
Aujourd’hui, BYD est le premier fabricant de véhicules électriques dans le monde et mise beaucoup sur l’Europe pour viser la première place mondiale tous constructeurs confondus. La marque aligne une large gamme de modèles électriques et hybrides, avec une identité stylistique bien à elle. Mais ce style n’a pas toujours été aussi affirmé.
Pour mesurer le chemin parcouru, il faut remonter à une époque où BYD a tenté un coup beaucoup plus risqué : la BYD S8, un cabriolet lancé avec un design si proche de références européennes qu’il aurait pu créer un gros malaise sur notre marché.
BYD (Build Your Dreams) est une marque chinoise née il y a à peine 20 ans. L’an dernier, elle a battu son record de production avec 4,55 millions de véhicules vendus dans le monde, tout en franchissant pour la première fois le cap du million d’unités exportées hors de Chine.
En comparaison, le premier constructeur mondial évoqué dans le texte reste Toyota avec 11,3 millions d’unités écoulées, devant Volkswagen avec 8,98 millions. BYD progresse vite, mais la marche reste haute pour aller chercher le sommet.
En France, BYD n’est présent que depuis 2023, mais sa gamme est déjà conséquente : neuf modèles 100% électriques et cinq hybrides rechargeables (appelées « super hybrides »). En 2025, la marque a séduit 13 532 clients, soit 150% de plus qu’en 2024.
Côté distribution, le réseau compte actuellement 90 points de vente et vise 200 concessionnaires fin 2026.
Pour alimenter l’Europe « au plus près », BYD prévoit aussi une stratégie industrielle à deux jambes : une usine en Hongrie annoncée capable de produire 150 000 véhicules par an, plus un projet de site industriel en Turquie, mentionné comme encore au stade de négociations.
En 2008, BYD n’avait rien du mastodonte actuel. Le texte rappelle qu’à cette époque, la marque ne vendait que 100 000 voitures par an, uniquement sur son marché local, tout en affirmant déjà qu’elle serait numéro un mondial en 2025.
Son ADN industriel était aussi très différent : créée en 1995, BYD démarre comme fabricant de batteries, avant de se lancer dans l’automobile en 2003.
En 2008, BYD fabrique ce qui est présenté comme le tout premier cabriolet produit en série en Chine. Le problème, c’est que ce cabriolet est décrit comme le résultat de « quelques emprunts non déclarés ».
La BYD S8 est décrite comme une copie quasi parfaite de la Renault Mégane coupé-cabriolet de première mouture (modèle vendu en Europe de 2002 à 2009). Lors de l’arrivée de la S8 en Chine, cette Mégane CC n’était d’ailleurs plus au goût du jour en Europe, car remplacée par une nouvelle génération.
La particularité la plus frappante vient de l’avant : le texte indique que le museau reprend des éléments d’une Mercedes-Benz CLK de seconde génération (type 209, commercialisée de 2002 à 2010) : capot, phares, calandre, et même le bouclier avant.
Autre détail souligné : S8 est aussi un nom employé dans la gamme Audi.
Le texte précise que la coiffe au-dessus de l’instrumentation et l’agencement de la console centrale diffèrent, mais que « pour le reste », une grande partie du mobilier jusqu’au levier de frein à main rappelle fortement la Renault Mégane CC.
Le texte estime qu’on comprend aisément pourquoi la BYD S8 n’a jamais fait le déplacement jusqu’en Europe, où sa présence aurait été « vraiment gênante ». Il est aussi précisé que BYD n’avait pas demandé l’accord de Renault et Mercedes pour concevoir ce cabriolet.
La BYD S8 a été présentée très discrètement au salon NAIAS de Detroit, mais l’essentiel de sa visibilité est restée cantonnée aux salons automobiles chinois.
Le modèle n’a pas rencontré le succès en Chine, entre le manque d’image de BYD à l’époque et le faible intérêt des acheteurs chinois pour les cabriolets. La production débute à l’été 2009 et s’arrête dès 2011, après une centaine de véhicules assemblés.
La BYD S8 ressemble à une photo d’époque : celle d’un constructeur encore jeune, prêt à tout pour exister, quitte à flirter dangereusement avec les codes (et les formes) des marques européennes. Depuis, BYD a changé de dimension, de stratégie et d’identité. Reste une question ouverte : à mesure que la marque accélère en Europe, jusqu’où ira sa transformation… et comment son style continuera de s’affirmer face aux références historiques du marché ?
BYD a vendu 4,55 millions de véhicules dans le monde l’an dernier.
BYD a séduit 13 532 clients en France en 2025.
La production a cessé en 2011 après une centaine de véhicules assemblés.

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