
Le carrossier Durisotti, spécialisé dans la transformation de véhicules utilitaires, faisait partie des noms les plus connus du secteur en France. L’entreprise, implantée dans les Hauts-de-France, travaillait depuis longtemps avec le Ministère de l’Intérieur et avait notamment assuré la modification des Alpine A110 utilisées par la gendarmerie. Malgré ce statut de partenaire historique, la société n’a pas échappé aux difficultés financières : un tribunal a prononcé sa liquidation judiciaire.
Le redressement judiciaire engagé face à des difficultés financières devenues trop lourdes s’est finalement transformé en liquidation judiciaire, décision prononcée par le tribunal de commerce d’Arras. Pour les 161 salariés encore présents chez Durisotti, l’issue se confirme. Et l’impact dépasse l’entreprise : au total, plus de 350 licenciements sont évoqués, car plusieurs autres sociétés du groupe GTE-Automotive subissent la même situation.
Devant le tribunal d’Arras, une centaine de salariés de différentes entités concernées se sont rassemblés de façon symbolique, certains en tenue d’enterrement et d’autres avec des croix en carton. Leur objectif était de « dénoncer la responsabilité de l’employeur », selon Jean-Noël Potez, délégué syndical CGT et représentant au CSE de Durisotti, cité par l’Agence France Presse.
Pour eux, le principal responsable est GTE-Automotive, qui a repris le contrôle du carrossier en 2024. De son côté, le groupe met en cause les pouvoirs publics, estimant qu’il n’y a eu « aucun accompagnement décisif » pour aider l’entreprise à se redresser ces dernières années.
Le texte souligne que l’État n’a pas forcément soutenu autant qu’espéré ce partenaire historique du Ministère de l’Intérieur. Aujourd’hui, les véhicules des forces de l’ordre et des services publics ne sont plus nécessairement autant modifiés qu’auparavant. Ils affichent depuis longtemps des couleurs issues directement du catalogue des marques, au lieu d’être repeints spécifiquement.
Pour autant, il reste de nombreux aménagements à réaliser afin de répondre aux besoins des utilisateurs. Autrement dit : même si certains changements « lourds » sont moins fréquents, l’adaptation terrain continue d’exister.
L’évolution du marché et des technologies pourrait encore fragiliser des acteurs comme Durisotti. Exemple mis en avant : avec le nouveau Trafic E‑Tech électrique, Renault affiche l’ambition de réaliser « un certain nombre de conversions fortement demandées par les clients » directement dans son usine de Sandouville.
Le constructeur prévoit aussi d’effectuer des transformations juste à côté, dans un bâtiment appartenant à Qstomize, une de ses filiales spécialisée dans l’aménagement et la transformation de véhicules utilitaires. De quoi augmenter les revenus d’un grand constructeur, mais avec un risque évident : réduire les opportunités pour des structures plus petites.
Le texte rappelle toutefois un point clé : un constructeur ne peut pas couvrir l’ensemble des usages professionnels. Dans cette logique, Renault a aussi intégré la personnalisation « sur mesure » via un réseau de 300 carrossiers partenaires agréés Renault Pro+.
Dans ce contexte, un espoir subsiste pour Durisotti : certains salariés envisagent de faire renaître l’entreprise sous la forme d’une société coopérative et participative (SCOP). L’initiative a déjà attiré l’attention de Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, qui a déclaré sur Facebook qu’« un nouveau projet industriel solide sera soutenu et accompagné par la région Hauts-de-France ».
La liquidation de Durisotti illustre la fragilité des spécialistes de la transformation automobile face aux chocs financiers et à la montée en puissance des offres « maison » chez les constructeurs. Mais l’idée d’une reprise en SCOP, soutenue au niveau régional, laisse une porte entrouverte : celle d’un nouveau départ, porté directement par celles et ceux qui faisaient tourner l’entreprise au quotidien.
Plus de 350 licenciements sont évoqués, car plusieurs entreprises du groupe GTE-Automotive subissent le même sort.
Le tribunal de commerce d’Arras a prononcé la liquidation judiciaire de Durisotti.
Certains salariés envisagent de faire renaître Durisotti sous la forme d’une société coopérative et participative (SCOP).

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