
Certains médias et experts américains commencent à alerter sur un risque de pénurie d’huiles de synthèse, notamment pour les moteurs et les transmissions. Et si ça se confirme, personne n’y échapperait : véhicules thermiques, hybrides, et même électriques (qui ont aussi besoin d’huiles de transmission). En toile de fond, des tensions sur l’approvisionnement liées à l’embouteillage dans le détroit d’Ormuz et à des attaques visant certaines raffineries du Moyen-Orient.
Les huiles minérales basiques, produites notamment à partir de solvants, seraient moins menacées. En revanche, les huiles de synthèse très évoluées utilisées dans les moteurs et transmissions modernes seraient plus fragiles côté approvisionnement.
Le point sensible, ce sont surtout les huiles dites de groupe 3 : elles sont produites exclusivement par vapocraquage à haute température (des molécules d’hydrocarbures « craquées » par de la vapeur d’eau à très haute pression) dans des raffineries spécialisées. D’après des experts cités par CNN, ces huiles pourraient venir à manquer.
Parmi les causes évoquées : le détroit d’Ormuz, mais aussi des attaques contre des sites stratégiques, comme la raffinerie de Pearl (Shell) au Qatar, identifiée comme un producteur majeur d’huiles de synthèse.
Une alerte est même formulée de façon très directe : « Nous allons connaître des pénuries, je n’en ai aucun doute. Les Etats-Unis devraient être à court d’huiles de groupe 3 dès le mois de juin », a déclaré Holly Alfano, PDG de l’Association des fabricants indépendants de lubrifiants (ILMA), à CNN.
Et comme souvent quand un produit dérivé du pétrole se tend, une concurrence s’installe vite sur les capacités de raffinage. Plutôt que de raffiner des naphtas pour fabriquer ces huiles, certains acteurs peuvent choisir de se concentrer sur des produits jugés plus critiques et plus rentables, comme le gazole (très demandé, notamment dans la construction ou le maritime) et des huiles de grade inférieur.
En cas de tension, les acheteurs américains pourraient être tentés de se fournir auprès de producteurs alternatifs, comme des raffineurs asiatiques. Mais, toujours d’après CNN, ces raffineurs « qui ont accès au pétrole brut se concentrent sur la production d'un maximum de kérosène et de diesel afin de réaliser des marges bénéficiaires historiquement élevées ».
Même si certaines marques se veulent rassurantes sur les stocks d’huile disponibles, une piste serait de passer temporairement à des huiles de grade 2, elles aussi synthétiques (et produites par vapocraquage), mais moins fluides.
Le souci, c’est que beaucoup de moteurs modernes demandent des lubrifiants très fluides, par exemple en 0W18 ou 0W20, notamment sur des moteurs hybrides. En clair : remonter sur des indices supérieurs pourrait être envisagé, mais avec l’accord des constructeurs et uniquement le temps que les tensions d’approvisionnement retombent. Cela supposerait aussi que les garagistes et concessionnaires aient une validation de la maison-mère pour utiliser des huiles moins fluides lors de certaines révisions.
Le retour à la normale ne serait pas pour tout de suite. Même si le détroit d’Ormuz reprenait une activité normale, un autre problème « de fond » est évoqué : l’accumulation de crustacés sur les coques des navires immobilisés dans le détroit depuis de nombreuses semaines. Le nettoyage des coques, indispensable avant de reprendre la navigation, pourrait prendre beaucoup de temps.
Entre tensions géopolitiques, arbitrages industriels dans le raffinage et contraintes techniques des moteurs modernes, le sujet des huiles de synthèse ressemble à un effet domino : quand un maillon bloque, tout le reste se tend. Reste à voir si l’industrie parviendra à sécuriser les volumes, ou si cette alerte annoncera une nouvelle phase d’adaptation forcée pour l’entretien automobile — et peut-être une chaîne d’approvisionnement mieux anticipée demain.
Tous les véhicules seraient touchés : thermiques, hybrides et même électriques, car les électriques ont aussi besoin d’huiles de transmission.
Les huiles de synthèse de groupe 3, produites exclusivement par vapocraquage à haute température dans des raffineries spécialisées, pourraient venir à manquer.
Une solution évoquée est de se rabattre temporairement sur des huiles de grade 2, synthétiques aussi mais moins fluides, avec l’accord des constructeurs et une validation de la maison-mère pour que les garagistes puissent les utiliser sur certaines révisions.

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