Volvo et Lotus, tout le monde voit à peu près ce que c’est. Mais beaucoup ignorent le nom du groupe qui les contrôle : Geely Auto. Aujourd’hui, ce géant chinois ne se contente plus d’être en coulisses : il arrive en France sous sa propre marque, avec une stratégie qui ressemble clairement à une offensive.
Le groupe contrôle notamment Volvo, Lotus, Smart (en coentreprise avec Mercedes) et Polestar. Cette fois, c’est bien le nom Geely qui veut se faire une place sur le marché français, en attaquant directement un segment ultra stratégique : celui des SUV compacts et familiaux.
Pour lancer son entrée officielle, Geely mise sur deux modèles : un SUV 100% électrique et un SUV hybride rechargeable. Deux silhouettes consensuelles, pensées pour parler au plus grand nombre et s’installer vite dans le paysage.
Le Geely E5 mesure 4,61 m et vise le quotidien, la famille, et les longs trajets sans stress. Il revendique jusqu’à 475 km d’autonomie WLTP selon la version, grâce à deux capacités de batterie annoncées : 60,2 ou 68,4 kWh.
Côté recharge, Geely met en avant une recharge rapide en courant continu : de 30 à 80% en 20 minutes, avec une puissance maximale annoncée de 160 kW.
Selon la finition, l’équipement peut inclure un écran central de 15,4 pouces, Apple CarPlay et Android Auto sans fil, une pompe à chaleur, une caméra 360°, un affichage tête haute et un système audio à 16 haut-parleurs.
Prix annoncés : de 37 990 € à 41 990 €.
Le Starray EM-i joue une autre partition : SUV hybride rechargeable, plus long (4,74 m) et centré sur l’usage mixte. Geely annonce jusqu’à 135 km d’autonomie électrique WLTP avec la plus grosse batterie de 29,8 kWh, ou 82 km avec la version de 18,4 kWh.
Autre chiffre mis en avant : jusqu’à 1 055 km d’autonomie cumulée.
Là aussi, la dotation se veut généreuse : sièges chauffants, écran 15,4 pouces, toit panoramique, affichage tête haute, audio premium, et fonction massage selon les finitions.
Prix annoncés : de 34 990 € à 38 990 €.
Ce qui frappe, au-delà des voitures, c’est l’ambition. Geely annonce vouloir disposer de 70 points de vente en France dès 2026, puis 170 concessions à l’horizon 2028. Et le cap affiché est clair : 5 % de part de marché en France d’ici à 2030.
Sur le papier, c’est très ambitieux : construire une notoriété, un service après-vente solide et une valeur résiduelle prend du temps. Mais le signal envoyé est limpide : Geely ne vient pas pour une présence symbolique.
L’arrivée de Geely se fait dans une période moins favorable qu’il y a deux ans pour les marques chinoises. Le bonus écologique français s’est refermé à la plupart des modèles importés de Chine, et l’Union européenne a instauré des surtaxes sur de nombreux véhicules électriques chinois. Dans ce contexte, le E5 devra convaincre sans aide publique.
Geely avance toutefois avec des cartes à jouer : des équipements riches, des garanties longues (8 ans ou 200 000 km sur les deux modèles), et une expérience industrielle mondiale. Et surtout, le groupe peut s’appuyer sur la renommée de marques comme Volvo ou Lotus pour rassurer une partie des acheteurs européens.
Geely s’ajoute à une liste déjà bien remplie sur le marché français : MG, BYD, Omoda, Jaecoo, ou encore Denza. Son arrivée illustre une évolution : on n’est plus sur quelques marques isolées, mais sur une offensive structurée de groupes capables de déployer plusieurs enseignes selon les segments.
Le défi n’est donc pas seulement de vendre deux SUV de plus. C’est aussi de faire connaître un nom encore peu identifié par les clients, alors même qu’il possède déjà des marques très connues des automobilistes européens.
Avec l’E5 électrique et le Starray EM-i hybride rechargeable, Geely débarque en France avec des arguments concrets : autonomie annoncée, équipements généreux, prix affichés serrés et plan réseau très ambitieux. Reste à voir si la marque réussira à transformer sa puissance industrielle en confiance côté clients — et à s’installer durablement dans un marché devenu nettement plus exigeant.
Une chose est sûre : la bataille du SUV en France ne fait que monter en intensité, et l’histoire est loin d’être terminée.
Jusqu’à 475 km d’autonomie WLTP selon la version.
De 37 990 € à 41 990 €.
Jusqu’à 135 km d’autonomie électrique WLTP avec la batterie de 29,8 kWh (ou 82 km avec la version de 18,4 kWh).

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