
Depuis le début de l’année, les prix des carburants repartent nettement à la hausse après une courte accalmie avant Noël. Ce répit s’expliquait notamment par des opérations à prix coûtant et par l’anticipation de nouvelles règles. Mais la tendance s’est vite retournée : en quelques semaines, les carburants ont repris plusieurs centimes par litre, effaçant rapidement le répit de fin 2025.
La différence, cette fois, c’est que la hausse ne repose pas seulement sur les variations habituelles (baril, contexte géopolitique). Elle s’appuie aussi sur un facteur appelé à durer, qui installe un nouveau plancher de prix à la pompe.
Une grande partie de la hausse s’explique par l’évolution des certificats d’économies d’énergie (CEE). Leur enveloppe financière a été revue à la hausse, passant de 6 à 8 milliards d’euros, avec un champ d’application élargi, notamment au secteur des transports et au financement de la transition vers les véhicules électriques.
Dans les faits, les fournisseurs d’énergie doivent financer davantage d’actions de sobriété et d’efficacité énergétique. Et ce coût est progressivement répercuté sur les produits qu’ils commercialisent — carburants compris.
Des professionnels du secteur, dont Ufip Énergies et Mobilités, avaient annoncé dès l’automne un impact d’environ 4 à 6 centimes par litre. Depuis janvier, cette hausse annoncée se confirme et devient visible.
Point clé à retenir : ce surcoût s’ajoute aux fluctuations classiques du marché pétrolier, mais ne dépend pas directement de l’évolution du baril. Même si le brut reste relativement contenu, le surcoût lié aux CEE demeure.
Si vous avez fait le plein récemment, l’effet est déjà concret. D’après des données du ministère de l’Économie reprises par Le Figaro, le litre de gazole est autour de 1,67 € en moyenne en France, soit près de dix centimes de plus qu’au début de l’année.
Côté essence, la trajectoire est similaire : le SP95 - E10 repasse au-delà de 1,69 €, le SP95 tourne autour de 1,74 €, et le SP98 flirte de nouveau avec 1,80 € le litre.
Ces niveaux ne sont pas présentés comme un pic exceptionnel, mais comme une nouvelle base. Même avec un marché pétrolier plutôt calme et un baril de Brent autour de 65 dollars, les tarifs restent durablement orientés à la hausse. En clair : le coût des CEE s’installe dans le prix du litre, et il ne disparaît pas rapidement.
La hausse à la pompe ne tient plus seulement aux variations du pétrole : un surcoût structurel lié aux CEE s’ajoute désormais au prix du carburant. Résultat, un nouveau « niveau plancher » s’installe, sur lequel viendront ensuite se greffer les hausses et baisses habituelles.
La suite dépendra des marchés, mais une chose est claire : comprendre ce qui compose le prix à la pompe, c’est déjà reprendre un peu de contrôle sur ce qu’on subit chaque semaine.
Un impact de l’ordre de 4 à 6 centimes par litre.
Environ 1,67 € en moyenne en France.
Autour de 65 dollars.

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