
Polestar ne pourra plus vendre de nouveaux modèles aux États-Unis à partir du millésime 2027. La marque suédoise, contrôlée par le groupe chinois Geely, n’a pas obtenu l’autorisation nécessaire des autorités américaines au titre de la réglementation sur les véhicules connectés. Une décision qui illustre un durcissement majeur : dans l’automobile, le lieu de production ne suffit plus à satisfaire Washington.
Polestar pensait sans doute pouvoir limiter les dégâts aux États-Unis en produisant une partie de ses voitures sur place. Cela ne suffit plus. Le constructeur électrique suédois, contrôlé par le groupe chinois Geely, a annoncé que le département américain du Commerce ne lui avait pas accordé l’autorisation nécessaire pour vendre ses véhicules aux États-Unis à partir du millésime 2027.
La décision ne concerne pas les voitures déjà présentes sur le marché américain. Polestar indique qu’il pourra continuer à écouler les stocks existants de Polestar 3 et Polestar 4, tout en maintenant l’accès à son réseau après-vente. Mais pour les nouveaux modèles à venir, le signal envoyé par Washington est beaucoup plus sévère.
Cette fois, l’enjeu ne porte pas directement sur les droits de douane ni sur le pays d’assemblage. La décision américaine s’appuie sur la Connected Vehicle Rule, une réglementation qui vise les véhicules connectés et les technologies embarquées jugées sensibles lorsqu’elles sont liées à la Chine. Rien à voir avec le litige sur le logo qui avait privé temporairement la France de Polestar durant plusieurs mois.
Le cas Polestar est particulièrement parlant. En effet, la Polestar 3 est assemblée aux États-Unis, mais cela ne suffit plus à lever les inquiétudes des autorités américaines. Washington regarde désormais au-delà de l’usine : logiciels, modules de communication, systèmes connectés et origine des technologies deviennent des critères aussi importants que le lieu de fabrication.
Face à cette décision, Polestar met en avant une stratégie qui sera de plus en plus tournée vers l’Europe. La marque affirme que le continent représente aujourd’hui près de 80 % de ses ventes au détail, tandis que 94 % de ses volumes du premier trimestre 2026 ont été réalisés hors des États-Unis.
Le constructeur prévoit aussi de produire son futur SUV compact Polestar 7 en Europe. Un choix industriel qui s’inscrit dans une logique de régionalisation croissante du marché automobile. Les constructeurs ne cherchent plus seulement à vendre partout les mêmes voitures : ils doivent désormais adapter leur production, leurs fournisseurs et parfois leurs technologies aux exigences politiques de chaque zone.
Jusqu’ici, les constructeurs chinois ou liés à la Chine pouvaient encore espérer contourner une partie des barrières commerciales en localisant leur production. La décision américaine montre que cette stratégie atteint ses limites. Une voiture assemblée aux États-Unis peut rester problématique si ses logiciels, ses composants connectés ou son écosystème technologique sont jugés trop proches de la Chine.
Pour Polestar, le marché américain pesait déjà peu dans les ventes mondiales. Mais l’enjeu dépasse largement la marque suédoise. À travers elle, les États-Unis sont en train de déplacer le débat automobile : il ne s’agit plus seulement de savoir où une voiture est fabriquée, mais aussi qui contrôle les données, les logiciels et les technologies qu’elle embarque.
Avec Polestar, Washington montre que, dans l’auto moderne, l’assemblage local ne suffit plus si l’écosystème numérique et les technologies connectées soulèvent des inquiétudes. La suite se jouera autant dans les usines que dans les logiciels — et c’est là que se dessinera l’avenir de l’industrie.
Polestar ne pourra plus vendre de nouveaux modèles aux États-Unis à partir du millésime 2027.
Le département américain du Commerce n’a pas accordé l’autorisation nécessaire à Polestar.
Polestar pourra continuer à écouler les stocks existants de Polestar 3 et Polestar 4 aux États-Unis.

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile
