
Pendant des décennies, la Ferrari F50 a vécu dans l'ombre écrasante de sa grande sœur, la mythique F40. Critiquée pour son design controversé et ses performances jugées timides à sa sortie en 1995, cette supercar a longtemps porté l'étiquette de "mal-aimée". Mais trente ans plus tard, les tables ont tourné : la F50 cartonne aux enchères et dépasse désormais largement la F40 en valeur. Comment cette revanche spectaculaire s'est-elle opérée ?
Quand la F50 débarque en 1995, elle a la lourde tâche de succéder à la F40, dernier modèle supervisé par Enzo Ferrari lui-même avant sa mort en 1988. Autant dire que les attentes sont immenses. Mais l'accueil de la presse spécialisée est pour le moins… tiède.
Premier reproche : le style. Là où la F40 affichait des lignes agressives et iconiques, la F50 propose un design jugé à la fois plus fade et plus torturé. Ses formes arrondies et son aérodynamique travaillée ne font pas l'unanimité. Beaucoup y voient une esthétique moins marquante que celle de son illustre devancière.
Deuxième problème : les performances. Son V12 atmosphérique de 4,7 litres développe 520 chevaux, soit seulement 33 chevaux de plus que le V8 biturbo de 2,9 litres de la F40. Pire encore, son couple chute à 577 Nm, perdant une centaine de newton-mètres au passage. Et comme si ça ne suffisait pas, la F50 sort quasiment en même temps que la McLaren F1 et son V12 BMW de 6,0 litres affichant 627 chevaux et plus de 650 Nm. La comparaison fait mal.
Flash-forward jusqu'à l'été 2025 : un exemplaire jaune rare de la F50, ayant appartenu au célèbre styliste Ralph Lauren, s'envole à plus de 9 millions de dollars chez RM Sotheby's, soit plus de 7,5 millions d'euros. Deux autres modèles rouges, plus classiques dans leur coloris, sont estimés à plus de 5 millions d'euros chacun pour des ventes prévues fin janvier 2026 à Paris et en Arizona.
Certes, on reste en deçà des 21 millions d'euros atteints par une McLaren F1. Mais voilà le point crucial : aucune F40 "classique" ne peut prétendre à de tels montants. Même si sa cote a également explosé ces dernières années, la dernière création supervisée par Enzo Ferrari plafonne généralement sous les 3 millions d'euros. Seule sa variante de compétition LM fait exception, avec un record à près de 9,5 millions d'euros.
Ce retournement de situation n'est pas vraiment une surprise pour les connaisseurs. Malgré son statut d'icône absolue, la F40 a toujours eu un problème : elle n'est pas si rare. Plus de 1 300 exemplaires ont été produits, un chiffre élevé pour une supercar. Autre limitation : sa couleur rouge imposée réduit drastiquement les configurations disponibles. D'ailleurs, les modèles repeints se multiplient depuis quelques années, au grand dam des puristes qui y voient un sacrilège.
La F50, elle, a été strictement limitée à 349 unités. C'est moins que toutes ses descendantes : l'Enzo, la LaFerrari ou même la récente F80. Elle offrait aussi plus de diversité dans les teintes extérieures que la F40. Résultat : elle a toujours affiché une cote supérieure, mais l'écart s'est considérablement creusé ces dernières années, même pour les exemplaires rouges les plus courants.
Au-delà de la rareté, c'est surtout l'image de la F50 qui a radicalement changé. Elle est aujourd'hui perçue comme la dernière "vraie" supercar Ferrari analogique. Comprenez : un V12 atmosphérique, une boîte de vitesses manuelle et une électronique encore minimaliste. L'incarnation d'une époque révolue.
L'Enzo qui lui succédera abandonnera la boîte manuelle pour une transmission robotisée. La LaFerrari franchira le cap de l'hybridation. Quant à la toute récente F80, elle ose carrément un V6 biturbo, ce qui lui vaut déjà d'être très controversée. Dans ce contexte, le V12 à cinq soupapes par cylindre de la F50 apparaît comme l'un des moteurs les plus nobles et mélodieux de l'histoire Ferrari.
Ce bloc mythique grimpe jusqu'à plus de 8 500 tours par minute. Il dérive directement des moteurs de Formule 1 de l'époque, une filiation qui se ressent dans chaque accélération. Autre particularité : c'est un moteur porteur, la suspension arrière étant fixée directement sur la mécanique. Un choix inspiré du sport automobile de haut niveau… mais qui provoque des vibrations telles qu'aucun autre modèle Ferrari de route n'a jamais repris cette solution depuis.
Même la carrosserie de la F50 a fini par séduire, notamment grâce à sa double personnalité. Équipée d'un hard-top amovible, elle peut passer de coupé à roadster biplace et inversement. Certes, les manipulations sont fastidieuses et le stockage du toit encombrant, mais la F40 n'a jamais proposé officiellement cette possibilité de rouler à ciel ouvert.
Mieux encore : il faudra attendre plus de vingt ans et la version Aperta de la LaFerrari, sortie en 2016, pour retrouver une supercar Ferrari à V12 central arrière découvrable. Un statut unique qui renforce encore l'attrait de la F50 auprès des collectionneurs.
Tous les ingrédients semblent réunis pour que la F50 conserve durablement une cote bien supérieure à celle de la F40. D'autant plus que les collectionneurs montrent un appétit grandissant pour les "youngtimers", ces modèles des années 90 et 2000 qui prennent de la valeur.
Une belle revanche pour cette "mal-aimée" qui a longtemps souffert d'avoir dû prendre la suite d'une icône sans pouvoir bénéficier de la légitimité qu'aurait apporté la supervision d'Enzo Ferrari. Trente ans plus tard, elle prouve qu'elle n'avait besoin de personne pour entrer dans la légende.
Ferrari a produit seulement 349 exemplaires de la F50, ce qui en fait un modèle beaucoup plus rare que la F40 qui comptait plus de 1 300 unités. C'est même moins que ses descendantes comme l'Enzo, la LaFerrari ou la F80.
Les Ferrari F50 atteignent désormais des prix record aux enchères. En 2025, un exemplaire jaune ayant appartenu à Ralph Lauren s'est vendu plus de 7,5 millions d'euros, tandis que des modèles rouges classiques sont estimés à plus de 5 millions d'euros. Ces montants dépassent largement ceux des F40 standards qui restent généralement sous les 3 millions d'euros.
La F50 est la dernière supercar Ferrari à combiner un V12 atmosphérique central arrière, une boîte de vitesses manuelle et une électronique minimaliste. Ses successeurs ont tous adopté des technologies modernes : l'Enzo a introduit la boîte robotisée, la LaFerrari l'hybridation, et la F80 a même opté pour un V6 biturbo au lieu du V12 traditionnel.


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