
Rouler sans assurance, c’est déjà un gros problème. Mais en Italie, on change carrément d’échelle. Là où la France compte environ 700 000 véhicules non assurés (un phénomène minoritaire à l’échelle du parc), l’Italie fait face à une situation bien plus massive, qui touche non seulement les voitures, mais aussi les motos, les scooters et même les poids lourds. Et selon les régions, l’écart est vertigineux : dans le sud, le non-assuré devient presque la norme.
Sur le papier, le parc automobile léger italien est énorme : 47 millions de véhicules enregistrés. Le chiffre qui fait vraiment tilter, c’est l’estimation des véhicules non assurés : 9 millions. En clair, cela représenterait 20 % du parc.
Pour comparer, la France est autour de 2 % de véhicules sans assurance. Même si rien ne justifie de rouler sans couverture légale, l’écart montre à quel point l’Italie est face à un sujet explosif.
L’explication mise en avant côté italien est simple : les tarifs d’assurance sont jugés très élevés. Et les statistiques pointeraient une corrélation directe selon les zones : plus la prime moyenne est haute dans une région, plus le taux de véhicules non assurés grimpe.
Le problème, c’est que ça se nourrit lui-même. Plus il y a de conducteurs non assurés, plus il y a de sinistres qui coûtent cher… et plus les prix montent. Résultat : un cercle vicieux difficile à casser.
Certains chiffres donnent le vertige, et Naples concentre une partie du problème. Chez les automobilistes, la ville afficherait 37 % de véhicules non assurés, avec des données incluant même ceux qui n’ont pas de simple responsabilité civile.
Et pour les deux-roues, c’est encore plus spectaculaire. Dans la région de Naples, sur 443 831 motos, 236 331 ne seraient pas assurées, soit 53,2 %.
Le record le plus inquiétant concerne les cyclomoteurs : plus de 76 % ne seraient pas assurés, autrement dit plus de 3 sur 4 en circulation. Dans ce contexte, le risque en cas d’accrochage ou d’accident devient un vrai sujet de société.
Le phénomène ne s’arrête pas aux voitures et aux scooters. Il toucherait aussi les poids lourds, avec des taux jugés encore plus inquiétants. Catane et Naples seraient à nouveau en tête, avec respectivement 48 % et 43 % de véhicules non assurés.
Dans l’idéal, faire baisser le prix des assurances permettrait d’enrayer une partie du problème. Mais l’Italie se heurte à une réalité : les compagnies d’assurance fixent librement leurs tarifs. Et comme ces tarifs sont tirés vers le haut par les sinistres liés aux non-assurés, le pays se retrouve coincé dans une boucle difficile à enrayer.
Faute de pouvoir agir directement sur les prix, la marge de manœuvre passe surtout par des mesures répressives. Le plan présenté par Matteo Salvini vise notamment à accélérer la régularisation des personnes déjà contrôlées sans assurance.
Autre axe : relier le fichier des immatriculations et celui des assurances, afin que des radars puissent détecter automatiquement un véhicule non assuré et le verbaliser. C’est un chantier technique et potentiellement long à mettre en place, mais c’est l’un des rares outils capables de frapper à grande échelle.
L’Italie fait face à un volume de véhicules non assurés difficile à imaginer ailleurs en Europe, avec des disparités régionales extrêmes et des records chez les deux-roues. Entre primes élevées et sinistres qui entretiennent la hausse des tarifs, la sortie de crise ressemble à une course d’endurance. Reste à voir si l’automatisation des contrôles et la régularisation accélérée peuvent, enfin, casser la dynamique et remettre un peu de confiance sur la route.
9 millions de véhicules seraient non assurés en Italie, soit 20 % du parc sur 47 millions de véhicules enregistrés.
37 % des véhicules seraient non assurés chez les automobilistes à Naples.
236 331 motos sur 443 831 ne seraient pas assurées dans la région de Naples, soit 53,2 %.

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