
La filière automobile française encaisse un nouveau choc. Lisi Automotive annonce la fermeture de son usine de Puiseux-Pontoise, dans le Val-d’Oise. Sur 153 salariés en CDI, 135 postes sont supprimés. Seuls 18 salariés, des commerciaux, doivent être transférés vers une autre usine du groupe à Saint-Ouen, à une dizaine de kilomètres, selon les explications de Vincent Quinaux, directeur général de Business Group Solutions Clippées, la branche qui chapeaute l’usine.
Le site de Puiseux-Pontoise produisait des fixations en plastique et en métal pour l’industrie automobile, avec des clients comme Renault, Stellantis ou Mercedes. Mais, d’après la direction, les coûts n’étaient plus tenables : l’usine « perdait plusieurs millions d’euros par an depuis 2020 car il n’était pas compétitif ».
Le différentiel de prix avec la concurrence venue de Turquie, d’Inde et de Chine aurait atteint 20 à 25%. Dans un contexte où toute la chaîne est poussée à réduire les coûts, l’écart devient difficile à absorber.
Vincent Quinaux résume la mécanique : le marché automobile européen est durablement impacté, et sous pression, les constructeurs font pression à leur tour pour faire baisser les prix sur l’ensemble de la chaîne de production. « Donc soit on baisse nos prix, soit on perd des marchés », a-t-il commenté.
Dans le même mouvement, Lisi envisage aussi une activité de négoce : acheter des pièces en Asie pour les revendre en Europe.
Lisi, groupe français reconnu dans la visserie-boulonnerie pour l’automobile et l’aviation et coté en Bourse, indique que la production des pièces auparavant fabriquées à Puiseux-Pontoise serait réalisée à l’étranger à l’avenir, en Allemagne et au Maroc.
Côté salariés, la fermeture a déclenché une grève, au moins jusqu’au début des négociations prévues dans la semaine. Le groupe indique qu’il proposera des reclassements internes sur d’autres sites, notamment dans la branche aérospatiale. Problème : les sites concernés se trouvent vers Bordeaux, Toulouse et Bar-sur-Aube, ce qui implique, pour beaucoup, un éloignement important.
Cette fermeture s’inscrit dans un climat plus large de fragilité industrielle. Une étude réalisée pour l’association européenne des équipementiers (CLEPA) par le cabinet Roland Berger avertit que, si l’Union européenne ne protège pas le secteur de la concurrence internationale, celui-ci pourrait perdre 23% de valeur ajoutée d’ici à 2030, et 300 000 à 350 000 emplois, sur un total de 1,8 million. L’étude met en avant un écart de coût de 25% à 30% face notamment à la Chine.
La fermeture de Puiseux-Pontoise montre à quel point la bataille des coûts s’est durcie dans l’automobile : entre concurrence mondiale, pression sur les prix et arbitrages industriels, ce sont des territoires entiers qui se retrouvent fragilisés. Reste une question clé pour la suite : comment garder une industrie solide en Europe sans décrocher face au reste du monde ?
135 postes sont supprimés sur 153 salariés en CDI.
L’usine est jugée trop coûteuse et « perdait plusieurs millions d’euros par an depuis 2020 » car elle n’était pas compétitive, avec un écart de prix de 20 à 25% face à la concurrence de Turquie, d’Inde et de Chine.
La production est annoncée à l’étranger, en Allemagne et au Maroc.

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