Economie / Politique

Ces pays qu’on n’attend pas… et qui ont pourtant fabriqué des voitures

Ces pays qu’on n’attend pas… et qui ont pourtant fabriqué des voitures

Quand on pense aux pays qui produisent des voitures, certains noms viennent vite en tête : Allemagne, États-Unis, Japon, France… et puis c’est à peu près tout. Pourtant, un peu partout sur la planète, des marques locales ont bel et bien tenté l’aventure, parfois avec des créations aussi étonnantes qu’inattendues.

Voici un tour d’horizon de voitures qu’on a peu de chances de croiser un jour, venues des quatre coins du monde.

L'Etox Zafer, un coupé turc au style atypique
L’Etox Zafer : un coupé turc au look audacieux, annoncé avec des mécaniques d’origines variées.

Lykan : du Liban aux Émirats arabes unis, l’hypercar qui a fait le show

C’est probablement le modèle le plus “grand public” de cette sélection… même si sa diffusion est restée microscopique. La W Motors Lykan Hypersport n’a été produite qu’à 7 exemplaires entre 2012 et 2016, et pourtant elle s’est fait un nom.

Beaucoup l’ont découverte grâce à une scène spectaculaire : celle où l’hypercar saute entre deux buildings à Dubaï dans Fast & Furious 7.

Conçue à Beyrouth avant que l’entreprise ne se localise aux Émirats arabes unis, la Lykan est animée par un flat-6 Porsche préparé par le spécialiste allemand RUF, poussé à 750 ch et 1 000 Nm.

RUF a d’ailleurs largement participé à la fabrication de cette machine hors normes. Sur le papier, W Motors annonçait une vitesse maximale de 390 km/h et un 0 à 100 km/h en moins de trois secondes.

Et le tarif jouait dans la même cour : 3,4 millions de dollars pour un exemplaire neuf. Entre la coque et la carrosserie largement en carbone, et des choix encore plus extravagants comme des pierres précieuses incrustées dans les phares ou de l’or dans la décoration intérieure, la facture grimpe vite.

La marque existe toujours. Elle propose notamment un SUV réservé à une clientèle de niche, le Ghiath VIP, basé sur le Nissan Armada (un modèle que l’on retrouve notamment au sein de la police de Dubaï). W Motors commercialise aussi la Fenyr Supersport, une hypercar présentée comme une sorte de relève, avec cette fois la promesse de 400 km/h.

Bufori : quand “Geneva” ne vient pas de Suisse, mais de Malaisie

L’histoire démarre loin des salons feutrés : en 1985 à Sydney, Gerry Khouri travaille dans le bâtiment comme ses frères, tout en nourrissant une passion pour les voitures de collection et leur restauration. En parallèle, il se lance un défi : construire sa propre voiture, inspirée par des lignes à l’ancienne, façon automobiles de prestige des années 1920.

Après un an, la voiture est terminée et impressionne suffisamment pour déclencher une réaction immédiate : ses deux frères veulent la leur. Dès la seconde voiture, une offre d’achat extravagante tombe… et Gerry vend. Même scénario ensuite : il reconstruit, revend, et la mécanique s’emballe. Un an plus tard, Bufori Motor Car Company est née.

La marque se distingue par le soin de fabrication et un usage important du carbone-Kevlar. Dans les années 1990, les premiers modèles s’exportent surtout en Asie. Et après une rencontre avec le Premier ministre malaisien de l’époque, Bufori déplace ses activités à Kuala Lumpur et y ouvre une usine en 1998.

Après une longue série de roadsters et de sportives, Bufori s’attaque en 2010 à une berline de luxe. Présentée au Salon de Genève, elle hérite d’un nom très “carte postale” : Geneva. Elle est encore produite aujourd’hui et ne cherche clairement pas à passer inaperçue.

Son style néo-rétro s’accompagne de dimensions imposantes : 5,54 m de long. Et malgré 2 450 kg sur la balance, la marque annonce des performances musclées grâce à un V8 Hemi 6.4 de 470 ch. Sous sa coque en carbone-Kevlar, l’habitacle se veut raffiné et entièrement personnalisable.

La Bufori Geneva, grande berline néo-rétro
Avec 5,54 m de long et un style néo-rétro assumé, la Bufori Geneva ne joue pas la carte de la discrétion.

Etox Zafer : une sportive turque au cœur très européen

En 2007, un petit constructeur turc nommé Etox tente de bousculer le monde très fermé des marques sportives avec un coupé : la Zafer, un nom qui signifie « victoire ». Des prototypes roulants voient le jour, une communication existe (brochures, vidéos), et la marque vise une cadence de 500 exemplaires par an.

Dans les faits, difficile de savoir si la Zafer a vraiment franchi le cap d’une commercialisation solide, entre contraintes, coût de développement et look clivant. Une estimation évoque une vingtaine d’exemplaires vendus, mais ce chiffre reste à prendre avec précaution.

Le plus surprenant, c’est la variété des moteurs annoncés au fil du temps. Un même modèle a été associé à des mécaniques très différentes : un 1.5 dCi Renault donné pour 125 ch, un six cylindres en ligne 3.0 diesel BMW de 225 ch, ou encore un V6 essence d’origine Volvo de 272 ch.

En réalité, seule l’existence du 1.5 dCi a été avérée sous le capot de la Zafer. Et les prototypes équipés de ce moteur étaient des tractions à moteur transversal, ce qui colle mal avec d’autres annonces (Etox présentait aussi la Zafer comme une propulsion à moteur longitudinal avant), rendant certaines configurations difficilement crédibles.

L'Etox Zafer, coupé turc produit en très petite série
La Zafer reste un objet rare : une vingtaine d’exemplaires seraient sortis, sans certitude absolue.

Keraboss Super K : le mini tout-terrain grec qui vise les pros de la location

Depuis 1975, Keraboss trace sa route en Grèce, plutôt discrètement à l’international. Historiquement, la marque produit surtout de petits tout-terrains sous licence. Mais depuis 2022, elle commercialise son propre modèle : le Super K.

Après une longue gestation, ce tout-terrain joue la carte du format ultra-compact. Il fait même paraître un Suzuki Jimny presque sophistiqué et massif : 3,38 m de long, soit 27 cm de moins que le Jimny. Malgré ce gabarit, il peut emmener deux ou quatre personnes.

Pour vivre l’été à fond, sa carrosserie est démontable, dans un esprit proche de celui d’un Jeep Wrangler. La comparaison s’arrête toutefois côté technique : le Super K doit se contenter de roues avant motrices et d’un quatre cylindres 1.0 L d’origine Mitsubishi développant 72 ch, associé à une transmission semi-automatique ou automatique à cinq rapports.

Objectif coûts contenus : Keraboss pioche dans des pièces de grande série, jusqu’à l’habitacle qui reprend des éléments de Smart Fortwo (seconde génération). Et cette fois, pas de mystère sur la réalité commerciale : le Super K est bien vendu, à raison d’une centaine d’exemplaires par an, principalement pour les flottes de location touristique sur l’archipel grec. Son prix est indiqué hors taxes : 22 000 €.

Le Keraboss Super K, mini tout-terrain destiné à la location
Le Keraboss Super K vise surtout les professionnels de la location dans les îles grecques.

Conclusion

Entre hypercar ultra-exclusive, berline néo-rétro XXL, coupé quasi fantôme et mini tout-terrain pensé pour la location, ces marques rappellent une chose : l’automobile ne se résume pas aux pays qu’on cite toujours. Parfois, les projets les plus improbables laissent les histoires les plus marquantes — et donnent envie de se demander où naîtra la prochaine surprise.

Foire aux Questions

Combien d’exemplaires de la W Motors Lykan Hypersport ont été produits ?

7 exemplaires ont été produits entre 2012 et 2016.

Quel moteur a réellement été avéré sur l’Etox Zafer ?

Seule l’existence du 1.5 dCi Renault a été avérée sous le capot de la Zafer.

Quel est le prix du Keraboss Super K ?

22 000 € hors taxes.

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