Bentley ressort son ADN sportif avec la nouvelle Continental GT Supersports, un grand coupé radical qui tourne sciemment le dos à l’hybridation pour remettre l’essentiel au centre du jeu: propulsion, V8 biturbo et cure d’allègement. Limitée à 500 exemplaires, cette série annonce l’ère post-W12 à Crewe et signe aussi le premier projet mené de bout en bout par le nouveau patron Frank‑Steffen Walliser. Un manifeste mécanique assumé avant le virage électrique.
Seize ans après la première Supersports, la marque réveille ses démons. Voici la Continental GT Supersports la plus extrême du catalogue et, pour la première fois, une Continental qui n’entraîne que les roues arrière. Comme si cela ne suffisait pas, Crewe enfonce le clou à l’heure de l’hybride généralisé: cette édition numérotée, strictement limitée à 500 unités, fait l’impasse totale sur batteries et moteurs électriques. Du thermique pur jus, pensé pour le frisson plutôt que pour la fiche technique.
Pas d’atmo ici: le V8 4.0 biturbo reçoit des turbos inédits qui soufflent plus fort, une lubrification retravaillée et un échappement en titane siglé Akrapovič. À la clé, 666 ch et 800 Nm envoyés uniquement aux roues arrière via une boîte ZF à 8 rapports reprogrammée. Au‑delà du clin d’œil démoniaque, la fiche rappelle celle d’un certain Lamborghini Urus Performante, dont le couple culminait à 850 Nm et la motricité aux quatre roues. Surtout, c’est paradoxalement la moins puissante des “Conti GT”: la version de base affiche 680 ch et la Speed grimpe à 782 ch. Mais côté chrono, rien à lâcher: 0‑100 km/h en 3,7 s et 308 km/h en pointe, de quoi allier sensations et efficacité tout en gardant cette philosophie de propulsion assumée qui promet un vrai dialogue entre le train arrière et le conducteur. Et le tout s’accompagne d’un tempérament plus joueur que jamais.

Pour arriver à ce résultat, le gros coupé passe sous la barre des deux tonnes. Oui, c’est rare chez Bentley: cure d’amincissement massive, avec près de 500 kg gagnés face à une Continental GT hybride (2 459 kg). Pour y parvenir, l’arsenal est costaud: toit en carbone, isolation allégée, suppression des sièges arrière, freinage carbone‑céramique, et jantes forgées de 22 pouces co‑développées avec Manthey Racing. Et bien sûr, plus aucune hybridation: exit le moteur électrique, la lourde batterie et la transmission intégrale, la puissance file uniquement vers l’arrière. Direction, suspension pneumatique et différentiel piloté ont été recalibrés pour offrir une auto vraiment joueuse, capable de glisser avec élégance ou d’encaisser jusqu’à 1,3 g en appui. Côté appuis, sans basculer dans la radicalité d’une Porsche 911 GT3 RS, l’aéro ajoute 300 kg par rapport à la Continental GT Speed grâce à des ailettes en carbone à l’avant et à un diffuseur arrière complété par un aileron fixe.
Mais derrière la démesure, la Supersports dit beaucoup du futur de Bentley. Arrivé de Porsche en 2024, Frank‑Steffen Walliser veut garder un lien charnel avec la mécanique avant le grand virage électrique annoncé pour 2030. Mise au point dans le plus grand secret, cette Supersports se place aux antipodes du récent concept EXP 15: plus qu’un modèle, c’est un baroud d’honneur et un manifeste pour le plaisir pur de conduire. La maison de Crewe prouve qu’elle sait encore concevoir un grand coupé taillé pour les sensations, sans renier le confort ni les performances brutes. Les commandes ouvriront en mars 2026, pour des livraisons prévues début 2027.

Et puisque Crewe célèbre le thermique sans filtre, le rêve automobile affleure: pensez Lamborghini Miura. Pour l’approcher sans tout engager, LOA ou leasing avec Joinsteer — garanties claires, achat à distance.

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