
Sale temps pour les ingénieurs automobiles : après Opel, qui a confirmé la suppression de 650 postes d’ingénieurs, Renault annonce un plan prévoyant jusqu’à 2400 départs d’ingénieurs à travers le monde, dans un groupe qui emploie 100 000 personnes.
Pour Renault, ce réajustement aurait une logique simple : depuis la Twingo, il faudrait développer les voitures de plus en plus vite, donc avec des équipes pas forcément aussi importantes. Un paradoxe qui en dit long sur la transformation du métier.
Le point de comparaison, c’est la Chine : des constructeurs capables de développer des voitures en un temps record, au point de bousculer les standards du secteur. Renault s’est d’ailleurs rendu sur place pour concevoir sa nouvelle Twingo dans un délai très court.
Dans la même logique, le groupe veut que la plupart de ses futurs projets automobiles soient conçus beaucoup plus vite, une orientation confirmée par le plan « Leap 100 ».
Ce modèle chinois inspire aussi par son recours massif au logiciel pour accélérer la conception des véhicules. Et, sans le dire frontalement, Renault semble désormais s’inscrire dans cette trajectoire : la suppression annoncée de milliers de postes d’ingénierie vise à préserver la compétitivité face aux acteurs chinois.
En filigrane, l’idée est qu’il ne serait plus forcément nécessaire d’avoir autant d’ingénieurs pour imaginer les véhicules de demain, conçus plus rapidement grâce à l’informatique, avec des technologies et des plateformes mutualisées au maximum.
Le mot d’ordre : rationaliser pour réduire les coûts, rester compétitif et maintenir des marges encore plutôt bonnes chez Renault.
François Provost avait déjà donné le ton en expliquant qu’il fallait suivre l’exemple chinois pour le développement des véhicules. Une position cohérente avec le cas de la Twingo conçue sur place.
Mais cette stratégie peut aussi faire grincer des dents : certains automobilistes pointent des errements de développement chez de jeunes marques chinoises, certes en progrès, mais dont les produits montreraient parfois un manque de mise au point. Et comme on le sait, aller vite et faire très bien ne vont pas toujours ensemble.
L’annonce a logiquement fait réagir les syndicats, avec la CGT en première ligne. La question posée est frontale : comment Renault pourra produire les 36 futurs véhicules annoncés dans son plan d’ici 2030 avec 2400 ingénieurs en moins ?
De son côté, Renault Group indique qu’il ne s’agirait pas de licenciements, mais d’une réorientation de la force de conception et de travail : départs anticipés pour ceux qui le souhaitent, ou mobilité interne.
Cette décision intervient dans un climat jugé encore tendu pour le marché automobile, qui ne parvient pas à redresser la barre. Et elle fait écho à une autre annonce récente : Stellantis a déclaré vouloir supprimer 650 postes d’ingénieurs chez Opel en Allemagne.
En visant des cycles de développement plus rapides, Renault met clairement le cap sur une ingénierie plus “logicielle”, plus mutualisée, et plus légère en effectifs. Reste à voir comment l’équation entre vitesse, qualité et ambition industrielle sera tenue sur la durée — car la mobilité de demain se jouera autant sur le tempo que sur l’exigence.
Jusqu’à 2400 départs d’ingénieurs à travers le monde sont prévus.
Renault explique qu’il faut développer des voitures de plus en plus vite, donc avec des équipes pas forcément aussi importantes.
Renault Group précise qu’il ne s’agirait pas de licenciements, mais plutôt de départs anticipés volontaires ou de mobilité interne.

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile
