
Éteindre une voiture électrique qui surchauffe, ce n’est pas juste “arroser et basta”. Aux Pays-Bas, près d’Amsterdam, des pompiers se sont retrouvés face à une situation aussi rare que révélatrice : une Volkswagen ID.3 en plein emballement thermique… et un assureur à appeler avant de trancher sur la manœuvre à suivre.
Quand une batterie lithium-ion part en emballement thermique, le scénario ne ressemble pas à celui d’un feu “classique”. Même avec beaucoup d’eau ou de mousse, on ne stoppe pas forcément la réaction en chaîne à l’intérieur de la batterie. La méthode la plus efficace, c’est l’immersion totale du véhicule dans un bac d’eau pour calmer la réaction.
Problème : une cuve de ce type n’est pas toujours disponible immédiatement à proximité. Et, dans l’histoire qui suit, une autre contrainte s’est ajoutée : la question de l’indemnisation.
Alors qu’il circule, le conducteur d’une Volkswagen ID.3 voit s’afficher un message d’urgence au tableau de bord. Il a juste le temps de sortir du véhicule quand de la fumée commence à s’échapper du soubassement : l’emballement thermique a commencé.
À l’arrivée des pompiers, la batterie n’a pas encore pris feu, mais sa température est déjà mesurée à 150 °C. L’embrasement est considéré comme imminent.
Face au risque, les pompiers prennent contact avec la société de leasing propriétaire du véhicule, ainsi qu’avec l’assureur, pour valider la marche à suivre.
C’est là que le casse-tête démarre : l’assureur explique que si le véhicule est immergé (la procédure standard quand une voiture électrique est sur le point de brûler), il sera automatiquement déclaré en « perte totale ».
Et comme, à ce moment-là, le feu n’a pas encore démarré, l’assureur demande aux pompiers s’il existe une alternative permettant d’éviter cette issue radicale.
Pour ne pas se retrouver piégés si l’incendie démarre, les pompiers décident de faire venir une cuve de confinement et d’y placer l’ID.3, sans la remplir d’eau dans un premier temps, histoire d’observer l’évolution de la situation.
Mais avant même la fin de la manœuvre, la batterie s’embrase. À ce stade, plus de débat possible : les pompiers immergent totalement le véhicule. Résultat : la voiture devient économiquement irréparable.
Cette situation reste heureusement rare. Les incendies de véhicules électriques sont décrits comme statistiquement proportionnellement équivalents, voire moins fréquents, que ceux des modèles thermiques. Mais l’épisode illustre très concrètement les défis techniques et logistiques posés par ces feux particuliers.
Ces difficultés pèsent encore plus dans des pays comme les Pays-Bas, où le parc électrique grandit vite. Et, en parallèle, les villes accélèrent aussi sur les solutions du quotidien : à Amsterdam, de nouveaux caniveaux spécifiques sont installés pour permettre à des automobilistes sans borne privée de faire passer leur câble de recharge à travers la rue sans gêner la circulation.
Entre procédures d’urgence, matériel spécialisé et décisions à prendre en quelques minutes, l’intervention sur une voiture électrique en surchauffe demande une préparation de plus en plus carrée. Avec l’essor du parc électrique, ce type de dilemme pourrait devenir un vrai sujet de coordination… et pousser les villes et les services de secours à s’adapter encore plus vite.
150 °C.
L’immersion totale du véhicule dans un bac d’eau.
Que le véhicule serait automatiquement déclaré en « perte totale ».

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