
Renault a réussi un joli coup de discrétion en sortant de l’ombre un prototype inattendu : le Renault R-Space Lab. Officiellement, ce véhicule est présenté comme un “laboratoire” destiné à explorer l’esprit des “voitures à vivre”, sans annoncer directement un futur modèle de série. Mais en lisant entre les lignes — et surtout en regardant les solutions techniques et les idées d’aménagement — on devine déjà des pistes très concrètes pour la future génération de Renault Mégane électrique attendue à l’horizon 2028.
Cette présentation s’inscrit dans une séquence plus large : Renault a dévoilé en même temps d’autres nouveautés (dont le Bridger concept et le break Dacia Striker) ainsi qu’un plan stratégique baptisé futuREady. Le groupe se projette jusqu’en 2030 avec un plan produit reposant sur 36 lancements répartis entre ses différentes marques. Renault ne montre pas tout aujourd’hui, d’autant que la feuille de route peut encore évoluer selon la dynamique du marché électrique.
Parmi les deux concepts présentés par Renault, le R-Space Lab est le moins “direct” : là où d’autres études peuvent annoncer un modèle presque prêt, celui-ci est plutôt un démonstrateur d’innovations. Traduction : ses lignes ne sont pas censées préfigurer fidèlement une voiture de production.
Pour autant, sur le fond, le message est clair : la future Mégane électrique de seconde génération (attendue en 2028) devrait s’inscrire dans un format plus imposant. Le concept affiche 4,50 m de long, et la prochaine Mégane pourrait se positionner entre les 4,21 m de l’actuelle Mégane E‑Tech (lancée en mars 2022) et les 4,50 m du R-Space Lab. L’idée derrière ce changement de gabarit est simple : l’actuelle Mégane E‑Tech, plus courte qu’un Captur, s’était éloignée du format traditionnel de berline compacte.
Autre point clé : la partie technique. Renault évoque une base baptisée RGEV medium 2.0 (Renault Groupe Electric Vehicle), avec une promesse combinant efficience, grande autonomie et recharge rapide grâce à une technologie 800 V. L’objectif assumé est de lever les principaux freins liés à l’électrique et de faciliter le passage aux véhicules “sur prises”.
Le nom “R-Space” n’est pas inédit : il avait déjà été utilisé pour un concept en 2011. Cette fois, Renault remet au goût du jour une silhouette qui rappelle le monospace, avec un pare-brise avancé et une grande surface vitrée en continuité du haut du capot jusqu’au bas de la lunette arrière.
La recette est modernisée avec une pointe de coupé pour accentuer la posture, et des portes sans encadrement. Point intéressant : au lieu de partir dans le spectaculaire “pour la vitrine”, Renault reste pragmatique sur les ouvrants en conservant des portes arrière classiques, mais avec un angle d’ouverture annoncé comme optimal (90 degrés).
En revanche, pour l’effet “waouh”, la structure de caisse adopte un demi pied milieu, une solution jugée irréaliste en production à cause d’une torsion de coque trop importante — mais qui a le mérite de dégager la vue sur l’habitacle.
À l’intérieur, Renault met clairement le paquet. On retrouve un bandeau numérique qui s’étire d’un montant de pare-brise à l’autre. Déjà aperçu via d’autres concepts plus anciens, cet élément est ici reconduit, et la marque annonce son arrivée en série. La nouveauté mise en avant : l’écran est incurvé.
Le mobilier est décrit comme épuré, notamment grâce à l’implantation des airbags frontaux et rideaux directement dans les sièges. Et Renault glisse une idée simple mais maligne : une boîte à gants dont le couvercle se transforme en tablette… voire en repose-pied.
Renault ne confirme rien sur deux éléments très “concept” : la direction à commande électronique (steer-by-wire) et le volant rectangulaire, dans l’esprit des cerceaux Yoke. Impossible donc de savoir si ces choix franchiront le cap de l’industrialisation, mais la question est posée : Renault ira-t-il jusqu’à répondre à certaines tendances qui arrivent sur le marché ?
Autre signal fort : Renault remet au centre l’usage et la modularité. Le concept marque un retour aux places arrière pensées pour la vraie vie, avec trois sièges indépendants et une modularité annoncée comme optimale. Le texte évoque clairement une forme de “mea-culpa” : les dernières générations de Scénic avaient abandonné cet aménagement, pourtant présent sur les trois premières générations, entre 1996 et 2016.
Le Renault R-Space Lab ne promet pas une carrosserie prête à être dupliquée en usine, mais il aligne des indices très parlants : gabarit en hausse, plateforme électrique RGEV medium 2.0, recharge rapide en 800 V, et un habitacle recentré sur l’espace, l’écran XXL et la modularité. Si cette vision infuse vraiment la future Mégane électrique attendue en 2028, Renault pourrait bien remettre la notion de “voiture à vivre” au cœur de l’électrique. Le futur, lui, se jouera autant sur la technique que sur la façon dont on habite la voiture au quotidien.
Le Renault R-Space Lab est long de 4,50 m et haut de 1,50 m.
La base RGEV medium 2.0 est associée à une technologie 800 V permettant la recharge rapide.
Le Renault R-Space Lab met en avant trois sièges arrière indépendants avec une modularité optimale.

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