Mobilité verte

Thermique en 2035 : la France et six pays passent à l’offensive face à l’Italie et l’Allemagne

Thermique en 2035 : la France et six pays passent à l’offensive face à l’Italie et l’Allemagne

À l’approche d’une réunion importante entre ministres européens de l’Environnement, la France et six autres États membres montent au créneau pour défendre le calendrier de sortie des véhicules thermiques au sein de l’UE. Face aux demandes de l’Italie et de l’Allemagne — qui plaident pour des règles plus souples donnant davantage de place aux hybrides et aux carburants alternatifs — Paris veut conserver une trajectoire rapide vers l’électrification du parc automobile européen.

L’Allemagne et l’Italie souhaitent un texte européen plus souple sur la fin du thermique
L’Allemagne et l’Italie aimeraient assouplir davantage les règles européennes.

Un objectif déjà assoupli… mais jugé encore insuffisant par Berlin et Rome

En décembre dernier, l’Union européenne a déjà introduit un peu plus de flexibilité autour de l’interdiction des ventes de véhicules thermiques neufs au sein de l’UE. Problème : pour l’Italie et l’Allemagne, ce n’est pas encore assez. Ces deux pays voudraient aller plus loin, notamment pour accorder davantage de place aux véhicules hybrides à partir de 2035 dans l’Union européenne.

Interdiction des thermiques neufs : le bras de fer se durcit

Pour contrer ces velléités, plusieurs États membres appellent l’Union européenne à maintenir une « trajectoire ambitieuse » en faveur des véhicules électriques. L’idée est claire : ne pas repousser l’échéance et figer le texte actuel, qui prévoit que les constructeurs automobiles devront réduire de 90% les émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2021, puis compenser les 10% d’émissions restantes.

Les “sept” pays qui veulent verrouiller la trajectoire électrique

Ils sont sept à s’être coordonnés : la France, le Danemark, l’Espagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède. Ensemble, ils ont adressé un courrier aux instances européennes pour éviter ce qu’ils décrivent comme une « erreur stratégique ». Leur ligne est assumée : défendre une trajectoire forte d’électrification des véhicules.

La France et six pays veulent peser sur la Commission européenne concernant la fin du thermique
La France et six autres États membres veulent faire pression pour maintenir une électrification ambitieuse.

Le contexte énergétique et le débat sur les carburants “renouvelables”

Ce coup de pression arrive juste avant la réunion des ministres de l’Environnement des 27, attendue fin juin. Pour étayer leur position, les pays signataires mettent en avant la crise énergétique depuis la guerre au Moyen-Orient, vue comme une « démonstration claire que la réduction de la dépendance européenne aux combustibles fossiles est une nécessité absolue ».

Ils pointent aussi les « incertitudes » autour des carburants dits « renouvelables », une piste défendue par l’Italie. Selon eux, ces carburants devraient être réservés en priorité à l’aérien et au maritime plutôt qu’à l’automobile.

La France en première ligne : “remettre l’église au centre du village”

La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, à l’initiative du texte, prévient l’Allemagne et l’Italie : « On est suffisamment pour retarder le texte » européen, voire le bloquer. Elle insiste aussi sur la volonté de « remettre l’église au centre du village » pour rester au moins au niveau de ce que propose la Commission européenne.

Au ministère, le constat est martelé : « Tout le monde se rue » sur les véhicules électriques. Un « changement de paradigme » qu’il faut, selon eux, intégrer dès maintenant. Et à ce rythme, le bras de fer entre États membres n’a clairement pas fini de faire des étincelles.

Conclusion

D’un côté, ceux qui veulent sécuriser au plus vite la bascule vers l’électrique ; de l’autre, ceux qui cherchent à ouvrir plus largement la porte aux hybrides et aux carburants alternatifs. Une chose est sûre : la bataille autour de 2035 est devenue un test grandeur nature de la capacité de l’Europe à tenir une trajectoire commune. Et la suite dépendra autant des compromis politiques que de la vitesse à laquelle le marché, lui, change déjà de direction.

Foire aux Questions

Quels sont les sept pays qui demandent à l’Union européenne de maintenir une trajectoire ambitieuse vers l’électrique ?

La France, le Danemark, l’Espagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède.

Que prévoit le texte actuel sur la baisse des émissions de CO2 des constructeurs automobiles dans l’Union européenne ?

Les constructeurs automobiles devront réduire de 90% les émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2021 et compenser les 10% d’émissions restantes.

Quels secteurs les sept pays suggèrent-ils de privilégier pour les carburants dits “renouvelables” ?

Ils suggèrent de réserver en priorité ces carburants au secteur aérien et maritime plutôt qu’à l’automobile.

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