
Les voitures électriques savent souvent mettre une claque aux modèles thermiques en accélération. Mais sur circuit, elles se heurtent régulièrement au même mur : le poids, souvent au-delà des deux tonnes. La McMurtry Spéilrling Pure casse ce cliché. Petite, radicale, et surtout dotée d’un appui aérodynamique hors norme, elle a déjà empilé les performances marquantes en prototype. Et après près de dix ans de développement, elle se prépare enfin à entrer en production, avec des livraisons attendues dès cet automne.
Avant même d’être commercialisée, la Spéilrling Pure s’est déjà offert une réputation de « truc impossible ». À Goodwood, en 2022, elle a marqué les esprits en signant le record de la célèbre course de côte, toutes catégories confondues. Et en 2025, un prototype a aussi décroché le meilleur temps sur la piste de l’émission Top Gear, devant une Formule 1 Renault de 2004.
Son arme secrète, ce sont ses ventilateurs arrière, capables de la « plaquer » au sol. Résultat : elle est même devenue la première voiture capable de rester à l’envers, à l’arrêt. La version de production, tout juste révélée, conserve ce principe avec un dispositif annoncé encore amélioré, capable d’offrir jusqu’à 2 000 kg d’appui aérodynamique dès 0 km/h.
Pour situer l’ordre de grandeur : une voiture très affûtée comme une Porsche 911 GT3 RS équipée du kit Manthey dépasse tout juste une tonne d’appui à 285 km/h. Avec en plus un nouvel aileron arrière au style retravaillé, la petite hypercar de McMurtry viserait jusqu’à 3 G en virage et autant au freinage. Sur le papier, c’est le genre de chiffres qui peut secouer même un pilote expérimenté.
La Spéilrling Pure reste pensée pour la piste, mais elle a beaucoup évolué en vue de sa commercialisation. Son empattement passe de 2 à 2,2 m afin de loger une batterie plus grande. La capacité grimpe ainsi à 100 kWh, contre 60 kWh auparavant. McMurtry précise aussi que cette batterie a été conçue pour accepter de futures évolutions, au fil des progrès technologiques.
Côté mécanique, les deux moteurs électriques sont nouveaux, avec un couple en hausse. La puissance annoncée atteint 1 000 bhp (environ 1 014 ch DIN), soit quasiment autant qu’une Tesla Model S Plaid.
Malgré une masse en hausse de 300 kg par rapport au prototype, la McMurtry reste étonnamment légère pour une électrique : 1 350 kg annoncés, quand beaucoup d’autres dépassent les deux tonnes. Et ça se traduit par des chiffres d’accélération très agressifs : le 0 à 60 mph (96 km/h) serait expédié en 1,55 s.
Autre point notable : cette performance est annoncée sans transmission intégrale. Les deux moteurs sont installés sur le train arrière. En revanche, le refroidissement de ces composants a migré vers l’avant. L’objectif affiché : réduire la consommation électrique tout en optimisant encore l’aérodynamique.
Le châssis évolue aussi, notamment avec une assistance de direction qui abandonne l’électrique au profit de l’hydraulique, pour un meilleur ressenti.
La croissance ne s’arrête pas à l’empattement : la voiture devient aussi 14 % plus large et 11 % plus longue. Elle reçoit une nouvelle coque en fibre de carbone, censée respecter les standards du sport automobile mondial, tout en offrant davantage de place et un accès facilité.
Malgré tout, McMurtry tient à conserver des dimensions proches d’une citadine plutôt que celles d’une supercar « classique ». Avec 3,81 m de long, elle reste très compacte.
La version de production ajoute des éléments très concrets : phares, clignotants, feux de détresse, et même un coffre. De quoi se dire qu’il ne manquerait « pas grand-chose » pour la route. D’autant que, dans son pays natal, certains véhicules très extrêmes peuvent être immatriculés sans trop de difficulté.
Mais ici, l’objectif de ces ajouts est surtout de simplifier la vie lors des journées piste. McMurtry précise anticiper des temps au tour proches de ceux du prototype, malgré le poids en hausse. La marque indique aussi que la voiture pourrait être engagée dans certaines compétitions, comme le Global Time Attack aux États-Unis ou l’European Time Attack Masters au Nürburgring. Et à la manière de certains programmes très exclusifs, une liste d’événements spéciaux est déjà prévue pour les futurs clients.
Reste l’addition : il faudra dépasser 1,15 million d’euros hors taxes pour s’offrir ce véhicule à l’usage très restreint, et au blason encore peu connu. En contrepartie, cette petite « Formule 1 carrossée » promet une utilisation plus simple qu’une ancienne monoplace thermique : pas besoin d’une armée d’ingénieurs pour la démarrer. Et même si elle n’offrira pas les mêmes frissons sonores qu’un ancien V10 ou V12, l’électrique mise ici sur l’efficacité brute et la facilité d’exploitation.
La McMurtry Spéilrling Pure n’essaie pas d’être une supercar de plus : elle veut réécrire les règles du jeu sur piste, en misant sur la légèreté relative et un appui aérodynamique presque surréaliste dès l’arrêt. Si cette approche ouvre la voie à d’autres machines extrêmes, on pourrait bien assister à une nouvelle ère où l’aérodynamique « active » devient la vraie star des chronos.
1 000 bhp (environ 1 014 ch DIN).
100 kWh, au lieu de 60 kWh auparavant.
1,55 s.

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