
À l’approche d’une réunion importante entre ministres européens de l’Environnement, la France et six autres États membres montent au créneau pour défendre le calendrier de sortie des véhicules thermiques au sein de l’UE. Face aux demandes de l’Italie et de l’Allemagne — qui plaident pour des règles plus souples donnant davantage de place aux hybrides et aux carburants alternatifs — Paris veut conserver une trajectoire rapide vers l’électrification du parc automobile européen.
En décembre dernier, l’Union européenne a déjà introduit un peu plus de flexibilité autour de l’interdiction des ventes de véhicules thermiques neufs au sein de l’UE. Problème : pour l’Italie et l’Allemagne, ce n’est pas encore assez. Ces deux pays voudraient aller plus loin, notamment pour accorder davantage de place aux véhicules hybrides à partir de 2035 dans l’Union européenne.
Pour contrer ces velléités, plusieurs États membres appellent l’Union européenne à maintenir une « trajectoire ambitieuse » en faveur des véhicules électriques. L’idée est claire : ne pas repousser l’échéance et figer le texte actuel, qui prévoit que les constructeurs automobiles devront réduire de 90% les émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2021, puis compenser les 10% d’émissions restantes.
Ils sont sept à s’être coordonnés : la France, le Danemark, l’Espagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède. Ensemble, ils ont adressé un courrier aux instances européennes pour éviter ce qu’ils décrivent comme une « erreur stratégique ». Leur ligne est assumée : défendre une trajectoire forte d’électrification des véhicules.
Ce coup de pression arrive juste avant la réunion des ministres de l’Environnement des 27, attendue fin juin. Pour étayer leur position, les pays signataires mettent en avant la crise énergétique depuis la guerre au Moyen-Orient, vue comme une « démonstration claire que la réduction de la dépendance européenne aux combustibles fossiles est une nécessité absolue ».
Ils pointent aussi les « incertitudes » autour des carburants dits « renouvelables », une piste défendue par l’Italie. Selon eux, ces carburants devraient être réservés en priorité à l’aérien et au maritime plutôt qu’à l’automobile.
La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, à l’initiative du texte, prévient l’Allemagne et l’Italie : « On est suffisamment pour retarder le texte » européen, voire le bloquer. Elle insiste aussi sur la volonté de « remettre l’église au centre du village » pour rester au moins au niveau de ce que propose la Commission européenne.
Au ministère, le constat est martelé : « Tout le monde se rue » sur les véhicules électriques. Un « changement de paradigme » qu’il faut, selon eux, intégrer dès maintenant. Et à ce rythme, le bras de fer entre États membres n’a clairement pas fini de faire des étincelles.
D’un côté, ceux qui veulent sécuriser au plus vite la bascule vers l’électrique ; de l’autre, ceux qui cherchent à ouvrir plus largement la porte aux hybrides et aux carburants alternatifs. Une chose est sûre : la bataille autour de 2035 est devenue un test grandeur nature de la capacité de l’Europe à tenir une trajectoire commune. Et la suite dépendra autant des compromis politiques que de la vitesse à laquelle le marché, lui, change déjà de direction.
La France, le Danemark, l’Espagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède.
Les constructeurs automobiles devront réduire de 90% les émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2021 et compenser les 10% d’émissions restantes.
Ils suggèrent de réserver en priorité ces carburants au secteur aérien et maritime plutôt qu’à l’automobile.

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