
Lancée à l’automne 2020 puis restylée quatre ans plus tard, l’actuelle Citroën C4 doit aller au bout de sa carrière en 2028. Et justement : en coulisses, Citroën planche depuis longtemps sur la suite. Problème, la gestation ressemble à un vrai casse-tête.
Depuis 2004 (avec la première C4 “moderne”), le constructeur n’a jamais vraiment réussi à s’imposer sur le segment : la C4 est restée dans l’ombre des rivales françaises, notamment Peugeot et Renault. Et même l’arrêt de la Mégane thermique n’a pas rebattu les cartes. Résultat : concevoir la prochaine C4 s’annonce comme un défi encore plus costaud.
À ce jour, la C4 est même la doyenne de la gamme Citroën. Et sa remplaçante, annoncée pour 2028, soulève encore pas mal de questions en interne.
D’après une source proche du dossier, Citroën est encore en pleine réflexion sur la base technique de la future C4. Deux pistes sont sur la table.
Première option : la plateforme STLA Small, que doit inaugurer au printemps 2027 la future génération de Peugeot E-208. Ensuite, cette architecture doit être déployée sur les prochaines générations de compactes : Peugeot 308, Opel Astra et DS N°4.
Seconde option : un châssis déjà bien connu en interne, la base STLA Smart des C3 et C3 Aircross. L’intérêt est clair : réduire les coûts — donc potentiellement le prix de vente — mais avec une limite sur certains équipements. Cela dit, ce n’est pas forcément incohérent : dans l’écosystème Stellantis, Citroën est positionnée comme une marque accessible.
La C4 a déjà pas mal changé de style au fil des générations. En 2004 puis en 2010, elle jouait la carte de la berline compacte “classique”. En 2020, elle a tenté une silhouette hybride, entre coupé et SUV.
Cette alternative a son charme, mais visiblement elle n’attire pas autant que la concurrence. Et pour la suite, un point semble acté : la nouvelle C4 ne devra pas se résumer à une simple “C3 en plus grand”. Une silhouette trop cubique ferait doublon avec le C3 Aircross 5 places, sans vraie valeur ajoutée.
Le directeur du style Citroën, Pierre Leclerq, explique que la future berline à hayon devra afficher une apparence très différente du modèle précédent, et même des autres modèles de la gamme. Il insiste aussi sur l’ADN expérimental de Citroën, une marque censée repousser les limites. Historiquement, la Citroën GS puis GSA, avec leur profil très aérodynamique, n’avaient pas vraiment d’équivalent face à la concurrence.
Sans Mégane thermique au catalogue, la concurrence française directe de la C4 se résume surtout à la Peugeot 308, sa cousine. Et l’écart est parlant.
En France en 2025, la Peugeot 308 a séduit 29 022 clients (malgré une baisse de 22% par rapport à l’exercice précédent). Sur la même période, la Citroën C4 ne s’est écoulée qu’à 15 126 unités, en baisse de 12% comparativement à 2024, malgré l’effet du restylage opéré en octobre 2024.
Sur ce segment C très disputé en Europe, le constat est brutal : il se vend deux Peugeot 308 pour une Citroën C4. Et ce n’est pas un accident récent : depuis son retour dans la gamme en 2004, la C4 n’a jamais réussi à s’imposer durablement sur son terrain.
Entre 2018 et 2020, il y a eu un “trou dans la raquette” entre la deuxième et la troisième génération de C4. Citroën a bien proposé une solution : la C4 Cactus a joué l’intérimaire, à sa façon.
Lancée en 2014, la C4 Cactus démarrait comme un SUV compact : barres de toit, protections latérales Airbump, et un look volontairement robuste.
Puis, lors du restylage de mi-carrière en 2018, changement de costume : elle se transforme en berline compacte, avec une carrosserie plus lisse, pour coller davantage au segment. Un bouche-trou resté deux ans au catalogue, le temps de voir revenir la C4 de troisième génération.
Mais malgré des annonces et des concepts successifs (un premier concept C-Cactus dès 2009, puis un prototype plus proche de la série en 2013 au salon IAA de Francfort), la voiture n’a jamais vraiment pu dissimuler ses origines low-cost : vitres arrière à compas et, à l’origine, une banquette arrière au dossier monobloc qui donnait un vrai flashback vers les années 1980.
Entre le choix de la plateforme et la question du style, la future Citroën C4 ne joue pas seulement une relève générationnelle : elle joue sa capacité à exister dans un segment où la 308 impose son rythme. Reste à voir si Citroën saura transformer ce moment de doute en vraie prise de risque — et retrouver ce supplément d’audace qui a déjà fait sa différence.
La nouvelle génération de Citroën C4 est attendue en 2028.
Deux options sont évoquées : la plateforme STLA Small et la base STLA Smart (celle des C3 et C3 Aircross).
En France en 2025, la Peugeot 308 a été vendue à 29 022 exemplaires, et la Citroën C4 à 15 126 exemplaires.

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