
Longtemps chouchou des automobilistes américains, le V8 a souvent été remplacé ces dernières années par des six-cylindres, notamment sous la contrainte du durcissement des normes environnementales. Pourtant, le huit-cylindres n’a pas dit son dernier mot : la demande reste très forte aux États-Unis, un marché où l’électrique peine encore à s’imposer.
S’il y a une architecture mécanique qui fait immédiatement penser aux États-Unis, c’est bien le V8. Les constructeurs américains ne sont pas les seuls à l’avoir utilisé, mais ils en ont fait une spécialité, avec des volumes de vente souvent impressionnants. Et si vous pensiez que cette époque était terminée, la réalité est plus nuancée : même moins dominant qu’avant, le V8 conserve une communauté de fans solide outre-Atlantique.
Le retour du V8 Hemi sous le capot du pick-up RAM 1500 illustre parfaitement cet engouement. Stellantis aurait enregistré plus de 50 000 demandes depuis cette annonce, ce qui fait planer le risque de délais de livraison, avec une capacité limitée jusqu’ici à 30 000 moteurs par an.
Pour éviter de voir des clients impatients partir chez un concurrent, Stellantis prévoirait donc d’assembler plus de 100 000 exemplaires de ce huit-cylindres en V. En plus de l’usine mexicaine actuelle, d’autres sites seraient mobilisés, comme celui de Dundee, dans le Michigan. Et au passage, ce choix pourrait aussi aider le groupe à se rapprocher des attentes de Donald Trump, peu enthousiaste à l’idée de voir un symbole mécanique produit en dehors des États-Unis.
La majorité de ces moteurs devrait servir au pick-up RAM 1500, ultra-populaire aux États-Unis. Toutes versions confondues, 370 059 unités ont été vendues l’an dernier.
Le V8 Hemi est aussi présent dans le Jeep Wrangler (qui s’apprête à disparaître en Europe) et dans le Dodge Durango, un SUV dérivé du Grand Cherokee. En revanche, il est absent de la récente Charger : malgré un nom qui évoque cette architecture, elle n’offre pour l’instant qu’un six-cylindres en ligne ou des motorisations électriques. Des rumeurs persistantes évoquent toutefois un possible retour à un huit-cylindres, sans certitude qu’il s’agisse du Hemi.
Chez les concurrents, le V8 est également revenu dans certaines versions de la famille de pick-up Ford F-Series, même si les déclinaisons les plus diffusées privilégient le V6.
Mais un autre acteur, allemand cette fois, a évoqué une demande « supérieure à la moyenne » pour le V8 aux États-Unis : BMW. Le constructeur a pourtant arrêté la production de ce type de moteur en Autriche fin 2025. Désormais, la fabrication est assurée intégralement au Royaume-Uni, et la marque dit vouloir la poursuivre aussi longtemps que possible. Un porte-parole a déclaré que « les moteurs à hautes performances restent une composante centrale de notre stratégie ».
Entre attachement culturel, demande commerciale bien réelle et stratégie industrielle, le V8 continue de peser lourd aux États-Unis. Et vu les investissements annoncés et les signaux envoyés par plusieurs marques, le rugissement ne semble pas près de s’éteindre : l’avenir dira jusqu’où cette passion pourra cohabiter avec les nouvelles contraintes et les nouvelles motorisations.
Stellantis prévoirait d’assembler plus de 100 000 exemplaires du V8 Hemi.
La capacité de production du V8 Hemi est indiquée comme limitée à 30 000 moteurs par an jusqu’ici.
Le Jeep Wrangler Moab 392 est animé par un V8 6.4 Hemi de 470 ch.
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