
On a tous déjà vécu ce moment bizarre : tu vois une berline immense arriver, tu t’attends à un salon roulant et à un coffre XXL… et au final, tu te retrouves avec un espace à bord juste correct et un coffre qui fait penser à une citadine. Ce décalage est de plus en plus fréquent, surtout à l’heure où les modèles s’électrifient.
Le paradoxe est simple : les voitures grandissent à l’extérieur, mais l’habitacle ne suit pas toujours, et le volume de chargement est souvent le premier sacrifié. En cause, un élément devenu incontournable pour réduire les émissions de CO2 : la batterie, de plus en plus grosse, et pas toujours facile à caser.
Le phénomène ne concerne pas un seul constructeur : l’inflation des centimètres touche tout le monde. Un exemple parlant : l’expérience à bord d’une BMW Série 5 récente, en version diesel (donc sans grosse batterie). Malgré un empattement et une longueur totale impressionnants, la place à bord peut sembler limitée pour certains occupants.
Aux places arrière, derrière le siège passager réglé pour une grande taille, la sensation peut être surprenante : une impression d’espace aux jambes “raccourci” dans une voiture qui dépasse les 5 mètres. Et c’est là que le constat devient frappant : une 520d actuelle est, à peu près, aussi grande qu’une 730d d’hier.
Sur certains modèles, surtout électrifiés, le ratio entre l’encombrement extérieur et l’espace réellement utile (habitacle et coffre) peut donc devenir assez faible.
Les hybrides rechargeables sont souvent les plus touchées, mais elles ne sont pas seules. Exemple marquant : chez Mazda, la grande berline électrique 6e affiche un volume de coffre “de bonne citadine” malgré un format XXL de 4,92 mètres. Son coffre est annoncé à 337 litres.
Autre cas frappant : la BYD Han. Avec 4,99 mètres de long, elle n’offre que 410 litres.
À l’inverse, certaines électriques font mieux : une Audi A6 e-tron, quasiment de la même longueur, revendique 502 litres.
L’électrification n’est pas la seule explication. Les coffres n’ont pas grandi aussi vite que les carrosseries aussi parce qu’il faut composer avec :
- des normes de sécurité liées aux crashs arrière ;
- la nécessité de faire passer davantage de câblages ;
- et, encore une fois, la place prise par les batteries.
Résultat : certains modèles atteignent une situation presque absurde. En version hybride, la nouvelle Mercedes Classe S affiche 345 litres de coffre pour 5,20 mètres de long. Et même la version “longue” de 5,30 mètres ne fait pas mieux. L’explication donnée est directe : une batterie de 21 kWh à loger sous le coffre.
Dans la gamme, une Mercedes Classe S350d (sans grosse batterie) monte à 510 litres de coffre, et 530 litres sur empattement long. C’est déjà plus cohérent pour ce type de gabarit.
En revanche, pour des variantes à prise comme les S450e et S580e, il faut accepter le compromis : partir avec de petites valises, ou envisager un coffre de toit. Ce sera, en quelque sorte, le prix à payer pour éviter au moins le malus CO2, annoncé entre 10 000 et 80 000 € sur les versions thermiques de la nouvelle Classe S.
À mesure que les voitures grossissent, leur espace utile ne suit pas forcément — surtout quand il faut caser batteries, câblages et renforcer la structure. Le coffre devient alors une variable d’ajustement, parfois au point de surprendre sur des berlines pourtant gigantesques.
La suite dépendra d’une question simple : comment intégrer l’énergie à bord sans manger l’espace de vie ? Si ce défi est relevé, les grandes berlines pourraient enfin redevenir aussi pratiques qu’elles en ont l’air.
337 litres.
410 litres.
345 litres, avec une batterie de 21 kWh à loger sous le coffre.

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