
Lotus, la marque britannique passée sous pavillon Geely, change clairement de stratégie : au lieu de viser une gamme 100 % électrique avant la fin de la décennie, elle prépare désormais le lancement d’une nouvelle sportive en 2028, équipée d’un moteur V8 hybride. Objectif : rester compatible avec le cadre réglementaire européen tout en répondant aux attentes du marché.
Ce projet, codé Type 135, marque un retour assumé aux fondamentaux de Lotus : des voitures de sport légères, à moteur central, pensées d’abord pour le plaisir de conduite.
Pendant plusieurs années, l’avenir de Lotus semblait tracé : sous l’impulsion de Geely, la marque d’Hethel devait devenir exclusivement électrique à l’horizon 2028. L’Emira avait même été présentée comme la dernière Lotus thermique. Sauf que le marché des sportives de prestige a rebattu les cartes.
Résultat : Lotus dit ne pas renier l’électrification, mais veut désormais une trajectoire plus souple. Dans l’immédiat, la marque vise environ 60 % de ventes en hybrides rechargeables et 40 % en électriques à batterie, tout en continuant à proposer des modèles thermiques selon les besoins du marché.
Le discours est celui d’une approche « agile » entre 100 % électrique, PHEV et hybridation classique, avec une transition vers le tout électrique guidée par la demande client et les contraintes réglementaires. Et Lotus n’est pas la seule à ajuster son plan : d’autres marques ont aussi revu leurs ambitions électriques face à un ralentissement de la demande sur certains marchés, notamment dans la catégorie des voitures dites “émotionnelles”.
Chez Lotus, la question est devenue centrale : comment préserver l’ADN historique dans un monde en pleine mutation ? La réponse prend la forme d’une supercar hybride à moteur V8, attendue en 2028, et positionnée au-dessus de l’Emira.
Lotus insiste sur un point : ce sera une voiture entièrement nouvelle, pas une simple évolution du coupé actuel.
La marque a déjà lâché un premier aperçu de l’arrière, et il suffit à dégager plusieurs certitudes : moteur central, silhouette très basse, signature lumineuse minimaliste (deux barres LED de chaque côté), et deux sorties d’échappement placées au-dessus du diffuseur.
Le dessin évoque fortement la Theory 1, un concept dévoilé en 2024 puis remis en avant lors d’un événement lié aux 50 ans de l’Esprit S1. Lotus ne l’affirme pas noir sur blanc, mais la filiation paraît très probable : ce qui ressemblait à un exercice de style pourrait bien avoir servi de base à un futur modèle de route.
Et difficile de ne pas penser à l’Esprit : le retour d’un grand coupé Lotus à moteur V8 renvoie directement au dernier modèle de la marque à avoir reçu un V8, avant la fin de production en 2004. Lotus parle pour l’instant d’une « nouvelle supercar », mais les indices s’accumulent.
À l’époque de la Theory 1, l’idée était aussi de viser une supercar “accessible” à l’échelle Lotus, plutôt qu’un engin extrême façon hypercar. Autre détail intéressant : lors de la présentation du concept, la marque indiquait que 85 % de la technologie visible était jugée prête pour la production.
Lotus reste discret sur la mécanique exacte, mais un candidat paraît logique : le V8 AMG 4.0 biturbo. Ce bloc équipe déjà plusieurs Aston Martin, et ce n’est pas anodin : Geely détient des participations importantes à la fois dans Aston Martin et Mercedes-Benz.
Lotus a d’ailleurs déjà recours à Mercedes-AMG : l’Emira utilise un quatre-cylindres turbo AMG, et AMG travaille actuellement sur une évolution de son V8. Dans son communiqué, la marque annonce une puissance supérieure à 1 000 ch et précise que la supercar sera fabriquée en Europe.
Au-delà du moteur, le message est clair : Lotus veut remettre la performance, le plaisir de conduite et l’ingénierie pure au cœur du projet, plutôt que de se limiter à la démonstration technologique.
Le CEO de Lotus, Qingfeng Feng, met en avant un retour à « l’esprit rebelle » cher à Colin Chapman. Autrement dit : moins de promesses abstraites, plus de sensations, et une voiture qui assume son caractère.
Avec le Type 135, Lotus semble chercher le bon équilibre entre contraintes modernes et héritage sportif : une supercar V8 hybride, un style qui rappelle la Theory 1 et une ombre d’Esprit qui plane dans les lignes. Si la marque tient ses promesses — plus de 1 000 ch, moteur central, fabrication européenne — le retour de flamme pourrait être spectaculaire.
Et si l’avenir des voitures “plaisir” passait justement par ces choix hybrides, capables de garder l’émotion sans ignorer le monde qui change ?
La supercar hybride à moteur V8 codée Type 135 est annoncée pour un lancement en 2028.
Lotus annonce une puissance supérieure à 1 000 ch.
Lotus précise que sa supercar sera fabriquée en Europe.

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile
