
Stellantis traverse une zone de fortes turbulences : le groupe a été secoué par l’annonce de 22 milliards d’euros de charges exceptionnelles, par l’incertitude qui plane sur l’avenir de certaines usines, et par une partie de la clientèle encore marquée par des problèmes liés aux moteurs PureTech et aux airbags Takata.
Dans ce contexte, la négociation annuelle obligatoire (NAO) 2026 de Stellantis France avec les représentants du personnel a débouché sur une proposition d’augmentation de la masse salariale globale de 2,1%, toutes catégories confondues. C’est le même niveau que l’an dernier, alors que l’inflation est retombée à 0,7% (contre 1,2% en 2025).
À l’arrivée, le chiffre a surpris favorablement, y compris certains responsables syndicaux. Laurent Oeschel (CFE-CGC) a ainsi résumé le sentiment avec une phrase qui dit tout : « Je ne m’attendais pas à ce montant-là ».
Il faut dire que le départ n’avait rien de rassurant. La direction avait initialement ouvert les discussions avec une enveloppe globale de 0,9%, une proposition immédiatement jugée « provocante et inconséquente » par la CFE-CGC, qui y voyait un mauvais signal pour des équipes déjà fragilisées.
Au fil des échanges, la direction a revu sa copie jusqu’à atteindre 2,1% lors de la séance de clôture, dans la nuit de jeudi à vendredi, au siège de Poissy (Yvelines).
Un point a pesé dans la balance : les organisations syndicales ont poussé pour que l’effort salarial soit intégré au salaire de base, plutôt que de dépendre de primes variables. Laurent Oeschel a expliqué l’enjeu en une idée simple : « Il fallait absolument sécuriser l’enveloppe de rémunération dans le salaire », en raison des incertitudes liées aux performances financières et aux mécanismes qui déclenchent (ou non) les primes.
Dans les réactions, la CFE-CGC se dit satisfaite, parlant d’un « plan salarial à la hauteur de votre engagement ». La CFDT souligne de son côté une amélioration du climat social, estimant que la direction a été « davantage à l’écoute et moins dans une logique de confrontation ».
Mais tout n’est pas verrouillé : la direction a rappelé que la proposition ne s’appliquera que sous réserve de la signature d’un accord majoritaire des organisations syndicales.
Deux organisations ont par ailleurs affiché leur désaccord. Pour Force ouvrière, Thierry Giroux (cité par l’AFP) déclare : « Les salariés ne doivent pas faire les frais des mauvaises orientations ». Et Jérôme Boussard (CGT) juge l’augmentation générale « trop faible ».
Les organisations représentatives doivent se prononcer d’ici au vendredi 20 février 2026. En l’absence de majorité, l’enveloppe globale serait automatiquement ramenée à 1,5%, un niveau nettement inférieur à la proposition actuelle. Dans ce cadre, l’accord à 2,1% a de fortes chances d’être entériné.
Dans une période où Stellantis doit gérer à la fois des charges exceptionnelles, des questions industrielles sensibles et une confiance client fragilisée, cette proposition de 2,1% ressemble à un signal d’apaisement envers les équipes. Reste à voir si l’accord majoritaire sera signé — et si, demain, l’entreprise parviendra à concilier transformations, compétitivité et reconnaissance durable du travail.
2,1% de hausse de la masse salariale globale est proposé, toutes catégories confondues.
0,9% était l’enveloppe globale proposée au départ par la direction.
L’enveloppe globale serait automatiquement ramenée à 1,5% en l’absence de majorité.

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