
La Cour des comptes européenne tire la sonnette d’alarme : la dépendance de l’Union européenne aux importations de matières premières critiques est jugée « grave ». En clair, ce niveau de dépendance peut mettre sous pression la transition énergétique, la compétitivité industrielle et l’autonomie stratégique du continent. Malgré des plans lancés et des objectifs affichés à l’horizon 2030, l’audit piloté par Keit Pentus-Rosimannus estime que les résultats restent encore trop faibles, avec une dépendance persistante à quelques fournisseurs clés — en particulier la Chine.
L’approvisionnement en matières premières critiques depuis l’étranger… est lui-même devenu critique. La Cour des comptes européenne estime cette dépendance « grave » et rappelle que ces importations empêchent notamment l’Union européenne d’atteindre ses objectifs énergétiques et climatiques.
Keit Pentus-Rosimannus, membre de la Cour des comptes européenne, a présenté un audit entièrement dédié à cette dépendance des pays de l’UE.
Le constat est frontal : « La situation est grave, tant nous dépendons aujourd'hui d'une poignée de pays tiers pour l'approvisionnement de ces matières. » Et l’enjeu dépasse largement une simple question d’achats à l’international. La formule résume tout : « sans matières premières critiques, pas de transition énergétique, pas de compétitivité, pas d'autonomie stratégique ».
On parle ici de ressources qui se cachent derrière beaucoup d’objets et d’infrastructures de la vie moderne : lithium et nickel pour les batteries de véhicules électriques, cuivre pour les installations électriques, terres rares pour certaines technologies comme les éoliennes en mer. La Cour rappelle que la transition vers les énergies renouvelables dépend fortement d’équipements techniques qui nécessitent tous des matières premières critiques.
Malgré la prise de conscience et les initiatives récentes, l’audit estime que l’Union européenne aura bien « du mal à sécuriser, d'ici la fin de la décennie, l'approvisionnement en matières premières stratégiques ». En cause : des efforts qui « n'ont pas encore produits de résultats tangibles ».
Pour réduire une dépendance jugée particulièrement forte — notamment vis-à-vis de la Chine — l’Union européenne comptait s’appuyer sur le recyclage de matières premières stratégiques. Mais l’audit prévient : « les perspectives ne sont pas encourageantes ».
Dans le détail, 7 des 26 matériaux nécessaires à la transition énergétique affichent des taux de recyclage compris entre 1% et 5%, tandis que 10 autres ne sont pas recyclés du tout.
Autre levier : extraire ces matériaux en Europe. Sauf que, d’après le rapport, les projets d’extraction en sont encore à leurs balbutiements et pourraient prendre des décennies avant d’être véritablement opérationnels.
Et même quand la matière existe, encore faut-il pouvoir la transformer : la capacité de transformation des matières critiques est décrite comme « quasiment à l'arrêt » sur le sol européen, « notamment en raison des coûts élevés de l'énergie ».
Le message final est clair : cette situation « nous rend vulnérables et discrédite notre objectif d'être une puissance géopolitique forte et indépendante », surtout si un partenaire commercial décide d’instrumentaliser la dépendance européenne à ces matériaux.
La dépendance de l’Europe aux matières premières critiques n’est plus un sujet lointain : c’est un point de fragilité immédiat pour l’énergie, l’industrie et la souveraineté. Entre recyclage insuffisant, extraction lente et transformation au point mort, l’équation reste difficile — mais c’est aussi un signal fort : les choix faits maintenant pèseront sur la capacité du continent à maîtriser son avenir.
La Cour des comptes européenne estime que cette dépendance est « grave » car ces importations empêchent notamment l’UE d’atteindre ses objectifs énergétiques et climatiques, et menacent la transition énergétique, la compétitivité et l’autonomie stratégique.
7 des 26 matériaux nécessaires à la transition énergétique présentent des taux de recyclage compris entre 1% et 5%, et 10 autres ne sont pas recyclés du tout.
La capacité de transformation des matières critiques est décrite comme « quasiment à l'arrêt » sur le sol européen, notamment en raison des coûts élevés de l’énergie.

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile
