
Malgré une image abîmée par des temps de trajet jugés trop lents, le bus garde un vrai capital de soutien en Île-de-France. Un sondage OpinionWay indique que près des deux tiers des habitants de la Métropole du Grand Paris se disent favorables à la création de nouveaux couloirs dédiés, y compris une majorité d’automobilistes. À l’approche des Municipales, l’avenir du bus s’impose comme un sujet clé des politiques de mobilité urbaine.
L’autobus (comme on l’appelait “naguère”) a perdu de sa superbe au fil des années dans les grandes villes. Et à Paris, la lenteur des trajets est souvent vécue comme une vraie épreuve par les utilisateurs. Pourtant, l’étude OpinionWay indique que près des deux tiers des personnes interrogées, qu’elles vivent à Paris ou ailleurs en Île-de-France (dans des proportions très proches), se disent favorables à l’ouverture de nouveaux couloirs dédiés aux bus… et aux tramways.
Ce qui étonne le plus au premier regard : le niveau d’adhésion chez les automobilistes du Grand Paris. Ils sont 60% des propriétaires d’une voiture interrogés à se dire favorables à la création de nouvelles stations de bus à Paris et dans ses couronnes, même si cela grignote des voies jusque-là réservées aux véhicules individuels à moteur.
Le clivage politique ressort aussi : les électeurs de gauche sont les plus favorables (79%), tandis que ce soutien descend à 58% chez les sympathisants de droite.
Si les personnes interrogées veulent plus de bus, elles expriment surtout l’envie de bus capables de circuler plus librement, avec moins de contraintes. Aujourd’hui, dans les zones dites denses, les bus roulent en moyenne à 11 km/h chaque jour de la semaine. Et aux heures de pointe, la moyenne peut tomber à 9 km/h.
Sans surprise, le bus est de plus en plus délaissé dans Paris et sa banlieue, car jugé terriblement inefficace. Au-delà de la vitesse très faible, les horaires annoncés dépendent fortement des aléas du trafic, ce qui les rend trop peu fiables.
Conséquence : depuis 2019, le trafic des 350 lignes de bus mises en service a nettement baissé, avec une chute de 19% en banlieue et de 29% à Paris intramuros.
La mobilité urbaine est un argument de poids dans la course à la mairie de Paris (et dans les communes d’Île-de-France). Plusieurs candidats ont déjà annoncé vouloir prendre le “problème du bus” à bras-le-corps s’ils sont élus.
Parmi les pistes mises en avant : créer de nouveaux couloirs dédiés aux bus dans la capitale, parfois en continu. Autre idée citée : des feux intelligents permettant de donner la priorité aux bus sur les voitures.
Certains proposent aussi des “bus express”, dans l’esprit des anciens bus vers les aéroports parisiens. L’objectif : relier plus rapidement les axes nord-sud et est-ouest, ou encore connecter entre elles les différentes gares parisiennes.
Autre proposition : remplacer les bus articulés par de nouveaux bus plus compacts, jugés plus adaptés à la circulation en ville.
Le message est clair : le bus n’est pas rejeté, mais il est attendu au tournant. Entre couloirs dédiés, priorités aux feux et formats plus adaptés, l’enjeu est de redonner au bus une promesse simple : être un moyen de transport fiable et rapide. La suite dépendra des choix politiques et de la capacité à transformer la rue pour que le bus reprenne sa place dans la ville.
Près des deux tiers des habitants interrogés se disent favorables à l’ouverture de nouveaux couloirs dédiés aux bus et aux tramways.
60% des propriétaires d’une voiture interrogés se disent favorables à la création de nouvelles stations de bus.
La vitesse moyenne est de 11 km/h dans les zones denses, et elle peut tomber à 9 km/h aux heures de pointe.

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