent encore que de petits volumes.
Mais les chiffres indiquent aussi une réalité très terrain : certains pays adoptent plus facilement ces marques, parfois peu présentes chez nous et avec des réseaux de pièces détachées encore peu développés. Résultat : en cas d’accrochage, les délais de livraison de certaines pièces peuvent clairement refroidir.
À l’échelle européenne, la part de marché de l’ensemble des constructeurs chinois atteint 6 % (en ne comptant pas Volvo, considéré comme un constructeur européen). Mais si l’on applique à Volvo une logique similaire à celle souvent utilisée pour MG — marque britannique sous pavillon chinois — la part monte alors à 8,4 % pour les marques chinoises en Europe.
Ce n’est pas un score anodin pour des marques restées largement inconnues avant le Covid. Et pourtant, l’Europe est loin d’être uniforme : il existe de grosses différences entre pays.
Le leader, c’est la Norvège. Dans le royaume scandinave, les voitures de constructeurs chinois représentent 13,7 % des ventes annuelles de voitures neuves. Derrière, viennent (de loin) le Royaume-Uni, l’Espagne, la Pologne et l’Italie. Et si l’on ajoute Volvo — un choix discutable, mais parfois fait dans certains classements — la Norvège grimpe même à 21,5 %.
En France, le marché reste pour l’instant plutôt fermé aux voitures chinoises : leur part de marché n’atteint que 3,4 % en 2025, l’un des niveaux les plus bas d’Europe.
L’explication avancée est directe : la France est le seul pays d’Europe à conditionner les primes à l’achat d’une voiture électrique à un écoscore qui exclut les voitures produites en Chine. Forcément, l’impact est immédiat sur les ventes des modèles chinois.
Conséquence logique : les marques chinoises se reportent davantage sur les hybrides, avec parfois un vrai succès. MG en est l’exemple le plus visible, avec une réorientation récente qui met en avant des modèles comme le ZS hybride, venu jouer les trouble-fête face à un Dacia Duster hybride. MG est d’ailleurs, et de loin, le premier constructeur « chinois » en France ; la MG3 se permet même d’être autant vendue en 2025 qu’une Skoda Fabia.
Le MG ZS reste encore loin des volumes du Dacia Duster, mais le modèle roumain est décrit comme en perte de vitesse ces dernières semaines, tandis que MG monte en puissance grâce à des tarifs et des garanties jugés agressifs.
En Europe, la progression des marques chinoises est bien réelle, mais elle dépend fortement du contexte local : politiques de soutien à l’électrique, habitudes d’achat, et capacité à rassurer sur l’après-vente. Entre une Norvège ultra réceptive et une France plus verrouillée, le paysage reste mouvant — et la suite pourrait bien redistribuer les cartes plus vite qu’on ne l’imagine.
13,7 % des voitures neuves vendues à l’année en Norvège sont des véhicules de constructeurs chinois.
3,4 % est la part de marché des voitures chinoises en France en 2025.
8,4 % est la part de marché en Europe quand on ajoute Volvo au calcul.

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