
Le malus automobile (CO2 et au poids) a rapporté très gros : d’après Mobilians, il aurait généré environ 848 millions d’euros de recettes. Une somme record, portée par un barème plus sévère et un marché où les électriques n’absorbent plus autant la hausse qu’avant.
Le chiffre exact pourrait être légèrement corrigé : l’estimation s’appuie sur le fichier des immatriculations neuves, et ne prend probablement pas en compte certains abattements (familiaux, handicap). Mais même avec ces ajustements, la tendance reste claire : le malus est devenu une manne pour l’État, au point que certains le décrivent comme un impôt déguisé.
Pour situer l’ampleur de la hausse : les recettes étaient de 644 millions en 2023, puis 635 millions en 2024. En 2024, une montée en puissance des voitures électriques avait limité la progression. Mais un élément a changé la donne : l’introduction du malus au poids, notamment appliqué aux hybrides rechargeables.
Et ça tombe sur un segment où certains constructeurs sont très exposés : les hybrides rechargeables, dont les marques allemandes sont particulièrement dépendantes.
La dynamique s’explique par deux phénomènes qui se sont additionnés : une stabilisation des parts de marché des voitures électriques et, en parallèle, un durcissement net du barème du malus. Résultat, la courbe des recettes prend une allure quasi exponentielle.
En moyenne, le malus a coûté 1082 € par véhicule neuf immatriculé et concerné. C’est la première fois que la barre des 1000 € est franchie. À titre de comparaison, la moyenne était de 787 € en 2024.
Autre évolution : de plus en plus de voitures neuves sont touchées, même si le montant varie. Le malus concernait 47 % des immatriculations neuves en 2024, contre 48 % en 2025. Dans le même temps, la valeur absolue des immatriculations baisse, ce qui s’explique par un marché français globalement en recul.
Sans surprise, les constructeurs allemands récupèrent la plus grosse part de “l’addition”. Mercedes arrive en tête et représenterait à elle seule 17 % des recettes du malus, devant BMW (11,8 %), Volkswagen (8,8 %) et Audi (8,8 %).
Si BMW est plus loin derrière Mercedes, l’explication avancée est simple : BMW a mieux tiré son épingle du jeu côté électrique avec son SUV iX1, tandis que Mercedes a eu plus de difficultés avec ses modèles électriques.
Porsche suit avec 5,6 % du total. Côté français, la première marque citée est Citroën : 4,7 % des recettes, pour un montant de 39,8 millions d’euros. Renault et Dacia sont mentionnés à 3,8 % et 2,9 %.
Certains résultats étonnent un peu, mais le constat général est limpide : les voitures premium, et particulièrement allemandes, dominent.
Le modèle qui arrive en tête est la Porsche 911. Le texte souligne qu’elle reste très recherchée sur le marché de l’occasion et conserve une certaine cote en neuf, malgré des tarifs devenus élitistes avant même l’application du malus. Et si l’on additionne TVA et taxes liées à la mise à la route, la Porsche 911 est décrite comme une véritable “poule aux œufs d’or” pour les recettes fiscales.
Le classement cité met ensuite en avant plusieurs SUV et compactes très vendus, avec des montants cumulés importants. On y retrouve notamment : BMW X3 (5635 ventes ; 26,87 M€), Mercedes GLC (3327 ; 24,36 M€), Mercedes GLA (10977 ; 21,91 M€), Volkswagen Tiguan (15297 ; 20,23 M€), Mercedes GLC Coupé (2383 ; 19,30 M€) et Citroën C5 Aircross (20506 ; 19,03 M€). D’autres modèles sont aussi mentionnés dans ce palmarès, comme le Volkswagen T-Roc, l’Audi A5, la BYD Seal U, la Dacia Sandero, la Mini Hatch et la Volvo XC40, avec des montants cumulés allant jusqu’à 11,77 M€ pour la Volvo XC40.
Avec près de 848 millions d’euros estimés et un malus moyen de 1082 €, le signal est net : la fiscalité auto se durcit et pèse de plus en plus sur une grande partie des achats neufs. Reste à voir comment les constructeurs et les automobilistes s’adapteront à la prochaine étape de cette transformation, entre électrification, choix de motorisations et arbitrages budgétaires.
Environ 848 millions d’euros.
1082 € par véhicule neuf immatriculé et concerné par un malus.
Mercedes représente 17 % des recettes du malus.

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