
Les relations entre le Japon et la Chine viennent de se tendre à nouveau. Après des déclarations de Sanae Takaichi laissant entendre que Tokyo pourrait intervenir militairement si la Chine attaquait Taïwan, Pékin a choisi une riposte moins frontale, mais potentiellement redoutable : l’économie.
La Chine a annoncé un durcissement, avec effet immédiat, de ses contrôles à l’exportation vers le Japon sur des « biens à double usage » (civil et militaire). Même si les terres rares ne sont pas citées noir sur blanc, l’ombre de ces matériaux plane clairement : une partie de ces minéraux critiques figure sur la liste chinoise des biens concernés, et le Japon prend la menace très au sérieux.
Dans ce rapport de force, la Chine dispose d’un levier majeur : elle domine non seulement l’extraction des terres rares, mais aussi, surtout, elle a bâti un quasi-monopole sur le raffinage. Autrement dit, même quand elles sont extraites ailleurs, ces matières passent souvent par ses capacités industrielles pour devenir utilisables.
Et pour le Japon, l’enjeu est énorme : ces éléments métalliques sont essentiels à plusieurs secteurs stratégiques, dont l’industrie automobile, en particulier pour la production de véhicules électrifiés.
Après l’annonce chinoise, Massaaki Kanai, secrétaire général du Bureau des affaires asiatiques et océaniennes du ministère japonais des Affaires étrangères, a protesté avec force et demandé le retrait de mesures jugées « absolument inacceptables et profondément regrettables ».
Mais le rapport de force reste déséquilibré : la Chine a déjà montré par le passé qu’elle pouvait rester insensible aux protestations si aucun terrain d’entente n’est trouvé… et surtout si l’accord ne se joue pas selon ses règles.
Ce durcissement des contrôles à l’export pourrait aussi être lu comme une monnaie d’échange : un signal adressé à Tokyo pour l’inciter à se montrer beaucoup plus prudent sur la question, ultra sensible, de la souveraineté de Taïwan.
Le cabinet de conseil Teneo résume l’idée ainsi : en créant une inquiétude au Japon sur l’accès à des intrants industriels chinois essentiels, l’annonce met une pression immédiate sur Sanae Takaichi pour qu’elle concède quelque chose.
Si Pékin décidait d’inclure les terres rares dans ses contrôles et de restreindre réellement les exportations vers le Japon, l’impact serait jugé « extrêmement grave » pour l’économie nippone.
Takahide Kiuchi, économiste à l’Institut de recherche Nomura, avance même un chiffrage : une interdiction de trois mois pourrait coûter l’équivalent de 4,2 milliards de dollars au pays.
Le point critique, c’est la dépendance sur certaines terres rares très spécifiques : pour le dysprosium et le terbium, utilisés comme matériaux auxiliaires dans les aimants au néodyme présents dans les moteurs de véhicules électriques, le Japon dépend presque entièrement de la Chine.
Dans ce face-à-face, la puissance ne se mesure pas seulement en navires ou en avions : elle se joue aussi dans les chaînes d’approvisionnement. Les terres rares illustrent un monde où la géopolitique s’invite jusque dans les moteurs électriques, et où un simple tour de vis commercial peut peser sur des décisions stratégiques majeures.
Reste une question ouverte : jusqu’où les pays dépendants accepteront-ils cette vulnérabilité avant de redessiner, en profondeur, leurs sources d’approvisionnement ?
La Chine durcit ses contrôles à l’exportation vers le Japon sur des « biens à double usage », avec entrée en vigueur immédiate.
La Chine domine l’extraction des terres rares et a développé un quasi-monopole sur le raffinage.
Une interdiction de trois mois pourrait coûter l’équivalent de 4,2 milliards de dollars.
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