Les cours du pétrole ont clairement reculé après les tensions qui ont secoué le Moyen-Orient ces dernières semaines. Mais si vous espériez voir le prix à la pompe baisser aussi vite, il va falloir s’armer de patience. Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, estime que le retour à des tarifs plus bas prendra du temps. Et dans l’intervalle, le groupe compte maintenir son plafonnement des prix… mais uniquement dans certaines stations.
Le pétrole a retrouvé des niveaux plus rassurants après les fortes tensions au Moyen-Orient. Pourtant, pour Patrick Pouyanné, il ne faut pas s’attendre à un retour rapide à des prix plus favorables pour les automobilistes.
Lors d’un colloque organisé par l’Union française de l’électricité (UFE), le dirigeant a expliqué que les prix des carburants pourraient rester élevés pendant encore plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Dans ce contexte, TotalEnergies prévoit de maintenir le plafonnement des prix dans ses 1 200 stations-service situées en zone rurale.
L’idée est simple : certaines stations ont rempli leurs cuves quand les cours étaient encore hauts. Résultat, même si le pétrole baisse aujourd’hui, ces stations doivent d’abord écouler des stocks achetés plus cher. Elles mettront donc plus de temps à profiter d’un réapprovisionnement à moindre coût.
Pour Patrick Pouyanné, la baisse récente des cours ne suffit pas à effacer les effets du conflit. Il rappelle que des infrastructures énergétiques ont été touchées, notamment des raffineries et des installations liées au gaz naturel. Certaines devront être reconstruites, ce qui peut prendre du temps.
TotalEnergies évoque par exemple six mois de travaux pour remettre en état une raffinerie détenue avec Aramco en Arabie saoudite.
Autre élément qui pèse dans l’équation : les marges de raffinage restent élevées. Le dirigeant indique que les produits pétroliers tournent autour de 95 dollars le baril, avec environ 80 dollars pour le pétrole brut, auxquels s’ajoutent près de 15 dollars liés au raffinage. Un niveau qui reste loin des conditions d’avant la crise liée à la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
Le patron de TotalEnergies reste prudent sur la situation géopolitique. Il a précisé que plusieurs pétroliers du groupe ont pu quitter le Golfe Persique ces derniers jours, mais cela ne veut pas dire que tout est stabilisé.
Les armateurs restent vigilants face aux risques dans la région, et le secteur énergétique observe encore l’évolution de la situation avant de reprendre un fonctionnement pleinement normal.
« Il faudra quelques semaines voire mois avant que les choses redeviennent comme avant », a résumé Patrick Pouyanné.
Il écarte en revanche tout risque de pénurie de pétrole ou de gaz. Mais il estime que les prix de l’énergie pourraient rester durablement plus élevés qu’avant la crise, même si les tensions les plus fortes semblent désormais derrière.
Ces déclarations interviennent peu de temps après une autre prise de position de Patrick Pouyanné : auditionné à l’Assemblée nationale, il avait conseillé aux habitants des zones rurales de passer à la voiture électrique, notamment parce qu’ils peuvent davantage profiter de la recharge à domicile et ainsi limiter leur exposition aux fluctuations du prix des carburants.
Mais le maintien du plafonnement dans les stations rurales envoie aussi un message clair : TotalEnergies considère toujours ces automobilistes comme particulièrement vulnérables aux variations des prix à la pompe.
En résumé, la baisse du pétrole ne suffit pas à faire redescendre tout de suite les prix à la pompe : entre les stocks achetés plus cher, les marges de raffinage encore élevées et des infrastructures à remettre en état, le retour à la normale s’annonce progressif. TotalEnergies mise donc sur une mesure ciblée en zone rurale, là où la dépendance à la voiture reste la plus forte. La suite dépendra surtout de la stabilisation durable de la situation énergétique et géopolitique — et de la capacité du secteur à encaisser les prochains chocs.
TotalEnergies prévoit de maintenir le plafonnement des prix dans 1 200 stations-service situées en zone rurale.
TotalEnergies évoque six mois de travaux pour remettre en état cette raffinerie détenue avec Aramco en Arabie saoudite.
Patrick Pouyanné cite des produits pétroliers autour de 95 dollars le baril, avec environ 80 dollars pour le pétrole brut et près de 15 dollars liés au raffinage.

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