
Travailler en usine automobile n’a rien d’un job tranquille. Mais à Mulhouse, la canicule ferait passer le quotidien en mode “trop, c’est trop”. La CGT affirme que la chaleur rend les conditions de travail difficiles au point de poser un vrai sujet de santé pour les salariés. Résultat : un préavis de grève est sur la table, avec un appel à débrayer plus tôt chaque jour.
L’usine Stellantis de Mulhouse, dans l’est de la France, a récemment bénéficié d’une annonce : Emmanuel Macron a évoqué un important plan d’investissement sur le site, avec l’objectif d’y produire trois modèles parmi cinq nouvelles Peugeot attendues entre 2026 et 2030. Sauf que sur le moment, pour les équipes, le sujet brûlant est bien plus immédiat : la canicule.
Des salariés, selon la CGT, jugent que l’entreprise n’en fait pas assez pour rendre le travail supportable pendant cet épisode de fortes chaleurs. Le syndicat a donc déposé un préavis de grève.
Dans un communiqué, la CGT appelle les employés à débrayer « tous les jours de la semaine à partir de 11 h 30 pour l’équipe du matin, et 18 h 20 pour l’équipe d’après-midi », et ce jusqu’au dimanche 28 juin inclus. Le syndicat estime que « le plan chaleur de la direction n’est pas à la hauteur et qu’il ne protège en rien les travailleurs ».
La CGT évoque aussi le décès d’un jeune travailleur de 19 ans, fin mai, qui serait lié à un « coup de chaud » alors qu’il travaillait sur une toiture. Le syndicat dénonce des toits en tôle datant des années 60 ou 70, décrits comme de « véritables passoires thermiques » sous lesquelles « on suffoque ».
D’après un responsable syndical, « les températures dans certains ateliers frôlent les 38-40°C ». La CGT réclame donc plusieurs mesures : trois pauses chaleur par jour, la distribution de bouteilles d’eau fraîche toute la journée, l’arrêt des heures supplémentaires obligatoires, et un abaissement de la vitesse de la ligne de production.
Le syndicat pose un message clair : « les clients peuvent attendre, notre santé doit passer avant tout le reste ».
Mulhouse fabrique actuellement deux modèles : les Peugeot 308 et 408. Une baisse de cadence ou des débrayages pourraient donc, en théorie, jouer sur les délais de livraison de ces voitures.
Le site ne produit plus le SUV DS 7 : son remplaçant, le DS N°7, provient désormais de Melfi, en Italie.
La CGT est connue pour son ton revendicatif, mais sur ce dossier, les autres syndicats de l’usine de Mulhouse ne l’ont pas rejointe. Conséquence : l’impact de l’appel à la grève est présenté comme limité.
D’après la direction de Stellantis, citée par France Info, un seul salarié aurait débrayé mardi matin sur les 1 700 personnes qui travaillent à cette période.
De son côté, la CGT de Poissy est mobilisée sur un autre sujet : elle craint la fermeture de l’usine après l’annonce de l’arrêt de la production de voitures d’ici à 2028, une fois que les Opel Mokka et DS 3 actuelles arriveront en fin de carrière.
À Mulhouse, l’épisode de canicule met en lumière une tension simple : produire vite, mais sans griller la santé de ceux qui font tourner l’usine. Pour l’instant, la mobilisation semble faible, mais le sujet, lui, ne disparaîtra pas avec une seule vague de chaleur. Le défi des prochaines années : concilier industrie et conditions de travail, même quand le thermomètre s’emballe.
La CGT estime que « le plan chaleur de la direction n’est pas à la hauteur » et affirme que des températures « frôlent les 38-40°C » dans certains ateliers.
La CGT demande notamment « 3 pauses chaleur tous les jours », la distribution de bouteilles d’eau fraîche toute la journée, l’arrêt des heures supplémentaires obligatoires et un ralentissement de la ligne de production.
Les Peugeot 308 et 408 sont les seuls modèles fabriqués sur place.

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