
Héritière des Visa et AX GTI, la Citroën Saxo tourne la page du badge « GTI », devenu moins tendance dans les années 1990. À la place, elle avance sous un autre emblème : VTS. Et derrière ces trois lettres, on retrouve pourtant l’essentiel de la recette qui a fait aimer les petites sportives : de la puissance, peu de poids, et un châssis précis. Sans oublier une silhouette travaillée, portée par un designer promis à une belle carrière.
Lancée en 1975 par la Volkswagen Golf, la vague GTI explose dans les années 1980. Puis, durant la décennie suivante, l’engouement retombe : ces petites bombes deviennent réputées « effrayantes », et pas seulement pour les assureurs. Citroën reprend alors l’idée, mais sans afficher frontalement les trois lettres mythiques. La marque ne conserve que le « T » central dans l’esprit, et la Saxo sportive adopte le label VTS. À la même époque, sa cousine chez Peugeot se présente sous le blason S16.
Sous le capot, la Saxo (comme la Peugeot 106) reçoit un quatre-cylindres essence atmosphérique connu en interne sous le code TUJ4, coiffé d’une culasse 16 soupapes. Pour l’époque, l’effet est là : 120 ch, associés à une boîte manuelle à 5 rapports à étagement court. Et comme la voiture ne dépasse pas 935 kg, la fiche technique prend une autre saveur.
Résultat : sur circuit, la Saxo VTS peut atteindre 205 km/h et couvrir le 1 000 m départ arrêté en moins de 30 secondes. Mais l’intérêt ne se limite pas aux lignes droites : son châssis, décrit comme efficace et équilibré, permet au conducteur d’exploiter la mécanique avec confiance.
La Saxo VTS fête ses 30 ans, et pour Citroën, elle a longtemps servi de vitrine pour l’image sportive de la marque. Elle ne s’est pas contentée de séduire des particuliers : on la retrouve aussi en rallye, en rallyecross et même en courses sur glace, où elle a fait office de machine-école redoutable.
Moment marquant : c’est au volant d’une Saxo Super 1600 que Sébastien Loeb et Daniel Elena deviennent champions du monde junior WRC.
La VTS s’inscrit aussi dans une filiation maison : la Citroën AX GTI, restée dans l’ombre de la Peugeot 205 du même genre. Chez Citroën, l’AX comme la Saxo ont pris le temps de monter en puissance : l’AX GT a précédé l’AX GTI, et la Saxo VTR (1.6 litre 8 soupapes de 90 ch) a devancé la VTS.
Cousine technique de la Peugeot 106, la Citroën Saxo se distingue pourtant par une carrosserie spécifique, esquissée par le styliste italien Donato Coco. Et pour le kit carrosserie exclusif de la VTS, Citroën confie le travail à un jeune talent alors en début de parcours : Gilles Vidal. Le résultat ne se limite pas à de simples extensions d’ailes rapportées : l’ensemble est pensé avec plus d’harmonie et une meilleure intégration, permettant ensuite de décliner l’auto en livrée bicolore.
Côté versions, un nom ressort comme « graal » pour les collectionneurs : la Saxo VTS New Morning. La Saxo VTS est produite jusqu’en 2003 et passe par un restylage en 1999, identifiable à des phares en amandes, un capot plus bombé et une calandre avec des chevrons plus imposants. Pour élargir l’accès au look, la finition VTS est aussi proposée avec des moteurs moins puissants : un 1.4 de 75 ch, ainsi que des 1.6 de 90 et 100 ch.
Entre son rapport poids/puissance, son châssis réputé équilibré, son style soigné et son vécu en compétition, la Saxo VTS a tout ce qu’il faut pour rester une référence dans la mémoire des petites sportives. Et si son badge a changé, l’esprit, lui, n’a jamais vraiment quitté la route.
La Citroën Saxo VTS délivre 120 ch et ne pèse pas plus de 935 kg.
La Citroën Saxo VTS peut filer, sur circuit, à 205 km/h.
Sébastien Loeb et Daniel Elena sont devenus champions du monde junior WRC avec une Saxo Super 1600.

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile
