
Des attaques informatiques ciblées permettraient de créer des milliers de cartes grises en seulement quelques heures. Cette fraude toucherait, depuis plusieurs mois, des professionnels de l’automobile habilités à immatriculer des véhicules et agréés par l’État pour percevoir les taxes.
Au cœur du problème : le système d’immatriculation des véhicules (SIV), utilisé depuis plus de 15 ans, et régulièrement critiqué. Malgré des initiatives destinées à lutter contre certaines fraudes, une nouvelle faille est aujourd’hui mise en avant : des piratages qui viseraient directement les acteurs qui utilisent le SIV au quotidien.
D’après la Fédération nationale de l’automobile (FNA), des professionnels seraient victimes d’attaques informatiques ciblées. Le scénario décrit est particulièrement inquiétant : des pirates parviendraient à éditer à leur nom des milliers de cartes grises en quelques heures.
Pour les garages concernés, les effets ne se limitent pas à un souci technique. Les certificats d’immatriculation falsifiés peuvent déclencher des conséquences financières lourdes : ces entreprises se verraient réclamer par l’État le règlement des taxes liées à ces cartes grises illégales.
Et les montants peuvent vite devenir intenables. Le texte indique notamment que le malus écologique peut désormais grimper jusqu’à 80 000 €, et que, selon la FNA, les montants demandés atteignent parfois plusieurs centaines de milliers d’euros. De quoi fragiliser sérieusement des entreprises déjà vulnérables économiquement.
Autre impact possible : certaines sociétés peuvent aussi se voir infliger une suspension de leur habilitation et de leur agrément, ce qui bloque concrètement leur capacité à traiter des démarches d’immatriculation.
Au-delà des garages, cette fraude ferait peser des risques sur l’ensemble de l’écosystème automobile. Les dangers mentionnés sont très concrets :
En clair, un consommateur pourrait acheter un véhicule d’occasion et découvrir ensuite que la carte grise associée n’a aucune valeur légale.
Pour la FNA, ces attaques informatiques seraient avant tout liées à un SIV trop vulnérable. Elle pointe notamment :
L’organisation indique avoir demandé à l’État de réagir en urgence, en saisissant les Cabinets du Premier ministre et d’autres ministères concernés.
La FNA demande la mise en place de quatre actions :
Si aucune réponse jugée satisfaisante n’est apportée, la FNA alerte sur un risque majeur : le retrait de nombreux professionnels du dispositif d’habilitation. Résultat possible : faire sa carte grise pourrait devenir plus difficile.
Le texte rappelle aussi qu’il est possible d’effectuer la démarche soi-même sur le site France Titre (anciennement ANTS), même si cet outil numérique n’a jamais totalement donné satisfaction.
Ces cyberattaques montrent à quel point un maillon technique peut provoquer un effet domino : galère administrative, risques financiers, et même perte de confiance sur le marché de l’occasion. Si les mesures demandées aboutissent, l’enjeu est simple : retrouver un système d’immatriculation fiable, capable de suivre le rythme des menaces actuelles. La suite dépendra de la capacité à sécuriser durablement le SIV — et à protéger ceux qui le font tourner au quotidien.
Ces attaques permettraient d’éditer à leur nom des milliers de cartes grises en quelques heures.
Les montants demandés atteignent parfois plusieurs centaines de milliers d’euros.
La FNA demande notamment une authentification renforcée, la détection des anomalies, des alertes automatiques, la suspension des prélèvements fiscaux indus, la protection des professionnels victimes et un audit des immatriculations suspectes.

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