
C’était l’image choc du Grand Prix du Japon 2026 : Oliver Bearman a vu sa course se terminer dans le mur après une manœuvre d’évitement au virage 13, au moment où l’Alpine de Franco Colapinto roulait au ralenti pendant une phase de recharge. Résultat : un impact d’une violence rare… et un paddock qui remet sur la table un sujet brûlant, celui des écarts de vitesse entre monoplaces.
En dehors de la victoire de Kimi Antonelli, la course a été marquée par l’accident d’Oliver Bearman. Au 22e tour, le pilote Haas arrive au virage 13 et se fait surprendre par l’Alpine de Franco Colapinto, nettement plus lente, en train de recharger ses batteries en relâchant très tôt l’accélérateur.
Bearman tente d’éviter l’Alpine, mais la manœuvre se termine brutalement : il percute le mur avec un impact mesuré à 50G. Le Britannique parvient à sortir de sa voiture en boitant avant de rejoindre les médecins de la FIA, qui constatent une contusion au genou. Il s’en sort sans conséquence plus grave, mais reste visiblement secoué.
Encore sous le coup de l’accident, Oliver Bearman décrit une scène à haute tension : « C’était un moment effrayant, je ressens encore l’adrénaline, raconte le pilote Haas. Lors du crash, j’ai le sentiment qu’on ne m’a pas laissé beaucoup de place au vu de l’écart de vitesse. »
L’écart de vitesse évoqué est chiffré : 50 km/h entre la Haas de Bearman lancée à 310 km/h et l’Alpine de Colapinto à 260 km/h. Bearman pense aussi à son équipe : « La voiture a terminé dans un mauvais état, je m’excuse profondément au près de l’équipe car c’est énormément de travail pour eux. »
Il explique enfin vouloir souffler physiquement : « Je vais clairement prendre des jours de repos pour récupérer, avant de me préparer pour le Grand Prix de Miami. »
De son côté, Franco Colapinto ne nie pas le caractère dangereux, mais décrit une situation qu’il estime difficile à gérer : « Ce sont des choses qui se produisent avec ces voitures, nous devons comprendre comment atténuer ce problème. »
Le pilote argentin insiste sur le contexte : « Pour être honnête, cette situation était vraiment étrange. J’étais complètement sans défense, la différence de vitesse était énorme et dans ces moments-là ça devient dangereux. »
Alors que Bearman et d’autres estiment qu’il aurait pu laisser plus de place, Colapinto défend sa trajectoire : « Je n’ai jamais bougé de ma trajectoire, je pense sincèrement que la sortie d’Oliver Bearman était liée à plusieurs autres facteurs, la différence de vitesse ou encore les débris de gomme sur la piste. »
Après cet accident, d’autres pilotes dénoncent à leur tour ces écarts importants, capables de produire des situations à haut risque.
Après l’arrivée, plusieurs pilotes critiquent le manque d’écoute et rappellent que le danger avait été signalé. Carlos Sainz affirme : « Nous avions déjà prévenu la FIA et la FOM que ce genre d’accident n’était qu’une question de temps. Nous roulons parfois 40 à 50 km/h plus vite en utilisant le boost, et un tel accident était inéluctable. »
Sainz projette aussi ce genre de choc ailleurs : « Malgré la zone de dégagement, le choc a été mesuré à 50G. Je n’imagine même pas ce que cela pourrait être sur des pistes comme celle de Las Vegas ou Bakou. »
Max Verstappen, souvent critique envers le règlement 2026, se montre moins surpris par le scénario : « C’est ce qui arrive avec ce règlement. Quand un pilote est quasiment sans puissance, alors que l'autre utilise le champignon [référence à Mario Kart], cela peut faire une différence de 50 à 60 km/h et créer un danger. »
À la suite de l’accident, la FIA a annoncé sur les réseaux sociaux qu’une réunion aurait lieu le 9 avril avec les onze écuries pour évoquer ces problèmes et tenter d’apporter des solutions pour la suite.
Le crash de Bearman n’a pas seulement marqué les images du Grand Prix du Japon 2026 : il a surtout mis en lumière un risque concret lié aux phases où certaines voitures se retrouvent fortement ralenties, tandis que d’autres arrivent beaucoup plus vite. Entre appels à corriger le tir et constats fatalistes, la suite dépendra de la capacité des acteurs à rendre ces écarts de vitesse moins dangereux. Une chose est sûre : ce débat ne fait que commencer.
50G exactement.
50 km/h, entre 310 km/h pour Bearman et 260 km/h pour Colapinto.
Une contusion au genou.

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