
Mercedes fait le dos rond après des résultats financiers marqués par une dégradation des marges et une baisse du chiffre d’affaires. Le groupe ne voit pas de sortie de crise immédiate, mais mise sur un possible rebond à partir de l’an prochain. Dans le viseur : 2026, présentée comme une année de stabilisation et de remise au carré des coûts.
Dans la continuité d’une dynamique déjà négative, le constructeur traverse une période de turbulences qui touche aussi les marques de luxe historiques. Rentabilité en baisse, tensions géopolitiques coûteuses et concurrence chinoise agressive : le groupe dirigé par Ola Källenius doit revoir ses ambitions. Le PDG avait d’ailleurs déjà indiqué par le passé qu’il ne voyait pas de sortie de crise avant 2027.
Le fait marquant de l’exercice : le bénéfice d’exploitation de Mercedes-Benz a été divisé par deux en un an, pour tomber à 5,8 milliards d’euros en 2025.
Plusieurs éléments pèsent sur la performance. Les tarifs douaniers, dans un contexte de guerre commerciale, auraient coûté environ un milliard d’euros au groupe sur l’année. La marge opérationnelle de la division automobile est descendue à 5 % en 2025. Et l’horizon immédiat n’est pas plus rassurant : pour 2026, Mercedes vise une marge entre 3 % et 5 %.
Conséquence directe côté actionnaires : le groupe a proposé un dividende de 3,50 €, contre 4,30 € l’année précédente.
C’est le point noir majeur du bilan. En Chine, premier marché mondial, les livraisons de Mercedes ont chuté de près de 20 % en un an. Les constructeurs européens, historiquement dominants sur le luxe, se heurtent désormais à une concurrence locale qui monte en gamme à grande vitesse.
La demande pour les véhicules haut de gamme reste molle, mais l’offensive des marques chinoises fait particulièrement mal. BYD ou Xiaomi, par exemple, ne se limitent plus à l’entrée de gamme : ils ciblent aussi les clients aisés avec des modèles électriques très technologiques, riches en fonctionnalités logicielles, et proposés à des prix plus compétitifs.
Résultat : Mercedes se retrouve poussé à une cure d’austérité sur les coûts de production et les matériaux en Chine pour rester dans la course. Et le constructeur n’est pas un cas isolé : Porsche et BMW suivent une trajectoire similaire, même si l’impact serait moindre pour BMW.
Face à la baisse de la demande, Mercedes-Benz annonce une réduction de plus de 10 % de sa capacité de production mondiale, pour la ramener à 2,2 millions d’unités.
Cette restructuration redessine la carte industrielle du groupe. En Allemagne, des accords syndicaux protègent l’emploi jusqu’en 2035, ce qui empêche les fermetures d’usines. Mercedes mise donc sur le non-remplacement des départs à la retraite (attrition naturelle). En parallèle, la production est délocalisée : le GLB, par exemple, quitte le Mexique pour la Hongrie, présentée comme l’usine la moins coûteuse du réseau européen. Et ce site pourrait même récupérer des modèles plus prestigieux.
Depuis son arrivée, Ola Källenius a imposé une ligne claire : monter encore en gamme, privilégier les marges plutôt que les volumes, et s’éloigner progressivement des modèles d’entrée de gamme comme la Classe A. Cette approche a bien augmenté le revenu moyen par véhicule, mais elle rend aussi Mercedes plus exposé quand la demande mondiale pour les voitures d’exception ralentit — particulièrement sur l’électrique.
Les ventes de modèles “Top-End Luxury” devraient encore reculer en 2026, au point de ne plus représenter que 14 à 15 % des ventes totales. Et retournement notable : Mercedes hésite finalement à abandonner la Classe A, qui devrait se réinventer d’ici deux ans en Europe.
Pour l’année à venir, le groupe met en avant une “discipline de fer”. L’objectif affiché par Ola Källenius est de retrouver, à terme, une marge entre 8 % et 10 %, grâce à une réduction très stricte des coûts fixes et variables. Mais Mercedes en est loin aujourd’hui, et le ciel reste chargé.
Avec un chiffre d’affaires 2025 stagnant à 132 milliards d’euros et une rentabilité susceptible de continuer à s’effriter, 2026 est présentée comme un test majeur. Dans ce contexte, la direction semble choisir la franchise sur l’état des lieux — au risque de voir les investisseurs sanctionner le titre en Bourse. Les dividendes distribués sont déjà nettement revus à la baisse.
Au fond, l’équation est délicate : Mercedes doit réussir sa transition électrique, continuer à séduire les acheteurs chinois, tout en préservant ses racines industrielles allemandes.
Entre la pression sur les marges, le décrochage en Chine et une réorganisation industrielle lourde, Mercedes joue gros. Si 2026 doit vraiment être l’année de la stabilisation, elle dira surtout si le groupe sait se réinventer sans perdre ce qui fait son identité — et si le rebond attendu peut enfin se matérialiser.
Le bénéfice d’exploitation de Mercedes-Benz est tombé à 5,8 milliards d’euros en 2025, après avoir été divisé par deux en un an.
La marge opérationnelle de la division automobile de Mercedes est tombée à 5 % en 2025.
En Chine, les livraisons de Mercedes ont chuté de près de 20 % en un an.

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