
Quand Donald Trump pousse les constructeurs à produire un maximum de voitures aux États-Unis — pour le marché local comme pour l’export — on pourrait croire que les champions se nomment Ford, General Motors, ou encore Stellantis via Dodge, Ram ou Chrysler.
Pourtant, sur un point très précis, la hiérarchie surprend : parmi les constructeurs qui fabriquent des voitures sur le sol américain, celui qui exporte le plus de véhicules vers l’étranger est un groupe… allemand.
Dans le classement des marques les plus diffusées aux États-Unis en 2025, BMW n’est que 14ᵉ avec 388 897 immatriculations. C’est loin derrière Ford et ses plus de deux millions de ventes annuelles, ou Chevrolet et ses 1,8 million.
Mais en volume d’exportation depuis le territoire américain, BMW passe devant ces géants : en 2025, 200 000 BMW produites aux États-Unis ont été exportées vers 120 pays, d’après le département du Commerce américain.
Ce n’est pas un coup d’éclat isolé : depuis 2014, la marque a produit près de trois millions de voitures aux États-Unis pour l’export.
BMW est présent en Caroline du Sud depuis 1992. En 34 ans, le constructeur a investi 16 milliards de dollars dans ses usines américaines.
À l’origine pensé pour fabriquer des modèles prioritairement destinés au marché américain, le site de Spartanburg est aujourd’hui la plus grande usine du groupe BMW, tous pays confondus.
Quelques chiffres donnent la mesure :
11 000 salariés, 1 500 voitures produites par jour, et environ la moitié de la production part à l’étranger.
La production tourne principalement autour de SUV à gros volume : X3, X4 et X5. L’exportation de ces modèles depuis la Caroline du Sud représente 9 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an pour BMW.
Cette domination à l’export depuis les États-Unis n’empêche pas BMW de diversifier sa production. En 2019, le constructeur a ouvert une usine au Mexique, à San Luis Potosí.
Sur place, 3 700 salariés produisent notamment des Série 2 Coupé et des Série 3. Le site fabrique aussi des batteries pour les voitures électriques.
Après des travaux d’agrandissement, le site dispose de plus de 90 000 m². Le constructeur a décidé d’y étendre son activité, avec l’objectif que la prochaine Série 3 “Neue Classe” y soit construite.
BMW n’est pas le seul à jouer sur deux tableaux avec des usines aux États-Unis et au Mexique. Ford le fait également.
Le contraste est d’autant plus frappant que Ford possède 24 sites de production sur le sol américain. Malgré cette base industrielle, la marque profite des avantages du Mexique pour produire à moindre coût, que ce soit pour l’export ou pour alimenter le marché américain.
Pour tenter de freiner ce mouvement, Donald Trump a signé un décret en mars 2025 imposant une taxe de 25 % aux véhicules vendus aux États-Unis mais construits au Mexique, ou assemblés avec des pièces produites dans le pays. Un an plus tard, l’efficacité de cette mesure reste à démontrer.
Ford a célébré le cap des sept millions de voitures produites au Mexique l’année dernière.
De son côté, General Motors semble réagir à la pression financière : le groupe annonce vouloir investir 4 milliards de dollars d’ici 2027 pour rapatrier plusieurs lignes de production vers les États-Unis.
Actuellement, les Chevrolet Blazer et Equinox sont assemblés au Mexique, tout comme des pick-up électriques du groupe. Une fois les aménagements réalisés, GM devrait pouvoir produire deux millions de voitures aux États-Unis, pour son marché intérieur et pour l’export.
BMW prouve qu’on peut être relativement discret en volume de ventes sur le marché américain, tout en devenant un poids lourd industriel et logistique à l’export depuis les États-Unis. Entre la montée en puissance de Spartanburg, l’extension au Mexique et les réponses politiques côté américain, la carte de la production automobile nord-américaine continue de bouger.
Une chose est sûre : l’avenir de l’auto se joue autant sur les usines que sur les frontières.
200 000 BMW produites aux États-Unis ont été exportées vers 120 pays en 2025.
Spartanburg produit 1 500 voitures par jour, dont environ la moitié part à l’étranger.
Une taxe de 25 % a été imposée aux véhicules vendus aux États-Unis mais construits au Mexique (ou assemblés avec des pièces produites dans le pays).

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile
