
Le haut de gamme Peugeot traverse une période compliquée : la 508 a tiré sa révérence discrètement, et la 408, même passée par un restylage, peine à convaincre. Résultat : le “premium à la française” version lion cherche un nouveau souffle. Et la piste la plus sérieuse ne viendrait pas d’Europe, mais… de Chine.
Peugeot a surpris en revenant sur le devant de la scène en Chine, avec deux études de style présentées au salon automobile de Pékin : Concept 6 et Concept 8. Sur place, il ne s’agissait pas de véhicules roulants, mais de maquettes. L’idée est pourtant claire : ces deux propositions préfigurent des modèles de série destinés à être produits en Chine, pour la Chine, tout en visant aussi l’exportation vers des marchés internationaux, dans le cadre du plan de croissance mondiale de la marque.
Le Concept 6 incarne un break de chasse au gabarit d’une grande routière. L’ambition affichée : viser des références comme les Audi A6 Avant et consorts. Ce modèle devrait passer en série sous le nom de Peugeot 608, avec une promesse implicite : reprendre l’héritage d’une 508 SW, mais en essayant de viser plus haut.
Le Concept 8, lui, pose les bases d’un SUV chic qui endosserait le rôle de vaisseau amiral, sous l’appellation Peugeot 8008. Peugeot indique que ces futurs modèles seraient produits en Chine, sur le site industriel de Wuhan, pour le marché chinois, mais aussi pour l’export.
Un grand SUV haut de gamme signé d’une marque française, présenté en Asie d’abord pour ce marché : difficile de ne pas penser à un cas récent. Le Renault Filante, dévoilé en Corée du Sud, s’inscrit dans la même logique. Renault a vu grand avec un format de 4,92 m de long, ce qui laisse peu d’espoir de le voir débarquer chez nous. Côté Concept 8, Peugeot reste pour l’instant très discret : aucune taille annoncée, aucune techno détaillée.
En revanche, un élément ressort : selon des informations rapportées dans le texte, la base technique des deux véhicules serait fournie par le partenaire local Dongfeng.
Le Concept 8 réveille aussi un souvenir côté Peugeot : le prototype SxC, présenté au salon de Shanghai. À l’époque, Peugeot mettait déjà en avant un grand SUV, long de 4,87 m, positionné entre un BMW X3 (4,75 m) et un BMW X5 (4,93 m). Le SxC faisait la vitrine de la technologie Hybrid4 : 313 ch de puissance cumulée, quatre roues motrices, et 12,5 km d’autonomie en mode électrique.
Ce prototype avait été dessiné localement au centre de style Peugeot de Shanghai, et son nom jouait sur plusieurs lectures (“Shanghai Cross Concept”, et aussi “sexy” prononcé à l’anglaise). Malgré un contexte qui semblait favorable — marché en forte croissance, attrait local pour les marques françaises — l’initiative est restée sans suite.
Le contexte a changé, et pas forcément en faveur des marques occidentales. Le marché automobile chinois devient de plus en plus difficile pour les marques étrangères. Même des spécialistes du premium comme Mercedes-Benz et Porsche y sont en difficulté et y perdent du terrain. Malgré ça, Peugeot veut relancer la machine.
Pour y arriver, la marque compte sur Dongfeng, son allié historique. Mais le texte souligne un point sensible : les bases techniques de Dongfeng seraient moins affûtées que celles de Leapmotor (appartenant au groupe Stellantis), qui dispose déjà notamment d’une technologie 800 V devenue indispensable pour les véhicules électriques.
Le texte apporte des chiffres qui donnent un peu de vertige. En Chine (son seul marché), Dongfeng, via ses sous-labels (Aeolus, Forthing, Fengguang, etc.), ne pèserait pas lourd : 116 000 véhicules vendus en 2025, ce qui le placerait au 40e rang du marché.
À l’inverse, Leapmotor, fondé en 2019, aurait diffusé 597 000 véhicules dans le monde l’an dernier, en écoulant 80% de sa production en Chine. De quoi alimenter la question : Peugeot a-t-il choisi le bon partenaire ?
Le partenariat ne serait pas à sens unique. Dongfeng fournirait à Peugeot des bases techniques et l’outil industriel de Wuhan pour produire les 608 et 8008. Mais en échange, le constructeur chinois voudrait un retour sur investissement important.
D’après les éléments rapportés dans le texte, Dongfeng pourrait bénéficier d’usines européennes de Stellantis, notamment le site historique Citroën de Rennes, aujourd’hui sous-employé avec l’assemblage du seul C5 Aircross. L’idée serait de produire sur le Vieux Continent des modèles Dongfeng, ce qui permettrait d’éviter des taxes. Une perspective qui soulève une question lourde : ce deal pourrait-il ouvrir une boîte de Pandore ?
Avec les futurs 608 et 8008, Peugeot tente un retour ambitieux sur le haut de gamme en s’appuyant sur la Chine et sur Dongfeng. Le plan promet du volume, un outil industriel, et une stratégie export, mais il arrive dans un marché devenu ultra-dur, avec des choix technologiques et industriels qui font débat. Reste à voir si ce “grand retour” sera un vrai renouveau… ou le début d’un nouveau chapitre aux conséquences inattendues.
Ils sont annoncés comme étant produits en Chine, sur le site industriel de Wuhan.
Il annonçait 313 ch de puissance cumulée et 12,5 km d’autonomie en mode électrique.
Dongfeng est crédité de 116 000 véhicules vendus en 2025, et Leapmotor de 597 000 véhicules diffusés dans le monde l’an dernier.

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