
Mettre plus de 30 000 € dans une Dacia ? Il y a quelques années, l’idée faisait sourire. Et pourtant, la marque a progressivement prouvé qu’elle savait proposer l’un des meilleurs rapports prix/prestations du marché. Son pari le plus ambitieux s’appelle Dacia Bigster : un SUV familial que beaucoup ont trouvé trop cher, mais qui a déjà convaincu 16 000 clients en un an, soit à peine 2 000 de moins qu’un Renault Austral.
Le prochain grand chapitre de Dacia se jouera avec un tout nouveau modèle : un break familial connu sous le nom de code C-Néo, pensé pour aller chasser sur les terres des breaks compacts. Mais en attendant, les modèles déjà en place continuent leur route, et le Bigster entame sa deuxième année de carrière.
Son lancement s’est fait sur un calendrier un peu particulier : les commandes ont ouvert en janvier, et les livraisons n’ont commencé qu’au printemps. Malgré ça, le démarrage est solide.
En France, le Bigster a conquis 16 000 acheteurs sur sa première année. Oui, c’est plus de deux fois moins qu’un Duster (36 000 exemplaires), mais c’est davantage que plusieurs SUV très connus. Et surtout, ces chiffres bousculent l’argument du “trop cher pour une Dacia”.
Autre détail qui pèse lourd : la majorité des ventes (12 000) est réalisée auprès des particuliers, et 74 % des acheteurs sont de nouveaux clients Dacia. En clair, le Bigster ne fait pas que “déplacer” des clients existants : il attire des gens qui ne regardaient pas forcément la marque avant.
Le Bigster affiche des tarifs allant de 24 990 € à 33 000 €. À ce niveau, il atteint des montants qu’aucune Dacia ne s’était autorisée jusque-là. Mais l’écart s’explique en partie par des prestations plus complètes à bord que sur les autres modèles de la marque.
Le Bigster n’est pas juste un Duster rallongé : l’idée est d’aller chercher des automobilistes qui se verraient bien dans des SUV plus valorisants, mais qui voient rapidement la facture dépasser les 40 000 € une fois les bonnes motorisations (souvent hybrides) et les options cochées. Ici, le Bigster se situe plutôt autour de 30 000 €, tout en proposant l’essentiel de ce qu’on attend d’un SUV familial moderne.
Avec ses 4,57 m de long, le Bigster ne joue pas petit bras. L’habitacle n’est pas particulièrement lumineux (attention aux angles morts liés aux montants épais), mais l’espace est vraiment confortable, surtout là où ça compte : banquette arrière et coffre.
L’espace aux jambes progresse nettement face au Duster grâce à un empattement rallongé. Il varie de 18 à 41 cm selon la position du siège avant, contre 13 à 36 cm dans le Duster.
Dans le coffre, la manipulation du plancher pour libérer le double fond déçoit, mais une fois en place, la capacité est là. Les mesures indiquent un coffre 16 cm plus long que celui du Duster, un peu plus large et un peu plus haut (sous tablette). Résultat : on charge plus facilement des objets encombrants, avec 475 dm3 sous tablette lorsque le plancher est en position basse.
Le Bigster vise aussi davantage le confort acoustique avec une cabine annoncée plus silencieuse. Les mesures à 90 et 130 km/h donnent des valeurs identiques entre Duster et Bigster (64 et 70 dB), mais certaines fréquences sont mieux filtrées sur le grand modèle, et les bruits d’air, même s’ils restent plus présents que chez des concurrents plus huppés, sont atténués.
Le Bigster peut tenter ceux qui aiment les SUV plus cossus grâce à des équipements que Dacia n’avait jamais proposés. Au programme : écran compteur 10 pouces de série, grand toit ouvrant panoramique avec vélum électrique, sièges électriques (voire chauffants), volant chauffant, hayon électrique.
Tout n’est évidemment pas inclus sur la version d’entrée de gamme, mais même en ajoutant ces raffinements, la facture ne “s’envole” pas. En revanche, ceux qui cherchent des prestations très haut de gamme (cuir pleine fleur, éclairages d’ambiance paramétrables, très grands écrans multimédia, conduite semi-autonome) risquent de trouver l’offre limitée. L’écran multimédia reste sur 10 pouces, mais réplique le smartphone sans fil via Apple CarPlay ou Android Auto.
Au volant, le Bigster ne donne pas l’impression de jouer dans une catégorie inférieure. Son châssis privilégie clairement le confort plus que le dynamisme : le compromis est moins fin que sur certains rivaux, mais sans technologies complexes (suspension pilotée ou roues arrière directrices), il reste agréable et préserve les passagers, sans se montrer trop paresseux en virage.
La motorisation hybride 155 ch se montre très convaincante en performances. La boîte automatique peut sembler lente lors de fortes sollicitations, mais les accélérations et reprises permettent de rester serein dans la circulation, même voiture chargée.
Et côté consommation, le grand SUV surprend : sur 1000 km mêlant routes départementales, autoroute et ville, la moyenne relevée est de 5,8 l/100 km.
Performant, sobre, confortable et plutôt bien équipé, le Dacia Bigster a les armes pour faire de l’ombre à des SUV plus chics. Il est certes la Dacia la plus chère, mais aussi l’une des plus abouties, et ses chiffres de vente le prouvent.
La prochaine étape sera de confirmer : la deuxième année sera forcément plus exigeante, avec un effet nouveauté qui s’estompe et la concurrence interne du futur break C-Néo qui pourrait lui faire un peu d’ombre. Une chose est sûre : Dacia a ouvert une porte, et l’histoire ne fait sans doute que commencer.
Le Dacia Bigster est affiché entre 24 990 € et 33 000 €.
Le Dacia Bigster a conquis 16 000 acheteurs en France en un an.
Avec l’hybride 155 ch, une moyenne de 5,8 l/100 km a été mesurée sur 1000 km mêlant routes départementales, autoroute et ville.
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