
Après une année 2025 marquée par une perte historique et de profondes remises en question, Stellantis retrouve des couleurs au premier trimestre 2026 avec un retour aux bénéfices et une activité en hausse. Au-delà du simple rebond comptable, ces résultats peuvent aussi se lire comme les premiers signes d’un changement de cap engagé par Antonio Filosa depuis son arrivée à la tête du groupe. Reste désormais à voir quelles marques profiteront vraiment de cette nouvelle dynamique.
Le retour dans le vert n’efface pas les difficultés récentes, mais il marque une vraie rupture. En 2025, Stellantis avait publié plus de 22 milliards d’euros de perte nette, notamment à cause d’importantes charges exceptionnelles et de la révision de plusieurs paris industriels autour de l’électrique.
Au premier trimestre 2026, le groupe amorce un virage net : un bénéfice net de 377 millions d’euros (contre une perte de 387 millions un an plus tôt) et un chiffre d’affaires en hausse de 6 %, à 38,1 milliards d’euros.
Le groupe explique avoir « comblé les lacunes d’exécution ». Dit autrement : améliorer la gestion des usines, des stocks et des livraisons, tout en ajustant la politique commerciale.
Ces derniers mois, l’enjeu était clair : mieux ajuster les stocks, redonner du rythme aux lancements produits et corriger des dysfonctionnements sur des marchés clés comme l’Amérique du Nord ou l’Europe.
Depuis son arrivée à la tête du groupe, Antonio Filosa installe progressivement une ligne différente de celle de son prédécesseur Carlos Tavares. Le discours se veut moins rigide et davantage orienté vers la demande réelle des marchés.
Le mot d’ordre de « liberté de choix » résume ce repositionnement : continuer sur l’électrique quand c’est pertinent, et continuer de développer l’hybride ou le thermique lorsque les clients le réclament encore. Le groupe évoque aussi le retour du diesel sur un certain nombre de modèles.
Ce trimestre positif peut être vu comme un premier vote de confiance envers cette approche plus flexible. Mais il est trop tôt pour parler de redressement complet.
Avec 377 millions d’euros de bénéfice pour 38,1 milliards de chiffre d’affaires, la rentabilité reste modeste, autour de 1 %. Les marges sont loin des meilleurs niveaux passés, et la concurrence — notamment chinoise en Europe — continue de monter en puissance.
Le prochain rendez-vous majeur est l’Investor Day du 21 mai 2026, durant lequel Antonio Filosa doit détailler sa nouvelle feuille de route pour Stellantis.
Plusieurs informations récentes laissent entendre qu’un recentrage des investissements pourrait privilégier quelques constructeurs comme Jeep, Ram, Peugeot ou Fiat, tandis que d’autres marques recevraient un rôle plus ciblé.
En clair : le retour aux bénéfices ne veut pas dire que les 14 marques repartiront sur un pied d’égalité. Certaines pourraient ressortir renforcées du nouveau cycle, d’autres devenir plus régionales ou plus discrètes. Ce premier trimestre rassure sur la santé immédiate du groupe ; la suite dépendra surtout de la manière dont Stellantis compte inscrire ce rebond dans la durée.
Stellantis montre qu’un retour dans le vert est possible, même après un choc aussi violent qu’une perte record. Reste maintenant à transformer ce rebond en trajectoire durable — et à voir, dans les prochains choix stratégiques, quelles marques porteront vraiment l’élan du groupe. L’avenir se jouera dans la clarté de la feuille de route et la cohérence de son exécution.
Un bénéfice net de 377 millions d’euros.
38,1 milliards d’euros, en hausse de 6 %.
Le 21 mai 2026.

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