
La voiture électrique a longtemps cumulé les “petits bonus” qui rendaient l’achat plus digeste. Mais à mesure qu’elle devient plus courante, ces avantages fondent. Désormais, en France, la carte grise gratuite pour les modèles “zéro émission” n’est plus la règle.
Jusqu’ici, une région résistait encore : les Hauts-de-France. Ce n’est plus le cas. La fiscalité s’y durcit à son tour, même si l’électrique continue d’y garder une longueur d’avance sur le thermique.
En France, les voitures électriques ne sont plus exonérées de la taxe régionale sur la carte grise. Les Hauts-de-France étaient la seule région à continuer à offrir la gratuité aux automobilistes passés à l’électrique, mais cette exception a pris fin.
Concrètement, l’électrique ne paie plus “zéro”. En revanche, elle ne se retrouve pas alignée à 100% sur les autres motorisations : le traitement reste plus favorable sur plusieurs points.
Dans les Hauts-de-France, la réduction de la taxe régionale sur la carte grise pour les voitures électriques est passée de 100% à 50%. Résultat : le coût reste inférieur à celui d’un véhicule thermique, avec une taxe régionale réduite de moitié.
Autre détail qui compte : le tarif du cheval fiscal (la base de calcul de la taxe régionale) est passé de 42 à 43 € dans la région. Cela reste néanmoins plus bas que dans la majorité des autres régions, où les hausses ont été fréquentes ces derniers mois. L’Île-de-France va même au-delà du plafond de 60 € normalement fixé par l’État, en raison d’une majoration de 14 € imposée par le Gouvernement.
Dans ce contexte, les Hauts-de-France continuent donc de se distinguer, notamment parce que la région accueille aujourd’hui toutes les usines de batteries pour l’automobile baptisées en France, ainsi que la production de la plupart des Renault électriques.
Au-delà de la réduction régionale, l’électrique profite aussi d’un mode de calcul de la puissance fiscale souvent plus avantageux.
Exemple cité : un Peugeot e-3008 grande autonomie affiche une puissance réelle de 230 ch, mais n’est compté qu’à 7 chevaux fiscaux (7 CV). À titre de comparaison, une version à hybridation légère est annoncée à 145 ch (voire 136 ch avant un changement d’appellation) tout en se retrouvant au même niveau de puissance fiscale.
Conséquence directe sur la facture : en tenant compte de la réduction de moitié dans les Hauts-de-France, le montant de la taxe régionale se limiterait à 150,50 € pour le SUV “zéro émission”, contre 301 € pour son équivalent électrifié. En Île-de-France, il faudrait compter a minima 482,65 € pour la même démarche, quelle que soit la version.
Et puisqu’il n’y a pas de moteur thermique, cela permet aussi d’échapper aux malus sur le CO2 et à la taxe sur la masse en ordre de marche.
Même avec une carte grise moins avantageuse qu’avant, l’électrique n’a pas perdu tous ses atouts, surtout dans les Hauts-de-France. D’autant plus que la fiscalité des voitures de société tend à pénaliser les autres choix.
Les arguments classiques restent solides : des coûts d’entretien et d’utilisation très réduits, et un intérêt renforcé quand le carburant flambe. La hausse récente des prix à la pompe, liée à la guerre au Proche-Orient, contribue d’ailleurs à pousser certains acheteurs vers l’électrique — au point de relancer une question de fond : faut-il prolonger indéfiniment des incitations financières massives ?
La carte grise gratuite appartient au passé, y compris dans la région qui faisait encore de la résistance. Mais entre réduction partielle, calcul des chevaux fiscaux souvent favorable et exemption de certaines taxes, l’électrique conserve des avantages bien réels. La suite dépendra surtout de l’équilibre entre fiscalité, prix de l’énergie et politiques publiques — un trio qui peut redessiner très vite la route vers la “zéro émission”.
La réduction de la taxe régionale sur la carte grise pour les voitures électriques dans les Hauts-de-France est passée de 100 % à 50 %.
Le tarif du cheval fiscal dans les Hauts-de-France est passé de 42 à 43 €.
Un Peugeot e-3008 grande autonomie de 230 ch se contente de 7 chevaux fiscaux (7 CV).

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