
BYD passe à la vitesse supérieure en Europe avec le Shark, son pick-up hybride rechargeable. La marque démarre par le Royaume-Uni, un terrain où le Ford Ranger fait figure de référence — y compris en version rechargeable. Et si le BYD a de sérieux arguments techniques, il traîne aussi un point faible qui compte énormément dans le monde des pick-up : la charge utile.
Le BYD Shark n’est pas une surprise totale : le modèle avait déjà été dévoilé auparavant, mais sans tenter l’aventure européenne. Cette fois, c’est acté : BYD commence la commercialisation en Grande-Bretagne, avec l’idée que d’autres marchés européens suivront.
Sur une arrivée en France, le discours reste prudent : BYD n’exclut pas cette possibilité, mais rien n’est décidé à ce stade.
Ce choix du marché britannique peut aussi s’expliquer par le contexte : l’Europe a déjà renforcé sa position sur certains modèles venus de Chine, et le ton pourrait se durcir également vis-à-vis des hybrides rechargeables chinoises.
Le rival tout désigné du BYD Shark, c’est le Ford Ranger, aujourd’hui présenté comme le seul pick-up de la catégorie disponible en hybride rechargeable. Et sur le papier, BYD arrive avec une proposition très solide.
Le Shark mise sur :
• deux moteurs électriques
• 436 ch
• une batterie de 32,2 kWh
• la possibilité d’alimenter des appareils externes avec 6 kW
• une recharge de batterie pouvant aller jusqu’à 55 kW
Le gabarit est imposant : 5,45 m de long. Sous le capot, on trouve aussi un quatre cylindres 1.5 turbo, dont le rôle principal est de servir de générateur de courant pour la batterie.
Grâce à sa batterie plus grosse, le Shark 6 revendique 90 km d’autonomie en mode électrique, soit presque le double de celle du Ranger. De quoi imaginer un usage très souvent électrique sur les trajets courts, ou lors de sorties hors bitume.
Dans sa communication, BYD met notamment en avant le 0 à 100 km/h — un argument assez étonnant pour un pick-up, où les priorités sont souvent ailleurs. Car le point le plus sensible, lui, se trouve du côté de la charge utile.
Le BYD Shark affiche 2 710 kg à vide. Résultat : il n’annonce “que” 790 kg de charge utile, en comptant les occupants. La grosse batterie n’y est clairement pas étrangère.
En face, un Ford Ranger PHEV se situe près d’une tonne de charge utile. Or, sur ce type de véhicule, les clients — notamment professionnels — surveillent de près la capacité à transporter lourd, autant que le remorquage.
Pour l’instant, il n’y a pas de raison d’attendre le Shark 6 immédiatement sur le marché français. Et si BYD tente le coup, il semble peu probable qu’il soit produit dans la nouvelle usine européenne de la marque.
La raison avancée est simple : le marché du pick-up en Europe reste limité, avec environ 150 000 unités pour un marché total de 17 millions de ventes. Pour des volumes aussi modestes, BYD devrait plutôt continuer à importer depuis la Chine.
Côté fiscalité en France, un point est déjà mentionné : le Shark échapperait au malus CO2, mais ne pourrait pas éviter le malus au poids, puisqu’il s’agit d’un modèle cinq places.
Le BYD Shark débarque en Europe avec une recette séduisante : grosse puissance, grosse batterie, autonomie électrique généreuse et des fonctions pensées pour la vie active. Mais son poids élevé plombe ce que beaucoup attendent d’un pick-up : une charge utile vraiment compétitive. La suite dépendra de l’accueil au Royaume-Uni… et de la stratégie de BYD pour les autres marchés européens. Une chose est sûre : l’électrification des pick-up ne fait que commencer, et la prochaine vague pourrait rebattre toutes les cartes.
436 ch.
32,2 kWh.
790 kg, en comptant les occupants du véhicule.

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