
Dans les grands groupes automobiles, les badges ne racontent pas toujours la même histoire selon les pays. Là où l’Europe connaît certaines voitures sous le nom Dacia, d’autres marchés les découvrent avec un losange Renault sur la calandre… et parfois même un nom totalement différent. En Amérique latine notamment, une bonne partie des modèles Dacia sont ainsi « recyclés » dans les gammes Renault, y compris des modèles récents comme la Spring restylée ou la toute dernière version du Duster.
Voici le panorama des principales Dacia qui deviennent des Renault selon les régions.
Au Brésil et en Colombie, la petite citadine électrique est commercialisée sous le nom de Renault Kwid E-Tech. Dans cette configuration, elle est proposée uniquement en version 65 ch. Concrètement, il s’agit d’une Dacia Spring restylée avec une calandre au dessin différent et des logos Renault qui remplacent ceux de Dacia.
En Colombie, la Renault Kwid E-Tech est annoncée à 72 990 000 pesos, soit l’équivalent de 16 785 €.
Cette Renault Kwid E-Tech s’est implantée dans une quinzaine de pays (Argentine, Chili, Pérou, Costa Rica…). L’objectif : jouer les précurseurs sur l’électrique là où la concurrence n’a pas encore vraiment décollé, à l’exception de la Peugeot E-208 vendue au Brésil.
Autre détail intéressant : avant sa carrière européenne démarrée en mars 2021, cette voiture avait déjà existé en Chine sous le nom de Renault City K-ZE dès le printemps 2019. Dans tous les cas, la production est assurée en Chine, dans l’usine de Shiyan.
En France, Renault a bien proposé un utilitaire d’entrée de gamme appelé Renault Express Van pendant une période annoncée comme allant d’avril 2021 à juillet 2024. Ce modèle, positionné sous le Kangoo Van, correspondait en réalité à un Dacia Dokker retouché à l’avant.
Le Dacia Dokker — pensé comme la déclinaison utilitaire et ludospace du Lodgy — a été commercialisé en Europe de 2012 à 2020, sans rencontrer un grand succès. Mais ailleurs, il poursuit sa carrière pour rentabiliser les investissements.
En Argentine, ce Dokker rebadgé est vendu sous le nom de Renault Kangoo, en conservant l’habillage Stepway qui lui donne un look plus « baroudeur ». Côté mécanique, il est proposé avec un 1.6 SCe de 100 ch ou un TCe 110 ch associé à une boîte automatique.
La troisième génération du Duster se décline déjà en deux versions Renault distinctes selon les marchés. En Turquie, où le modèle est fabriqué dans l’usine de Bursa, le Renault Duster se différencie du Duster Dacia surtout par des détails d’identité : une calandre où le lettrage « Renault » remplace celui de Dacia, un losange et un enjoliveur en plastique noir sur le hayon, ainsi que des logos Renault sur les jantes et le volant.
Particularité : malgré ce nouveau badge, les projecteurs conservent la signature lumineuse en « Y » associée à Dacia. Ce Duster « turc » est aussi proposé en Amérique latine.
En Inde, le Renault Duster est produit sur le site industriel de Chennai (ouvert en 2008) et se distingue plus nettement. Là-bas, le modèle met surtout en avant le nom « Duster » : l’inscription est très visible sur une calandre qui peut se passer de losange, car le nom du véhicule est présenté comme plus connu que la marque.
Le style évolue aussi avec des projecteurs au graphisme spécifique. À l’arrière, on retrouve un bandeau lumineux et un habillage de hayon inédit, plus valorisant, ainsi que des boucliers spécifiques.
Et ce n’est pas tout : ce Duster indien reçoit aussi des portes avant moulées d’une seule pièce (sans ajout d’enjoliveur plastique noir), ainsi que des custodes spécifiques (vitres et montants) pour permettre, sur les versions les plus hautes, un toit noir et même un toit ouvrant panoramique en verre. Le résultat est présenté comme particulièrement chic, au niveau d’un Bigster.
En revanche, ce Bigster n’est pas destiné au marché indien ni à certains autres territoires, Renault misant plutôt dans cette zone sur un autre SUV de sa gamme.
En Europe, la Sandero et la Logan sont passées à une troisième génération apparue en concessions en 2021, ce qui a logiquement écarté la génération précédente lancée en 2012. Mais ailleurs, la Logan 2 et la Sandero 2 n’ont pas disparu : elles restent commercialisées en Amérique du Sud, et même en Algérie où la Logan est rebaptisée Renault Symbol.
En Amérique latine, la Renault Sandero occupe une place importante dans la gamme, notamment parce qu’il n’y a pas de Clio. Elle bénéficie même d’éléments plus valorisants que ceux vus en Europe, comme des feux arrière en deux parties. Enfin, la Sandero Stepway est vendue séparément sous le nom de Renault Stepway.
Pour une question de calendrier, plusieurs modèles ne sont pas encore déclinés en Renault sur certains marchés émergents : Sandero et Sandero Stepway de troisième génération, Jogger et Bigster. Dans ces pays, les cycles de vie sont souvent plus longs : ce sont encore les Logan et Sandero de seconde génération qui tiennent l’affiche.
Le Jogger, de son côté, s’appuie sur une formule de break familial 7 places considérée comme moins pertinente selon les marchés visés. Et en Inde, la réglementation impose de pouvoir transporter 7 personnes dans un véhicule de moins de 4 mètres de long, ce qui se traduit par un modèle Renault spécifique : le Renault Triber. Ce dernier a été développé en parallèle et par les mêmes équipes que le Jogger.
Au final, changer un badge, une calandre ou un nom peut suffire à donner une seconde vie (ou une autre vie) à un modèle selon les besoins locaux : prix, habitudes, concurrence, image de marque… Et avec l’électrification et des marchés qui évoluent à des rythmes très différents, ces jeux de miroirs entre Dacia et Renault pourraient bien continuer à se multiplier.
Elle s’appelle Renault Kwid E-Tech au Brésil et en Colombie.
Elle est facturée 72 990 000 pesos, soit l’équivalent de 16 785 €.
Il est proposé avec un moteur 1.6 SCe de 100 ch ou un TCe 110 ch associé à une boîte automatique.

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