
On pensait BYD en train de lever le pied après huit mois de ventes mondiales en recul. Et pourtant, le groupe chinois vient de montrer l’inverse : il signe un record historique à l’international, accélère en Europe et réalise une percée très visible en France. Fait marquant : la progression ne vient plus seulement de l’électrique, mais de plus en plus des hybrides rechargeables.
Pendant plusieurs mois, BYD a donné l’impression de ralentir. Sur son marché domestique, la croissance s’est tassée, notamment sous l’effet d’une guerre des prix devenue féroce entre marques chinoises. Résultat : sur huit mois, les ventes mondiales ont affiché des signes d’essoufflement.
Mais un net changement de rythme apparaît avec mai 2026. Le constructeur annonce 383 453 véhicules écoulés dans le monde sur le mois, avec un record historique hors de Chine. Plus de 160 000 véhicules ont été livrés à l’international en un seul mois, soit +80 % par rapport à mai 2025, et +19 % par rapport au précédent record établi en avril.
En regardant de plus près, la progression est particulièrement marquante en Europe. Et surtout, BYD ne grandit plus uniquement grâce à ses modèles 100 % électriques : ses hybrides rechargeables jouent désormais un rôle central dans l’expansion. Dans ce contexte, la France est en train de devenir un terrain de conquête très prometteur.
Attention toutefois à la lecture des pourcentages : BYD part encore de volumes plus modestes que des géants installés comme Toyota ou Volkswagen. Mais la trajectoire est là. Sur les cinq premiers mois de l’année, le constructeur totalise déjà 616 263 véhicules écoulés à l’international, ce qui confirme sa capacité à s’implanter durablement hors de son marché d’origine.
Le marché français illustre bien cette montée en puissance. Depuis janvier 2026, BYD a enregistré 8 780 immatriculations en France, soit une progression de 81 % par rapport à la même période de 2025. Sur le mois de mai, la marque atteint 2 % de part de marché, un niveau inédit pour le constructeur sur l’Hexagone.
Dans l’absolu, les volumes restent encore modestes face aux leaders historiques. Mais sur le mois, le résultat est annoncé comme supérieur à celui de plusieurs marques bien connues, dont Opel, Hyundai, Fiat, Mini, Nissan, Kia et Ford.
Et sur l’ensemble du début d’année, BYD est la deuxième marque chinoise derrière MG, tout en passant devant Cupra, Suzuki et Mazda, pourtant installés de longue date. Ce qui interpelle surtout, c’est la vitesse à laquelle cette part de marché a été atteinte : peu de constructeurs y parviennent aussi rapidement après leur arrivée.
Le point de bascule, c’est clairement la dynamique sur les hybrides rechargeables. En mai, BYD se hisse à la première place du marché français des hybrides rechargeables avec 1 745 immatriculations et plus de 22 % de part de marché sur ce segment.
Cette performance lui permet de devancer des modèles bien établis en Europe comme le Volkswagen Tiguan, l’Audi A3 ou le Peugeot 3008. À noter aussi le bond en un an : à la même période en 2025, BYD n’était qu’à la neuvième place du marché français des hybrides rechargeables. Désormais, la marque pointe au deuxième rang sur l’ensemble de l’année.
Nuance importante : ce segment est indiqué comme étant en baisse de -5,63 % en mai, et de -4,38 % depuis le début de l’année, avec dans les deux cas une part de marché inférieure à 6 %.
La percée française s’appuie largement sur trois véhicules. Le BYD Atto 2 DM-i s’installe en tête des ventes d’hybrides rechargeables en France en mai, et se classe quatrième depuis le début de l’année. Le modèle est affiché à partir de 26 990 € et revendique jusqu’à 90 km d’autonomie électrique.
Autre succès : le Sealion 5 DM-i prend la deuxième place sur le mois. De son côté, le Seal U DM-i cumule 1 297 immatriculations depuis le début de l’année. Dans les deux cas, l’argument prix-équipement est mis en avant : l’offre débute à 30 990 € pour le Sealion 5 DM-i et à 39 500 € pour le Seal U DM-i.
BYD prépare aussi une offensive potentiellement très déstabilisante sur l’entrée de gamme. Annoncée pour juin, la Dolphin G DM-i doit appliquer la recette DM-i au format d’une citadine polyvalente, avec 4,160 m de long pour 1,825 m de large, sur le territoire des Renault Clio et Peugeot 208.
Sa particularité : elle serait hybride rechargeable, là où le segment B se limite aujourd’hui à de petites hybrides non rechargeables ou à des électriques encore relativement chères. La motorisation devrait être reprise de l’Atto 2, avec une batterie de 18 kWh permettant 90 km d’autonomie électrique. Le prix est évoqué autour de 24 000 €, ce qui la positionnerait comme très difficile à concurrencer.
Après une période de ralentissement, BYD montre une capacité de rebond spectaculaire, avec un record à l’international et une percée rapide en France. En misant fortement sur l’hybride rechargeable — et sur une stratégie tarifaire agressive — la marque semble déterminée à s’installer durablement. Si la dynamique se confirme, la suite pourrait bien redessiner la hiérarchie sur un marché français en pleine transition.
Plus de 160 000 véhicules ont été livrés hors de Chine en un seul mois.
BYD a atteint 2 % de part de marché en France en mai.
Le BYD Atto 2 DM-i est affiché à partir de 26 990 € et revendique jusqu’à 90 km d’autonomie électrique.

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile
