
Le leasing social revient en France avec l’objectif de rendre la voiture électrique neuve plus accessible aux ménages les plus modestes, via un cadre public très encadré. Surprise : Ford choisit de ne pas entrer dans ce dispositif. À la place, la marque lance sa propre formule, plus souple côté conditions d’accès, et même disponible en hybride. De quoi se demander si cette alternative privée peut réellement rivaliser avec l’aide de l’État.
Lors de la première vague, Ford faisait partie des constructeurs mis en avant, avec des offres très agressives sur plusieurs modèles 100% électriques. Mais les règles évoluent : les nouveaux critères imposent désormais une masse maximale de 1 800 kg pour les véhicules éligibles. Résultat : certains SUV familiaux se retrouvent automatiquement hors course.
L’Explorer électrique, qui avait été une vitrine lors de la campagne précédente, ne rentre plus dans ce cadre. C’est le même constat pour un modèle techniquement proche, le Volkswagen ID.4. Sur le papier, Ford aurait pu s’appuyer sur un autre véhicule : le Puma Gen‑E, plus compact, autour de 1 500 kg à vide, avec une autonomie annoncée d’environ 417 km. Malgré ce profil compatible, le constructeur a choisi une autre voie.
Plutôt que d’entrer dans un système aux critères stricts et au volume de véhicules éligibles limité, Ford préfère rester en dehors du dispositif et avancer un autre angle : “démocratiser la mobilité” via une offre privée annoncée comme moins contraignante et plus flexible.
La réponse de Ford s’appelle “Leasing Accessible Ford”. Le principe : de la location longue durée sans apport, proposée sur l’ensemble de la France métropolitaine, avec des conditions d’accès assouplies par rapport au cadre public.
Premier changement : il n’y a plus de condition liée à la distance domicile‑travail ni au kilométrage professionnel. Là où le dispositif national exige de justifier un trajet supérieur à 15 km ou au moins 8 000 km parcourus par an pour le travail, l’offre Ford ne demande pas ce type de preuve.
Autre point : le public visé s’élargit. Retraités, étudiants et télétravailleurs sont inclus, alors que le leasing social est pensé en priorité pour des actifs à revenus modestes effectuant des déplacements réguliers.
Le plafond de revenu fiscal est revu à la hausse. Pour une personne seule, le Revenu Fiscal de Référence indiqué est de 24 031 €, contre 16 880 € par part dans le cadre de l’offre nationale.
Enfin, les ménages ayant déjà bénéficié d’un précédent leasing social ne sont pas automatiquement écartés : ils peuvent cumuler ce nouveau financement à condition de respecter les critères de revenus.
Cette formule ne repose pas sur des fonds publics dédiés. Les aides sont donc moins élevées : le mécanisme s’appuie en partie sur les primes CEE (certificats d’économie d’énergie) et sur la politique commerciale de la marque.
Pour cette campagne, Ford concentre l’effort sur un seul modèle : le Puma, décliné en deux versions. Un choix logique : ce SUV urbain existe en 100% électrique et en micro-hybride, et la marque cherche aussi à faire du volume et renforcer sa présence en Europe.
Le Puma Gen‑E, 100% électrique, est proposé à partir de 199 €/mois sans apport. Il reçoit une batterie de 46 kWh, une puissance de 168 ch, et une autonomie allant jusqu’à 417 km WLTP. Le montage prévoit une LLD sur 48 mois et 40 000 km.
Point clé du contrat : le premier loyer est fixé à 7 600 €, et il est pris en charge via la prime CEE, grâce à une batterie fabriquée en Europe.
Le Puma hybride mHEV vise ceux qui ne veulent pas gérer la recharge. Dans la version Titanium 1.0 EcoBoost Hybrid 125 ch S&S, il est annoncé à partir de 249 €/mois, toujours en LLD sur 48 mois et 40 000 km.
Différence importante avec l’électrique : ici, pas de prime “coup de pouce” pour couvrir un loyer initial. L’absence d’apport repose sur les conditions de revenus et sur l’offre commerciale de la marque.
En refusant le leasing social, Ford fait un pari : proposer une porte d’entrée plus simple, avec moins de justificatifs et une cible plus large, quitte à offrir des aides moins généreuses qu’un dispositif public. Reste à voir si cette approche “moins stricte mais plus commerciale” influence d’autres constructeurs et redessine, à terme, la façon dont on rend la mobilité accessible.
Le Ford Explorer électrique est exclu car son poids de 1 921 kg dépasse la masse maximale de 1 800 kg imposée par les critères d’éligibilité.
Le Ford Puma Gen‑E est proposé à partir de 199 €/mois sans apport, en LLD sur 48 mois et 40 000 km.
Le Ford Puma Gen‑E annonce une autonomie allant jusqu’à 417 km WLTP.

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