
Un pneu qui tue ? À San Francisco, Michelin, Bridgestone, Pirelli et une dizaine d’autres géants du pneu se retrouvent devant la justice. En face, un collectif de pêcheurs les accuse d’empoisonner les rivières à cause d’un additif chimique intégré au caoutchouc. Le cœur du dossier : un dérivé de cette substance serait lié à une surmortalité massive de saumons sur toute la côte ouest américaine, de l’Alaska à la Californie.
Le procès vise plusieurs manufacturiers de pneumatiques mondialement connus, attaqués par des associations de pêcheurs représentées par l’ONG Earthjustice. Les plaignants affirment que l’eau des rivières a été contaminée par un additif présent dans les pneus. Selon eux, cette pollution serait directement associée à une mortalité importante des saumons sur la côte ouest des États-Unis.
Parmi les entreprises citées : le japonais Bridgestone, le français Michelin, l’italien Pirelli, ainsi que dix autres manufacturiers actifs aux États-Unis. Tous se retrouvent devant la justice après avoir échoué à faire écarter la plainte par un juge fédéral.
Les plaignants s’attaquent à l’usage du 6PPD, un additif contenu dans les pneus. Problème : avec le temps, ce composé se transforme en un dérivé appelé 6PPD-quinone. Ce dérivé se libère sur les routes, puis la pluie l’emporte vers les cours d’eau.
Le 6PPD est utilisé depuis des décennies pour empêcher la gomme de se craqueler au contact de l’ozone dans l’air. Autrement dit, il sert à préserver l’intégrité structurelle des pneus.
Après des années de recherches visant à comprendre une surmortalité des saumons, le 6PPD-quinone a émergé comme suspect principal parmi des milliers de composés testés. Des études publiées dans des revues prestigieuses ont, selon le texte, confirmé une extrême toxicité pour certains poissons, même à très faible dose.
Au tribunal, le scientifique Edward Kolodziej a déclaré : « Comme il ne faut que 100 nanogrammes pour tuer un poisson, le potentiel de toxicité d'un seul véhicule est suffisant pour tuer plus de 11 millions de saumons coho » (une espèce indigène d’Amérique du Nord).
L’objectif affiché est de faire modifier la composition des pneus. Les plaignants veulent démontrer que l’effet mortel constituerait une « capture illégale » contraire à la loi américaine sur les espèces en danger, concernant 24 populations de salmonidés.
Les avocats de la défense jugent les conclusions des plaignants « limitées et spéculatives ». Les fabricants mettent aussi en garde : une suppression immédiate du 6PPD pourrait paralyser la production mondiale, car aucun substitut n’a encore prouvé une efficacité équivalente à l’échelle industrielle.
Ils alertent enfin sur le risque de « substitution regrettable » : remplacer une substance par une autre qui pourrait avoir des impacts environnementaux potentiellement pires.
Ce procès met face à face une inquiétude environnementale majeure et une réalité industrielle complexe : enlever un ingrédient clé sans alternative solide peut créer d’autres problèmes. La suite dira si la justice peut accélérer l’arrivée de pneus plus sûrs pour les écosystèmes — sans déclencher, au passage, un effet domino inattendu.
Le 6PPD est l’additif contenu dans les pneus dont le dérivé est associé à une mortalité importante des saumons sur la côte ouest américaine.
Le dérivé mentionné est le 6PPD-quinone.
Une suppression immédiate du 6PPD paralyserait la production mondiale car aucun substitut n’a encore prouvé une efficacité équivalente à l’échelle industrielle, et il existe un risque de « substitution regrettable ».
Sans ignorer ces défis, le rêve automobile demeure: une Porsche 911 peut se vivre en LOA/LLD, avec garanties et souplesse. Pour comparer sereinement, même à distance, rendez-vous sur Joinsteer.

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile
